Changement de vie
Chapitre 1: Une rencontre douloureuse
Rien ne laissait présager cette rencontre brutale et pourtant, il doit s'en produire plusieurs dizaines par jour. C’est un matin, le temps est gris, une rue piétonne bondée près d'une gare, des centaines de personnes viennent de descendre d'un train. Cette foule se presse en direction de leur travail. Une affluence presque compacte bouge dans le même sens et c’est la même chose au retour, le soir, en sens inverse. C'est un matin d’automne, le temps est gris, une femme pressée tente de remonter à contre-courant cette foule plus compacte encore qu'à son habitude. Elle y va aussi, travailler, mais dans le sens inverse de cette foule stressée, de l'autre côté de la gare. En face, ils peinent à s’écarter pour lui laisser un petit passage, elle se sait presque en retard. Elle fonce aussi vite que la foule le lui permet en se frayant un passage, parfois à coup de coude. Elle voit enfin le passage sous voie, elle n’a plus qu’à traverser cette gare pour se rendre à… AÏE !!! Son bras, son bras droit lui fait mal, elle est au sol, étourdie, hébétée, ne comprenant pas ce qui vient de lui arriver. En face, un homme, lui aussi à terre, se tient un bras hurlant de douleur. Personne ne s’arrête personne ne veut être en retard, aucune aide n’est à attendre de cette foule.
Elle, elle ne panique pas, sort son portable, appelle les secours en parvenant à se relever péniblement pour s’approcher de cet homme qui semble souffrir le martyre. Elle sait sa voiture à deux minutes derrière elle. Pour autant qu'on lui laisse un passage, elle sait qu'elle peut parvenir près de ce blessé avec sa petite voiture. Elle fonce, revient sur ses pas à la vitesse de l'éclair. Malgré la douleur, dans ce parking sous-terrain, elle s’installe au volant. La fenêtre ouverte, elle écoute, toujours aucun signe des secoures en vue. Elle klaxonne, donne de grand coup de gaz. Enfin, elle est proche du blessé. Avec difficulté, elle le hisse péniblement sur sa banquette arrière, il est sans connaissance. Toujours rien encore, ni ambulance, ni police. Elle recule jusqu’à une petite place, fait demi-tour, prend la direction du CHU. Derrière, chahuté, l’homme perd définitivement connaissance. Elle lui parle, lui hurle dessus, rien n’y fait. Elle appelle l’hôpital, prévenant de son arrivée imminente aux urgences avec son blessé. Comparable à une professionnelle, elle décrit les blessures de son passager. Elle remarque un ******ment à son bras droit. Pas le temps de s'arrêté pour un pansement. Devant les urgences, blême, elle sort en titubant, manquant de perdre connaissance. Elle ****** abondamment de son bras. Trois infirmiers sont présents. On sort l’inconnu, on le pose sur une civière, on l'emmène déjà. Un infirmier regarde le bras de la conductrice. Elle est embarquée à la suite de son blessé. Elle s’inquiète pour sa voiture. Un infirmier att**** un employé de la conciergerie, lui demande de déplacer la voiture en lui indiquant que les clefs sont au volant. Elle manque de perdre connaissance une nouvelle fois.
Aux urgences, on s’occupe de l’homme en premier. Agar, la femme regarde ce qui se passe autour d'elle, pour son blessé. Elle s’effondre à son tour. Soignée, on interroge la femme sur le pourquoi du comment de l’accident. Elle cherche à se souvenir, rien, rien de précis ne lui revient, tout est si flou. Enfin, encore un peu abrutie par le choc, elle répond ne rien se rappeler. Même ce choc pourtant si violent avec cet homme ne lui revient pas en mémoire. Tout s'est passé si vite. On lui apprend que l’homme est conscient et qu'il va bien, qu'il n'a rien de grave. Elle soupir de satisfaction. Elle veut le voir, elle insiste, elle se précipite auprès de lui tant bien que mal, son bras, encore douloureux, en écharpe. Étourdie par le calmant, elle y parvient.
- Comment vous sentez-vous ?
- Mieux, encore merci ! On m’a dit que vous m’avez amené ici dans votre voiture en étant blessée au bras vous-même. À propos, je m’appelle John Winston troisième du nom. En tout cas, merci pour le transport ! Mais vous êtes blessée !
- Pas de quoi, je suis Béatrice Mayor, désolée de vous être rentré dedans. Pour le bras, rien de grave, deux points de suture.
- Je ne sais si c’est vous ou moi, mais bon, ce qui est fait est fait.
- Vous souffrez ?
- Juste ma jambe, elle cassée, quant au bras, rien de bien méchant, c’est l’histoire de quelques jours.
- Mince alors. Si vous sortez, vous savez où aller ?
- J’avoue que je devais prendre mon train pour me rendre à Londres. Je rentrai chez moi.
- Et merde, weekend gâché par cette stupide collision. Moi j’allais travailler et je suis bloquée ici. Mais ils me laissent sortir d’ici une heure je pense. Tenez, si jamais vous n’avez pas de toit, je peux vous héberger, j’ai une chambre de libre avec un bon petit lit. L’adresse et mon numéro de portable sont sur ma carte.
- Merci. Normalement je peux sortir demain.
- Appelez-moi quand vous sortirez, je viendrai vous prendre.
- Alors seulement si je peux vous inviter à déjeuner.
- Accepter d’avance.
- Il ne va pas être évident de conduire avec votre bras
- Pas grave, j’ai fait pire dans ma vie.
Elle lui sourit en lui posant sa main sur son bras valide, il répond à son sourire. Quand on lui apporte la clef de sa voiture, son manteau et son sac, elle revient dire à John un au revoir en lui souhaitant une bonne nuit. Elle lui rappelle sa proposition. Dans sa voiture, elle découvre du **** sur son siège. Malheureusement, il est déjà sec et donc sera difficile à enlever. De chez elle, elle essaie d’appeler son patron. Une fois en ligne, elle lui explique sa mésaventure. Il tente bien de rire, mais se reprend en apprenant qu’elle ne peut venir travailler la semaine prochaine et pas d'avantage pour la suivante. Elle ajoute qu’elle fera porter son arrêt de travail pour ces deux semaines. Puis, après avoir raccroché, elle décide de faire son ménage au cas où John déciderait d’accepter son invitation. Elle vérifie la petite chambre. Un chiffon à la main, elle fait la poussière de sa main gauche, pas évident. Ce n’est pas évident avec son bras qui la fait souffrir effroyablement et le gauche qui est tellement maladroit. Mais enfin, à force d'opiniâtreté, elle parvient à donner un aspect propre et ranger à son trois-pièces. Maintenant, il lui faut quelque chose pour calmer cette douleur. En toute fin de journée, de sortie, elle fait quelques courses pour son diner et son souper. Elle en profite pour un détour à la pharmacie de quartier. Demain, c’est décidé, elle sortira de bonne heure pour remplir ses armoires et son frigidaire pour le weekend et plus s'il le faut. En sortant, elle croise le jeune du troisième. Voyant son bras en écharpe, il s’empresse de connaitre la raison de cette blessure, l'état de sa santé. En rigolant, elle lui raconte sa mésaventure. Puis, devant la superette, l’*********t se propose de l’aider à faire ses courses. Poussant le caddie de sa main valide, elle profite du fils de ses voisins pour remplir ce chariot en imaginant les menus dont elle a envie de faire gouter à John. Elle compose les repas en fonction de son bras en écharpe, évitant tout ce qui doit être épluché, des oignons ou autres. Le jeune homme semble prendre plaisir à l’aider, pas comme certains de son âge, dans ce quartier, pense-t-elle. Une fois ses courses dans sa cuisine, elle offre un soda à son aide et un billet de dix. Pendant qu’il boit, elle range en le questionnant sur ce que désir faire plus tard ce jeune homme. Il lui apprend avoir obtenu une bourse pour une prestigieuse école de graphisme de la capitale. Elle le félicite pour son choix qu’elle qualifie de prestigieux. Après son soda, l’ado quitte Béatrice en lui serrant légèrement sa main handicapée. Sa cuisine rangée, elle se coule un bon bain chaud. Auparavant, un autre calmant, son bras lui lance, comme si un métronome battait la mesure dans son avant-bras. Elle est comme ça, toujours à tirer sur la corde, repoussant ses limites même en souffrant.
Dans son bain, bercée par une musique douce et mélodieuse, elle s’y délace une bonne partie de ce début de soirée. Puis, devant sa télévision, elle grignote un peu en attendant que le sommeil vienne la prendre. Quand son portable sonne, elle sursaute. En le regardant, elle ne connait pas ce numéro mais prend la communication.
- Good evening Béatrice, c’est John.
- Oh, bonsoir, comment ça va ?
- Pas trop mal, ils m’ont fourni une chaise roulante pour me déplacer. Mais avec un seul bras, ce n’est juste pas possible à guidé.
- J’imagine ! Dit-elle en riant. C’est un peu comme si on avait trop bu !
- Tout à fait. Je voulais juste vous entendre, je m’ennuie tout seul.
- Vous voulez que je vienne ?
- Non, ne vous donnez pas cette peine, cela me gênerait beaucoup avec votre bras. Dommage que nous ne soyons pas à London, on y conduite à gauche, ce serait mieux avec votre bras.
- Ah là, effectivement. Dites-moi, comment cela se fait que vous parliez si bien le français ?
- C’est simple une mère valaisanne donc suissesse, une nounou bretonne donc francophone et le tour est joué.
- Pas mal, j’aime bien. En riant encore.
- Je vois que vous êtes de meilleure humeur qu’auprès de moi.
- C’est que vous semblez aller beaucoup mieux et cela me réjouit le cœur. Dites, vous sortez bien demain ?
- Je pense que oui. Dans un premier temps, ils pensaient m’opérer ma jambe, mais il se trouve qu’il n’en est plus question. J’en serai plus demain matin. De toute manière, je vous appelle sans faute. Je vous dois encore un déjeuner.
- Et moi, un toit avec au-dessous une chambre et une infirmière. Ils m’ont aussi mis en arrêt accident pour deux bonnes semaines, j’en ai profité pour prendre mes heures supplémentaires, ce qui fait que j’ai quatre semaines en tout
- Wonderful ! Je crois que je vais accepter votre belle et généreuse invitation.
- Ce sera une joie pour moi, John.
- Je vous laisse, ils reviennent me torturer avec leurs seringues et autres bidules étranges.
- Oh, les vaches. Si vous m’appelez à l’aide, je leur rentre dedans.
- Et on se retrouverait à la case départ. John éclate de rire, entrainant le fou rire de Béatrice.
- Je vous laisse à votre supplice et j’attends votre appel demain sans faute.
- Sans faute, vous êtes charmante ma chère, terriblement charmante. Merci pour tout.
- Pas de quoi, la croix rouge, ça me connait, nous sommes du pays avec votre mère. À demain
Elle coupe la communication en sentant une vague de chaleur envahir son corps tout entier. La voix de cet homme l’a troublée sans qu’elle n’en comprenne vraiment la raison. Elle se met à serrer son téléphone contre sa poitrine sans toujours comprendre ce qui lui arrive. Enfin rassurée sur l’état de santé de John, elle décide d’aller se coucher, détendue après ce coup de téléphone. Dans son lit, sa main droite dans son écharpe, la gauche vient se poser entre ses cuisses comme poussée par une force inconnue et irrésistible. Alors qu’elle se met à rêver d’une nuit d’amour avec ce presque inconnu, elle se caresse lentement, sans brusquer cet orgasme qui se fait jour en son bas ventre. Elle le sent lentement grandir, grossir. Quand l’extase jaillit tel un feu d’artifice, elle lâche un long et puissant soupir de bonheur, sa tête enfouille dans ses coussins. Puis, tels des bras tendres, le sommeil vient l’envelopper tranquillement, calmant un peu la douleur de son bras.
Quand elle s’éveille, assise sur le bord du lit, elle se met de la pommade sur son coude et son avant-bras droit. Elle en profite pour regarder cette blessure encore très enflée. Puis, c’est sur ses côtes qu’elle s’en étale encore, se surprenant à se masser son sein droit avec douceur. La pommade aidant, elle laisse vagabonder cette main. Elle sent le bénéfice de ses caresses, elle ne désire que le plaisir qu'elle sait déjà en elle et qui s'accroit à chaque caresse. Il ne lui manque que sa main droite pour de douces caresses intimes. Mais cette main gauche n’est pas si gauche que ça, elle jouit longuement, appréciant ce petit orgasme qui lui donne le frisson du bonheur. Ouvrant ses yeux, découvrant l’heure, elle sursaute. Surprise, elle doit s’attendre à recevoir l’appel de John à tout moment. Dans la salle de bain, sa brosse à dent dans sa main valide, elle se montre encore plus maladroite en se brossant les dents. Puis, lavant son visage, c’est encore en riant qu’elle se rend compte qu’elle ne peut se passer de sa main droite. Elle devine que John doit avoir le même souci s’il est gaucher. Enfin, elle évite tout maquillage, juste un peu de rouge à lèvre pour faire ressortir sa bouche. Elle s’applique pour ne pas déborder, elle rit encore même si son bras droit lui lance encore. Un petit coup de parfum, très léger. La voilà pratiquement prête à sortir. Il ne lui manque plus qu’à se vêtir. Pour un peu, elle en oubliait de s’habiller. Dans sa chambre, elle va au plus simple, elle renonce à tout sous-vêtement. Un legging, un pull et la voilà prête au départ en urgence. Devant son miroir, elle regarde son postérieur, il est presque impossible que l'on remarque l'absence de culotte, elle respire.
Maintenant, c’est la longue attente. Un café à la main, elle fixe son portable. Le calmant fait son effet, entrainant Béatrice dans un état de légère somnolence. Quand il sonne, elle sursaute, renversant son café sur son pull, elle jure comme un charretier. Elle s’empresse de répondre. C’est la voix de John qui lui lance un good morning des plus joyeux. Elle sent à nouveau cette vague de chaleur l’envahir.
- Bien dormi mon ange gardien ?
- Pas trop mal John, et vous ?
- Un calmant et j’ai dormi comme un bébé, quoique...
- Comment ça ?
- Disons que je suis comme un bébé qui ne passe pas encore ses nuits.
- Oh, je comprends. Vous pouvez sortir alors ?
- Eh oui, j’attends juste une ordonnance, l’arrêt de travail et le bon de sortie. Cela ne devrait plus tarder.
- J’arrive. On se rejoint à l’entrée principale.
- Ok my dear, j’y serai.
- À tout de suite alors.
- Oh n’oubliez pas notre…
Elle coupe la communication pour enfiler son manteau, ses bottes. Revient en arrière. Dans sa chambre, elle change de pull. Sans le vouloir, sans choisir, elle prend un pull qu'elle devait jeter parce que trop étroit et trop court. Devant son miroir, elle voit sa poitrine moulée dans ce pull serrer ainsi que son nombril dénudé. Elle hausse les épaules, plus le temps de se changer encore. Une fois son sac à son épaule, elle dévale l’escalier. Dans sa voiture, elle pousse le chauffage à fond et roule, plus tranquillement, cette fois. Elle parvient à changer les vitesses sans trop de difficulté en s'aidant de ses jambes pour tenir le volant. Une fois devant l’entrée, elle n'a guère à attendre, elle aperçoit John qui sort. Elle s’arrête près de lui. Devant John, elle se sent empruntée, elle le regarde, découvrant un homme différent que dans son souvenir. Ouvrant grande la portière passagère, elle recule le siège au maximum. Une fois le fauteuil roulant près de la carrosserie, John peut se hisser à l’intérieur avec l’aide de Béatrice. Il remarque la poitrine joliment dessinée dans ce pull.
- Le fauteuil ?
- Je n’en veux pas, je suis incapable de me mouvoir avec cette chose. Vous n’avez pas froid ?
Rien ne laissait présager cette rencontre brutale et pourtant, il doit s'en produire plusieurs dizaines par jour. C’est un matin, le temps est gris, une rue piétonne bondée près d'une gare, des centaines de personnes viennent de descendre d'un train. Cette foule se presse en direction de leur travail. Une affluence presque compacte bouge dans le même sens et c’est la même chose au retour, le soir, en sens inverse. C'est un matin d’automne, le temps est gris, une femme pressée tente de remonter à contre-courant cette foule plus compacte encore qu'à son habitude. Elle y va aussi, travailler, mais dans le sens inverse de cette foule stressée, de l'autre côté de la gare. En face, ils peinent à s’écarter pour lui laisser un petit passage, elle se sait presque en retard. Elle fonce aussi vite que la foule le lui permet en se frayant un passage, parfois à coup de coude. Elle voit enfin le passage sous voie, elle n’a plus qu’à traverser cette gare pour se rendre à… AÏE !!! Son bras, son bras droit lui fait mal, elle est au sol, étourdie, hébétée, ne comprenant pas ce qui vient de lui arriver. En face, un homme, lui aussi à terre, se tient un bras hurlant de douleur. Personne ne s’arrête personne ne veut être en retard, aucune aide n’est à attendre de cette foule.
Elle, elle ne panique pas, sort son portable, appelle les secours en parvenant à se relever péniblement pour s’approcher de cet homme qui semble souffrir le martyre. Elle sait sa voiture à deux minutes derrière elle. Pour autant qu'on lui laisse un passage, elle sait qu'elle peut parvenir près de ce blessé avec sa petite voiture. Elle fonce, revient sur ses pas à la vitesse de l'éclair. Malgré la douleur, dans ce parking sous-terrain, elle s’installe au volant. La fenêtre ouverte, elle écoute, toujours aucun signe des secoures en vue. Elle klaxonne, donne de grand coup de gaz. Enfin, elle est proche du blessé. Avec difficulté, elle le hisse péniblement sur sa banquette arrière, il est sans connaissance. Toujours rien encore, ni ambulance, ni police. Elle recule jusqu’à une petite place, fait demi-tour, prend la direction du CHU. Derrière, chahuté, l’homme perd définitivement connaissance. Elle lui parle, lui hurle dessus, rien n’y fait. Elle appelle l’hôpital, prévenant de son arrivée imminente aux urgences avec son blessé. Comparable à une professionnelle, elle décrit les blessures de son passager. Elle remarque un ******ment à son bras droit. Pas le temps de s'arrêté pour un pansement. Devant les urgences, blême, elle sort en titubant, manquant de perdre connaissance. Elle ****** abondamment de son bras. Trois infirmiers sont présents. On sort l’inconnu, on le pose sur une civière, on l'emmène déjà. Un infirmier regarde le bras de la conductrice. Elle est embarquée à la suite de son blessé. Elle s’inquiète pour sa voiture. Un infirmier att**** un employé de la conciergerie, lui demande de déplacer la voiture en lui indiquant que les clefs sont au volant. Elle manque de perdre connaissance une nouvelle fois.
Aux urgences, on s’occupe de l’homme en premier. Agar, la femme regarde ce qui se passe autour d'elle, pour son blessé. Elle s’effondre à son tour. Soignée, on interroge la femme sur le pourquoi du comment de l’accident. Elle cherche à se souvenir, rien, rien de précis ne lui revient, tout est si flou. Enfin, encore un peu abrutie par le choc, elle répond ne rien se rappeler. Même ce choc pourtant si violent avec cet homme ne lui revient pas en mémoire. Tout s'est passé si vite. On lui apprend que l’homme est conscient et qu'il va bien, qu'il n'a rien de grave. Elle soupir de satisfaction. Elle veut le voir, elle insiste, elle se précipite auprès de lui tant bien que mal, son bras, encore douloureux, en écharpe. Étourdie par le calmant, elle y parvient.
- Comment vous sentez-vous ?
- Mieux, encore merci ! On m’a dit que vous m’avez amené ici dans votre voiture en étant blessée au bras vous-même. À propos, je m’appelle John Winston troisième du nom. En tout cas, merci pour le transport ! Mais vous êtes blessée !
- Pas de quoi, je suis Béatrice Mayor, désolée de vous être rentré dedans. Pour le bras, rien de grave, deux points de suture.
- Je ne sais si c’est vous ou moi, mais bon, ce qui est fait est fait.
- Vous souffrez ?
- Juste ma jambe, elle cassée, quant au bras, rien de bien méchant, c’est l’histoire de quelques jours.
- Mince alors. Si vous sortez, vous savez où aller ?
- J’avoue que je devais prendre mon train pour me rendre à Londres. Je rentrai chez moi.
- Et merde, weekend gâché par cette stupide collision. Moi j’allais travailler et je suis bloquée ici. Mais ils me laissent sortir d’ici une heure je pense. Tenez, si jamais vous n’avez pas de toit, je peux vous héberger, j’ai une chambre de libre avec un bon petit lit. L’adresse et mon numéro de portable sont sur ma carte.
- Merci. Normalement je peux sortir demain.
- Appelez-moi quand vous sortirez, je viendrai vous prendre.
- Alors seulement si je peux vous inviter à déjeuner.
- Accepter d’avance.
- Il ne va pas être évident de conduire avec votre bras
- Pas grave, j’ai fait pire dans ma vie.
Elle lui sourit en lui posant sa main sur son bras valide, il répond à son sourire. Quand on lui apporte la clef de sa voiture, son manteau et son sac, elle revient dire à John un au revoir en lui souhaitant une bonne nuit. Elle lui rappelle sa proposition. Dans sa voiture, elle découvre du **** sur son siège. Malheureusement, il est déjà sec et donc sera difficile à enlever. De chez elle, elle essaie d’appeler son patron. Une fois en ligne, elle lui explique sa mésaventure. Il tente bien de rire, mais se reprend en apprenant qu’elle ne peut venir travailler la semaine prochaine et pas d'avantage pour la suivante. Elle ajoute qu’elle fera porter son arrêt de travail pour ces deux semaines. Puis, après avoir raccroché, elle décide de faire son ménage au cas où John déciderait d’accepter son invitation. Elle vérifie la petite chambre. Un chiffon à la main, elle fait la poussière de sa main gauche, pas évident. Ce n’est pas évident avec son bras qui la fait souffrir effroyablement et le gauche qui est tellement maladroit. Mais enfin, à force d'opiniâtreté, elle parvient à donner un aspect propre et ranger à son trois-pièces. Maintenant, il lui faut quelque chose pour calmer cette douleur. En toute fin de journée, de sortie, elle fait quelques courses pour son diner et son souper. Elle en profite pour un détour à la pharmacie de quartier. Demain, c’est décidé, elle sortira de bonne heure pour remplir ses armoires et son frigidaire pour le weekend et plus s'il le faut. En sortant, elle croise le jeune du troisième. Voyant son bras en écharpe, il s’empresse de connaitre la raison de cette blessure, l'état de sa santé. En rigolant, elle lui raconte sa mésaventure. Puis, devant la superette, l’*********t se propose de l’aider à faire ses courses. Poussant le caddie de sa main valide, elle profite du fils de ses voisins pour remplir ce chariot en imaginant les menus dont elle a envie de faire gouter à John. Elle compose les repas en fonction de son bras en écharpe, évitant tout ce qui doit être épluché, des oignons ou autres. Le jeune homme semble prendre plaisir à l’aider, pas comme certains de son âge, dans ce quartier, pense-t-elle. Une fois ses courses dans sa cuisine, elle offre un soda à son aide et un billet de dix. Pendant qu’il boit, elle range en le questionnant sur ce que désir faire plus tard ce jeune homme. Il lui apprend avoir obtenu une bourse pour une prestigieuse école de graphisme de la capitale. Elle le félicite pour son choix qu’elle qualifie de prestigieux. Après son soda, l’ado quitte Béatrice en lui serrant légèrement sa main handicapée. Sa cuisine rangée, elle se coule un bon bain chaud. Auparavant, un autre calmant, son bras lui lance, comme si un métronome battait la mesure dans son avant-bras. Elle est comme ça, toujours à tirer sur la corde, repoussant ses limites même en souffrant.
Dans son bain, bercée par une musique douce et mélodieuse, elle s’y délace une bonne partie de ce début de soirée. Puis, devant sa télévision, elle grignote un peu en attendant que le sommeil vienne la prendre. Quand son portable sonne, elle sursaute. En le regardant, elle ne connait pas ce numéro mais prend la communication.
- Good evening Béatrice, c’est John.
- Oh, bonsoir, comment ça va ?
- Pas trop mal, ils m’ont fourni une chaise roulante pour me déplacer. Mais avec un seul bras, ce n’est juste pas possible à guidé.
- J’imagine ! Dit-elle en riant. C’est un peu comme si on avait trop bu !
- Tout à fait. Je voulais juste vous entendre, je m’ennuie tout seul.
- Vous voulez que je vienne ?
- Non, ne vous donnez pas cette peine, cela me gênerait beaucoup avec votre bras. Dommage que nous ne soyons pas à London, on y conduite à gauche, ce serait mieux avec votre bras.
- Ah là, effectivement. Dites-moi, comment cela se fait que vous parliez si bien le français ?
- C’est simple une mère valaisanne donc suissesse, une nounou bretonne donc francophone et le tour est joué.
- Pas mal, j’aime bien. En riant encore.
- Je vois que vous êtes de meilleure humeur qu’auprès de moi.
- C’est que vous semblez aller beaucoup mieux et cela me réjouit le cœur. Dites, vous sortez bien demain ?
- Je pense que oui. Dans un premier temps, ils pensaient m’opérer ma jambe, mais il se trouve qu’il n’en est plus question. J’en serai plus demain matin. De toute manière, je vous appelle sans faute. Je vous dois encore un déjeuner.
- Et moi, un toit avec au-dessous une chambre et une infirmière. Ils m’ont aussi mis en arrêt accident pour deux bonnes semaines, j’en ai profité pour prendre mes heures supplémentaires, ce qui fait que j’ai quatre semaines en tout
- Wonderful ! Je crois que je vais accepter votre belle et généreuse invitation.
- Ce sera une joie pour moi, John.
- Je vous laisse, ils reviennent me torturer avec leurs seringues et autres bidules étranges.
- Oh, les vaches. Si vous m’appelez à l’aide, je leur rentre dedans.
- Et on se retrouverait à la case départ. John éclate de rire, entrainant le fou rire de Béatrice.
- Je vous laisse à votre supplice et j’attends votre appel demain sans faute.
- Sans faute, vous êtes charmante ma chère, terriblement charmante. Merci pour tout.
- Pas de quoi, la croix rouge, ça me connait, nous sommes du pays avec votre mère. À demain
Elle coupe la communication en sentant une vague de chaleur envahir son corps tout entier. La voix de cet homme l’a troublée sans qu’elle n’en comprenne vraiment la raison. Elle se met à serrer son téléphone contre sa poitrine sans toujours comprendre ce qui lui arrive. Enfin rassurée sur l’état de santé de John, elle décide d’aller se coucher, détendue après ce coup de téléphone. Dans son lit, sa main droite dans son écharpe, la gauche vient se poser entre ses cuisses comme poussée par une force inconnue et irrésistible. Alors qu’elle se met à rêver d’une nuit d’amour avec ce presque inconnu, elle se caresse lentement, sans brusquer cet orgasme qui se fait jour en son bas ventre. Elle le sent lentement grandir, grossir. Quand l’extase jaillit tel un feu d’artifice, elle lâche un long et puissant soupir de bonheur, sa tête enfouille dans ses coussins. Puis, tels des bras tendres, le sommeil vient l’envelopper tranquillement, calmant un peu la douleur de son bras.
Quand elle s’éveille, assise sur le bord du lit, elle se met de la pommade sur son coude et son avant-bras droit. Elle en profite pour regarder cette blessure encore très enflée. Puis, c’est sur ses côtes qu’elle s’en étale encore, se surprenant à se masser son sein droit avec douceur. La pommade aidant, elle laisse vagabonder cette main. Elle sent le bénéfice de ses caresses, elle ne désire que le plaisir qu'elle sait déjà en elle et qui s'accroit à chaque caresse. Il ne lui manque que sa main droite pour de douces caresses intimes. Mais cette main gauche n’est pas si gauche que ça, elle jouit longuement, appréciant ce petit orgasme qui lui donne le frisson du bonheur. Ouvrant ses yeux, découvrant l’heure, elle sursaute. Surprise, elle doit s’attendre à recevoir l’appel de John à tout moment. Dans la salle de bain, sa brosse à dent dans sa main valide, elle se montre encore plus maladroite en se brossant les dents. Puis, lavant son visage, c’est encore en riant qu’elle se rend compte qu’elle ne peut se passer de sa main droite. Elle devine que John doit avoir le même souci s’il est gaucher. Enfin, elle évite tout maquillage, juste un peu de rouge à lèvre pour faire ressortir sa bouche. Elle s’applique pour ne pas déborder, elle rit encore même si son bras droit lui lance encore. Un petit coup de parfum, très léger. La voilà pratiquement prête à sortir. Il ne lui manque plus qu’à se vêtir. Pour un peu, elle en oubliait de s’habiller. Dans sa chambre, elle va au plus simple, elle renonce à tout sous-vêtement. Un legging, un pull et la voilà prête au départ en urgence. Devant son miroir, elle regarde son postérieur, il est presque impossible que l'on remarque l'absence de culotte, elle respire.
Maintenant, c’est la longue attente. Un café à la main, elle fixe son portable. Le calmant fait son effet, entrainant Béatrice dans un état de légère somnolence. Quand il sonne, elle sursaute, renversant son café sur son pull, elle jure comme un charretier. Elle s’empresse de répondre. C’est la voix de John qui lui lance un good morning des plus joyeux. Elle sent à nouveau cette vague de chaleur l’envahir.
- Bien dormi mon ange gardien ?
- Pas trop mal John, et vous ?
- Un calmant et j’ai dormi comme un bébé, quoique...
- Comment ça ?
- Disons que je suis comme un bébé qui ne passe pas encore ses nuits.
- Oh, je comprends. Vous pouvez sortir alors ?
- Eh oui, j’attends juste une ordonnance, l’arrêt de travail et le bon de sortie. Cela ne devrait plus tarder.
- J’arrive. On se rejoint à l’entrée principale.
- Ok my dear, j’y serai.
- À tout de suite alors.
- Oh n’oubliez pas notre…
Elle coupe la communication pour enfiler son manteau, ses bottes. Revient en arrière. Dans sa chambre, elle change de pull. Sans le vouloir, sans choisir, elle prend un pull qu'elle devait jeter parce que trop étroit et trop court. Devant son miroir, elle voit sa poitrine moulée dans ce pull serrer ainsi que son nombril dénudé. Elle hausse les épaules, plus le temps de se changer encore. Une fois son sac à son épaule, elle dévale l’escalier. Dans sa voiture, elle pousse le chauffage à fond et roule, plus tranquillement, cette fois. Elle parvient à changer les vitesses sans trop de difficulté en s'aidant de ses jambes pour tenir le volant. Une fois devant l’entrée, elle n'a guère à attendre, elle aperçoit John qui sort. Elle s’arrête près de lui. Devant John, elle se sent empruntée, elle le regarde, découvrant un homme différent que dans son souvenir. Ouvrant grande la portière passagère, elle recule le siège au maximum. Une fois le fauteuil roulant près de la carrosserie, John peut se hisser à l’intérieur avec l’aide de Béatrice. Il remarque la poitrine joliment dessinée dans ce pull.
- Le fauteuil ?
- Je n’en veux pas, je suis incapable de me mouvoir avec cette chose. Vous n’avez pas froid ?
5年前