Un conte de Noël
Chapitre 3 : Un cœur tout neuf et trois mères Noël
Les jours se succèdent, je suis dans une chambre, seul, au calme. Je peux enfin m’assoir dans mon lit. Sur la table de nuit, une télécommande, mon ordinateur, celui de mon domicile. Je l’allume, pianote mon mot de passe. J’écris, sur l’écran, les lettres s’enchainent les unes aux autres. Des mots se forment, des phrases se construisent, des paragraphes s’affichent. Une voix joviale m’apprend sa surprise. Cette voix est douce. Le visage qui transporte cette voix est tout aussi doux que jeune. C’est pourtant à peine si je la regarde et pourtant, pourtant elle est si belle. Près de moi, elle prend mon poignet, lisant ce que je tape encore.
- Vous êtes un romantique vous !
- Non, un amoureux.
- Je vois ça. Comment, trois femmes ?
- Trois anges, trois mères noël, les trois joyaux de ma vie.
- La vache, c’n’est pas mon copain qui me parlerait comme vous.
- Pauvre femme, je vous plains !
Elle lit encore, se redresse subitement en me fixant, me demande si je les fesse souvent. Ma réponse a de quoi l’étonner, la surprendre.
- Je les fesse autant qu’elles me fessent.
Elle me quitte, visiblement troublée par ma réponse, mon texte. Je souris, je ris même de ce trouble. Je la devine racontant mes vices à ses collègues. Moi, je continue, envois mail après mail à mes amours. Un jeune homme entre, une mignonne demoiselle l’accompagne, c’est mon fils. Lui, enfin, il est là, se rappelle que j’existe encore. Devant moi, il n’est pas très fier. Pourtant, je le rassure en caressant sa joue. Il me présente sa compagne. Je baise sa main, essayant de cacher ce texte aussi amoureux que pervers, voire vicieux. Mais trop tard, elle a pu en lire un bel extrait pendant que mon fils me donnait une belle accolade. Je ne lui en veux pas, au contraire, je tourne l’écran vers elle. Je parle longuement à mon fils. Il me fait serment de nous aider plus souvent à la maison, surtout aider sa mère, ma femme. Il ne me juge pas, c’est aussi dans son intérêt. Une petite voix lit l’entier de ces dix pages déjà mémorisée à quelque part dans mon ordinateur. Mon fils écoute cette douce voix qui met en avant les détails de ce récit, mettant le ton qu’il faut quand on lit ce genre de texte. Même que si une personne devait lire mon récit en public, c’est cette voix que je voudrais entendre, pas une autre. Sa voix est juste sur chacun des mots qui composent ce court récit. Au mot à suivre, elle se redresse, me fixe en serrant, de ses mains, celle de mon fils. Je lis son trouble sur son visage. Je devine qu’elle doit se poser des milliers de question sur le père de son amoureux.
Jour après jour, je reprends des forces. Je parviens même à me lever, à faire déjà quelques pas. Je ne force pas, pour ça, je me réserve pour mes trois anges. En revenant dans ma chambre, deux infirmières sont penchées sur l’écran de mon ordinateur encore en fonction. Je racle ma gorge doucement. L’une se retourne, le visage délicieusement rouge de honte. Je caresse cette joue, lui souris. Je prends mon ordi, lis, à haute voix, la suite. Je n’ai pas la voix de Cindy, l’amie de mon fils, c’est certain. À la fin, toujours à haute voix, je continue à écrire cette histoire. Sans aucune vulgarité, je raconte, décris, détails chaque moment passer près de mon bel ange de noël, de cette femme gérante d’une boutique hautement sensuelle, érotique et si tellement délicieusement débauchée. J’y décris tout, jusque dans le plus insignifiant petit détail. Le texte s’arrête là, en ce jour avant pâques où deux infirmières en mal de bonheur affectif lisent mon texte. Je les trouble en les décrivant comme sublimes, belles avec leur postérieur qui mérite une grande attention. Je donne le détail de ces corps cachés sous ces uniformes blancs. C’est vrai que je ne suis pas encore au mieux de ma forme, cette petite marche m’a épuisé. Pourtant, maintenant couché sur mon lit, je me sens las. Deux bouches s’empressent de baiser mes joues en faisant un peu de mon lit. Elles ne me quittent pas, elles s’enfuient en rougissant encore.
Ce matin, j’ai droit à la grande visite. Comme à mon habitude, on me surprend en train d’écrire. Dans les faits, je corrige, améliore ce récit d’un bout de vie qui risquait de me couter la mienne. Cela discute de sortie, de suite à donner, de traitement à suivre et à la lettre. J’écoute d’une oreille attentive tout ce qui se dit, délaissant un moment mon manuscrit. Après cette courte mais instructive visite, un jeune homme maniéré fait son entrée. Près de moi, d’une voix timide et susurrée, il me demande si je peux lui imprimer mon texte.
- Permettez que je vous dise de ne pas avoir peur de votre belle différence, de la vivre au grand jour. Maintenant, si vous possédez une clé USB, ou une imprimante, je veux bien vous donner mon texte. Cependant, si c’est pour vous, je vous demanderai de le mettre au masculin, de m’en faire parvenir une copie par mail. On est bien d’accord ?
- Tout à fait d’accord. Les filles m’avaient dit que vous étiez un drôle de bonhomme, elles ont entièrement raison. Je reviens avec tout ce qu’il faut.
- J’ai…tout…mon…temps.
Il s’en allait pour revenir peu après en poussant un chariot avec une imprimante et ses câbles. Très vite, le papier se noircissait de mon texte. Sur une clé USB, une copie de mon histoire s’y déposait.
- Ce sont les filles qui vont être heureuses, je crois pouvoir vous dire que tout l’hôpital est au courant de votre récit.
- Voilà qui me réjouit.
Trois grâces pénètrent, mes trois anges sont de retour. Le jeune infirmier comprend vite qu’il s’agit des trois femmes de mon manuscrit. Il compte les pages à haute voix. Il arrive au total de 164 feuilles de papier A4 noircies recto-verso. Il me fait des yeux gros comme des billes et s’en va en branlant la tête, tout sourire. Mes amours se pressent autour de mon lit. Je m’assois, on m’embrasse de toutes parts. Ma femme s’assoit près de moi, regarde mes deux anges. Je perçois quelque chose, un secret. Un secret qu’on veut me dévoiler sans savoir comment. Ma femme prend ma main, se racle sa gorge.
- Mon chéri, j’ai déménagé. Non, s’il te plait, écoute-moi, mon amour. J’ai déménagé chez elle. On y a mis toutes nos affaires. Cette jeune personne s’est jointe à nous. Elles m’ont fait comprendre et vivre ce qu’elles ont vécu avec toi. Désormais, je sais ce que l’on peut ressentir en étant fessée avec amour. Je ne pensais pas, ne croyais même pas cela possible et pourtant, c’est vrai, j’aime ça. J’aime ces deux femmes comme tu nous aimes. Aussi, dès ton retour, nous devrons avoir une franche discussion, toi et moi pour commencer.
- Mais tout ce que tu veux. Alors, tu te souviens que tu as un mari ?
- Oui et je m’en veux de t’avoir ignoré ces dernières années.
- Tiens, lis ça à haute voix et tu me comprendras mieux. Moi, j’ai grand besoin de prendre l’air. Je dois…
En fait, je ne savais pas ce que je devais faire ou dire. J’ai enfilé mon survêtement et suis sorti. Ma jolie mère noël m’a rattrapé. Dans l’ascenseur, elle me raconte tout de leurs nuits saphiques. Du premier baiser à la grosse fessée démoniaque, tout y passe. Dans mon cerveau tout s’enregistre, mot à mot. Plus tard, sur mon ordi, j’allais tapoter ce récit sur les lettres de mon clavier, enregistrer scrupuleusement le récit de ma mère noël. Dans la cafeteria, nous prenons un soda. Dehors, sous un couvert, je lui demande une cigarette. Il m’en faut une parce c’est à mon tour d’être terriblement troublé par les dires et aveux de ma femme, de ma mère noël. Peu après, ma femme et cette boutiquière impudique arrivent. Je caresse leurs joues avec amour. Comment détester ma femme après ce que je venais d’apprendre. Des infirmières passent près de nous. Si l’une me regarde, elle raconte à sa collègue que c’est moi l’auteur de ces feuillets qu’elle tient en ses mains. Nous les voyons rougir quand elles pressent le pas.
- Vous savez quoi, mes anges, j’ai imprimé et fait une copie de ce récit. Il parait que tout l’hôpital connait notre histoire. Aucun ne connait nos prénoms, nos noms, nos lieux de résidence. Enfin, sauf pour moi et ma femme. Quoique plus si je me réfère à ce que tu m’as dit ma douce épouse. Qu’il me tarde de rougir tes fesses avec vigueur.
- Qu’il me tarde de sentir cette chaleur bienfaitrice envahir mon corps par tes mains vigoureusement sadique.
Je souriais de bonheur de retrouver ma femme enfin mieux disposée pour les jeux de l’amour. Si j’avais pu, c’est là, devant ces patients que je la fessais. Mais voilà, je dois me refaire, me fortifier. Peu après, de retour dans ma chambre. Je découvre un médecin en train de signer une pile de documents.
- Bonjour Monsieur Rémi, je vous attendais. Bonjour mesdames. J’imagine que c’est de vous qu’il décrit dans ce roman ?
- Ce sont elles, mes trois anges.
- Ce texte circule dans tout l’hôpital. Toutes les femmes rêvent de rencontrer le Maître fesseur.
Nous avons rigolé de cette affirmation. Mais voilà, mon séjour en ce lieu arrive à son terme. On m’envoie me refaire une santé à la montagne durant tout un mois. Un lieu calme et plaisant d’après ce docteur, une plantureuse femme médecin d’une quarantaine d’année.
- Maintenant, si j’ai un petit conseil à vous donner. Sachez que j’ai aussi lu votre ouvrage inachevé. Mon conseil est de continuer à vous faire passer pour dépressif, c’est clair ?
- Je vois, mais je n’en comprends pas la raison !
- C’est pourtant simple. Dans notre rapport final, on vous décrit comme un grand dépressif, même si ce n’est pas la réalité. Nous avons aussi noté que vous étiez usé par le travail. Tout ça pour vous dire qu’il vous faut continuer à écrire et, non seulement écrire comme vous le faites, mais aussi publier votre récit. Même Emmanuel est resté bouche bée en vous lisant.
- Le jeune infirmier ?
- Oui, celui-là même. Il est…
- Oui, je sais. Je l’aime même encourager à ne plus cacher sa jolie différence, de l’afficher ouvertement.
- Oui, il nous l’a dit. Vous avez, vos mots ont eu l’art d’enfin nous avouer ouvertement son homosexualité. Depuis, il se sent nettement mieux. Bon, voilà les documents de sortie. C’est pour demain, après la visite et le déjeuner. On viendra vous chercher pour vous conduire prendre l’air à la montagne.
- Avez-vous un moment et avez-vous peur de moi ?
- J’ai un moment et je n’ai pas peur de vous.
- Bien, alors laissez-vous faire par cette merveilleuse femme. C’est un petit merci en comparaison de ce que vous et tout le personnel avez fait pour moi.
Je poussais ma femme entre les jambes de cette doctoresse. Intimidée l’une comme l’autre, nous les avons laissées toutes seules. Mais cela ne se passa pas comme prévu. Le docteur est sorti de ma chambre, s’est arrêtée près de moi pour me pousser dans un recoin et m’embrasser le plus fougueusement possible et me dire merci. Sortant à son tour de la chambre, ma femme me fixait, troublée, terriblement troublée. Plus loin, au calme, elle nous apprit que ce docteur avait un pénis en lieu et place d’un vagin. J’avoue avoir été terriblement excité de l’apprendre.
Le soir, après le départ de mes anges. Je sonnais l’infirmière. C’est Emmanuel qui arrivait en toute hâte. Je lui demandais de tout faire pour faire venir cette femme médecin dans ma chambre. Il avait un large sourire en allant la quérir. Quand elle est arrivée, je lui fis face. Je crois me souvenir que j’ai un peu rougit en la poussant à s’assoir sur mon lit. Je glissais ma main sur son pénis, le caressais en lui avouant que c’était la première fois que je faisais cela. Sa bouche se posa sur la mienne. Rapidement, je dégageais ce pénis, ce joli petit pénis. Ma bouche le baisait tendrement. Il était tendu, bien dur. J’avais envie de le gouter, de connaitre cette sensation que connaisse les femmes et l’homosexuel à sucer un pénis. Ma bouche ouverte, ce pénis était entièrement dans ma bouche. Je le suçais et je me surpris à aimer cela. Quand elle éjacula dans ma bouche, je le lavais de ma langue avec grand soin. Puis, sur cette bouche entre-ouverte, je posais la mienne en couchant ce corps différent. Sa poitrine, me l’avouait-elle, était une vraie, je m’en délectais. Ce fut là un moment inimaginable il y a quelques mois de ça. Nous avons fait l’amour. Chacun à son tour, on sodomisa l’autre avec tendresse. Nous avons joui l’un comme l’autre avant que le travail, les patients ne nous séparent à jamais. Sur mon ordinateur, je retranscrivais cette merveilleuse journée en détail.
Je me réveillais sur mon ordinateur, une main posée sur mon pénis. Ouvrant mes yeux, elle était là, aussi émue que moi de nous revoir une dernière fois. Nous savions, l’un comme l’autre que c’était l’ultime fois. Elle me fit une fellation délicieuse. Tête-bêche, je lui rendais la pareille. On se sépara tendrement par de doux et lascif baiser. Le déjeuner arrivait, apporté par Emmanuel. Déjà, pour me changer les idées, je rangeais mes affaires en vue de mon départ. Mais auparavant, je mettais ce moment sur mon ordinateur, à la suite de mon récit qui prenait de l’ampleur. Après le déjeuner, ma toilette, la visite des médecins, ce fut un pénible au revoir que je passais à tout le personnel de ce service. Une main me glissa l’adresse mail du service. Je lui souris en lui promettant de lui envoyer la suite. Une suite qui allait se répandre comme une trainée de poudre dans tout le CHU.
Dans ce minibus, je quittais cet hôpital avec beaucoup de regret. Sur la route, je me remémorais ces semaines passées en ces lieux. En à peine trois heures, nous avions passé du plateau tout plat aux pentes escarpées de la montagne. Devant ce lieu de remise en forme, je pris une grande respiration. On me conduit à ma chambre, je n’étais pas seul. Un vieil homme somnolait dans son lit. Je posais mes affaires, les rangeais de l’armoire qui m’était destinée. Je suis allé admirer la vue. Une voix me demandait si c’était moi pendant qu’une main agitait mon récit. En me retournant, une femme gironde me fixait, visiblement émue de ma réponse affirmative. Déjà, tous étaient au courant de mon identité et tous connaissaient mon texte.
Glissant mon manuscrit roulé, non achevé dans sa poche, elle me conduisait auprès des médecins de cette clinique de montagne. J’allais devoir passer par toute une batterie d’examen. En short, sur un vélo de fitness, je pédalais pendant que l’on observait mon cœur, ma pression et d’autres mesures. On me préleva aussi un peu de ****. On me questionna sur mon ressenti face à l’effort. Mais aussi, sur mon récit, un petit dérapage dans le questionnaire. J’étais amusé et ému que tous le lisent, l’apprécient. On me donna mon emploi du temps. Cela me laissait beaucoup de temps pour écrire encore et encore.
Après le repas de midi, c’est dans cette véranda que j’allais m’installé. C’est ici que j’allais passer noël et le nouvel an. Noël mais c’est demain, nous sommes le 24 décembre. Je fis encore un rapide calcul, j’avais fait mon second infarctus à pâque et maintenant nous étions à nouveau noël ? Punaise, je ne m’étais pas rendu compte de la longueur de mon séjour en milieu médical ! Mais… oh non, je n’ai rien à offrir à mes anges. Déception, honte à moi, je me sens soudainement faible, triste. Une main se pose sur mon épaule, une grosse main bien ferme.
- Alors c’est vous l’écrivain ?
- Bonjour, il parait, oui. Mais je n’ai aucun mérite. Je le dois à mes anges.
- Eh bien, me voilà avec un vicieux, un écrivain pervers. Le satyre de la pire espèce
- Moi, mais pardonnez, ce que j’écris, je l’ai vécu. Je compte bien vivre cette vie délicieuse aussi longtemps que possible.
- En tout cas, je ne veux pas de scandale dans ma clinique. Déjà que votre…histoire cochonne circule sous le manteau.
- Et alors, chacun est libre de penser ce qu’il veut pour autant qu’il ne juge pas sans connaitre.
- C’est vrai, vous avez raison, mais ici, on vient pour se refaire une santé et non pour baiser comme des porcs !
Je le regarde partir. Aigri, cet homme ne me porte visiblement pas dans son cœur. Un physiothé****ute vient me chercher. Il a dû croiser le chef de cette clinique car, il me rassure en me disant que ce professeur de médecine venait tout juste de se séparer de sa femme. Là, je plaignais cet homme. Pendant qu’il m’entreprenait, nous bavardions ouvertement de sexe. Mais sans jamais dé****r dans le vulgaire. Dans le cas contraire, je me serais insurgé. Non, en l’écoutant me parler, il avait les mêmes vues que moi, la tendresse, parfois un peu de piment comme une bonne petite fessée bien érotique. Il m’avouait ne pas détester que sa compagne le fesse. Il en retirait, d’après ses dires, de grands plaisirs. De retour sous cette véranda chauffée, je repris mon texte, le corrigeais, l’améliorais encore en tournant certaines phrases pour les rendre plus sensuel ou plus libertine encore. Bref, force est d’admettre que je manquais de vécu pour le continuer.
Noël, je me sens las de n’avoir pas acheté de présents pour mes anges. Ce sera encore pire si elles débarquent chargées comme des mules.
Je remarquais vite qu’entre les visites de mes doux anges, le personnel, surtout féminin, était au petit soin pour ma personne. Chacun voulant déjà connaitre la suite. Malheureusement, côté vie amoureuse, c’était le calme plat, si loin de mes anges. À croire que ce maudit chef de clinique avait donné des instructions très strictes à mes anges sur le comportement à adopter. Au matin de mon troisième jour ici, je reçus une longue lettre de mes anges. Elles me confirmaient qu’elles avaient eus un long entretien avec ce chef de clinique autoritaire. Aussi, quand il vint me voir, lors de sa visite quotidienne, je le pris à part pour lui signifier clairement que j’allais passer outre ses directives arbitraires, quitte à me plaindre plus haut. Pour le lui prouver, je citais le médecin en chef des hôpitaux, un homme de ma ville. Sur mon ordinateur, je montrais cette adresse et ma plainte prête à être envoyée. Certes, je ne voulais pas faire de cette clinique un lieu de débauche, loin s’en faut. Mais jouir d’un peu de liberté était, pour moi, une règle.
- Je sais que vous n’oserez pas !
- Vous croyez ou vous le pensez ?
- Les deux !
- Eh bien détrompez-vous, il vient de partir.
- Non, c’est impossible !
- C’est pourtant la triste vérité. Ce que j’aime, sur mon ordinateur, c’est que je peux très facilement enregistrer notre discussion et la faire parvenir, aussi sec, à n’importe qui. Non, je plaisante, je ne l’ai pas encore envoyé, mais il est mémorisé et prêt à partir se perdre dans les méandres d’internet. Je ne demande rien de plus que de pouvoir jouir de mes visites comme bon me semble, rien de plus.
- Une chambre privée par exemple ?
- Non, je n’irais pas à demander l’impossible. Juste être sans aucune surveillance. Je déteste les fouineur et les branleurs de votre espèce qui juge, moralise et fait exactement le contraire une fois enfermé à double tour dans son chez eux. C’est assez clair comme ça ? Et ne me dites pas que vous ne m’******nez pas, on me l’a rapporté pas plus tard que ce matin.
- Mais…
- Bonne journée monsieur le moralisateur. Pensez à vous libérer l’esprit, à vivre vos fantasmes, vous verrez, c’est tellement bon. Ce doit être la cause du départ de votre compagne, enfin, je présume. Il ne m’a pas fallu des lustres pour vous comprendre. Vous êtes coincés, cela se voit, cela se sent. Je l’étais aussi jusqu’à ce que je rencontre un ange, une mère noël toute rousse. Elle, elle a su me ramener à la vie, la vraie. Même si je suis passé très près de la porte de sortie, la dernière, je suis prêt à recommencer sans compter. Je suis même prêt à y laisser ma vie si je peux faire trois heureuses. Excellente journée, docteur.
Il repartit bien droit et fière. Cependant, je devinais ses doutes, ses interrogations. Je l’avais piqué au vif, là où ça fait mal, à cette fierté si mal placée. Bref, un petit mail à mes anges pour leur signifier que tout était arrangé. Sur Skype, je reçus une réponse vidéo. Mes trois anges se filmant pendant leur nuit saphique. Une voix douce m’avertit qu’elles seraient là ce soir, pour le réveillon de noël et en mère noël, toutes les trois. Aussi, alors que je pédalais sur ce vélo de fitness devant un paysage entièrement recouvert de son manteau neigeux, je pris plaisir à me défoncer, à chercher l’extrême limite de mon corps. Dans ma poitrine, plus aucune douleur, j’en étais si ému que des larmes coulaient sur mes joues. Une douce main me les séchait, je l’embrassais tendrement. Une belle et sensuelle physiothé****ute se tenait près de moi. Dans cette salle, j’étais venu seul parce que tout seul justement. Elle était venue s’assurer que j’allais bien. En me regardant pédaler, comme pour m’encourager, elle me lisait des passages de mon manuscrit tel qu’il était en sortant du CHU. Elle savait parfaitement où appuyer sur les mots. Dans mon short, je retrouvais toutes mes sensations et bandais encore plus dur qu’avec ce médecin à la si jolie différence. Je me suis mis à penser à elle et son adorable petit pénis. J’avais une érection, une douloureuse érection sur cette selle.
Derrière moi, en silence, trois anges de beauté entraient. Des mains se posèrent sur moi, de douces mains avenantes. J’en termine avec ce vélo, mes jambes peinent à me supporter. Mes trois anges me ramènent en chambre, mon voisin n’est plus là. Je souris en m’imaginant passer cette nuit de noël avec mes trois amours. Après une douche en compagnie de ma mère noël, mes trois belles m’habillent en père noël. Je me rends au souper ainsi vêtu, en compagnie de trois mères noël. Autant dire que nous faisons sensation. Il ne me manquait qu’une hotte pleine de cadeaux. À table, c’est soir de fête, même si je suis à la diète, on me donne de quoi faire bombance. Il y a même un verre de vin rouge, mais un seul. Le repas se prolonge par des chants de circonstance. J’avoue que de savoir mes amours près de moi me rend particulièrement heureux. Je regrette et appréhende déjà ce moment où nous devrons nous séparer. Le chef de cette clinique n’est plus cet homme austère, il vient même me serrer chaleureusement la main, embrasser les joues de mes anges en nous souhaitant un joyeux noël.
La soirée se prolonge encore. On peine, en cette nuit de noël à aller se coucher. Pourtant, dans ma chambre, sans mon voisin rentré chez lui, avec mes belles mères noël, on s’adonne à des jeux autrement plus érotiques.
Voilà, depuis, j’ai quitté cette clinique devenue plus ouverte, surtout en ce qui concerne son patron. Je vis dans cette maison, j’écris ce que nous vivons, chaque nouveau chapitre est aussitôt envoyé à qui de droit.
Cela fait quoi, plus de ******* que cela dur et je suis devenu père de deux merveilleux petits bambins qui grandissent dans l‘amour de trois femmes exquises. Mes anges, je les aime tous les trois.
Ah oui, depuis cette clinique et une infirmière bienveillante, sur ses conseils avisés, je porte la barbe, elle est longue, blanche tout comme mes cheveux. Avec ça, je fais des heureux, un mois durant, chaque fin d’année, entouré par mes anges, dans ce centre commercial, celui avec sa boutique sulfureuse.
Bien à vous, on se voit à noël ? Enfin, si votre cheminée n’est pas obstruée comme certains esprits que je connais ?
Les jours se succèdent, je suis dans une chambre, seul, au calme. Je peux enfin m’assoir dans mon lit. Sur la table de nuit, une télécommande, mon ordinateur, celui de mon domicile. Je l’allume, pianote mon mot de passe. J’écris, sur l’écran, les lettres s’enchainent les unes aux autres. Des mots se forment, des phrases se construisent, des paragraphes s’affichent. Une voix joviale m’apprend sa surprise. Cette voix est douce. Le visage qui transporte cette voix est tout aussi doux que jeune. C’est pourtant à peine si je la regarde et pourtant, pourtant elle est si belle. Près de moi, elle prend mon poignet, lisant ce que je tape encore.
- Vous êtes un romantique vous !
- Non, un amoureux.
- Je vois ça. Comment, trois femmes ?
- Trois anges, trois mères noël, les trois joyaux de ma vie.
- La vache, c’n’est pas mon copain qui me parlerait comme vous.
- Pauvre femme, je vous plains !
Elle lit encore, se redresse subitement en me fixant, me demande si je les fesse souvent. Ma réponse a de quoi l’étonner, la surprendre.
- Je les fesse autant qu’elles me fessent.
Elle me quitte, visiblement troublée par ma réponse, mon texte. Je souris, je ris même de ce trouble. Je la devine racontant mes vices à ses collègues. Moi, je continue, envois mail après mail à mes amours. Un jeune homme entre, une mignonne demoiselle l’accompagne, c’est mon fils. Lui, enfin, il est là, se rappelle que j’existe encore. Devant moi, il n’est pas très fier. Pourtant, je le rassure en caressant sa joue. Il me présente sa compagne. Je baise sa main, essayant de cacher ce texte aussi amoureux que pervers, voire vicieux. Mais trop tard, elle a pu en lire un bel extrait pendant que mon fils me donnait une belle accolade. Je ne lui en veux pas, au contraire, je tourne l’écran vers elle. Je parle longuement à mon fils. Il me fait serment de nous aider plus souvent à la maison, surtout aider sa mère, ma femme. Il ne me juge pas, c’est aussi dans son intérêt. Une petite voix lit l’entier de ces dix pages déjà mémorisée à quelque part dans mon ordinateur. Mon fils écoute cette douce voix qui met en avant les détails de ce récit, mettant le ton qu’il faut quand on lit ce genre de texte. Même que si une personne devait lire mon récit en public, c’est cette voix que je voudrais entendre, pas une autre. Sa voix est juste sur chacun des mots qui composent ce court récit. Au mot à suivre, elle se redresse, me fixe en serrant, de ses mains, celle de mon fils. Je lis son trouble sur son visage. Je devine qu’elle doit se poser des milliers de question sur le père de son amoureux.
Jour après jour, je reprends des forces. Je parviens même à me lever, à faire déjà quelques pas. Je ne force pas, pour ça, je me réserve pour mes trois anges. En revenant dans ma chambre, deux infirmières sont penchées sur l’écran de mon ordinateur encore en fonction. Je racle ma gorge doucement. L’une se retourne, le visage délicieusement rouge de honte. Je caresse cette joue, lui souris. Je prends mon ordi, lis, à haute voix, la suite. Je n’ai pas la voix de Cindy, l’amie de mon fils, c’est certain. À la fin, toujours à haute voix, je continue à écrire cette histoire. Sans aucune vulgarité, je raconte, décris, détails chaque moment passer près de mon bel ange de noël, de cette femme gérante d’une boutique hautement sensuelle, érotique et si tellement délicieusement débauchée. J’y décris tout, jusque dans le plus insignifiant petit détail. Le texte s’arrête là, en ce jour avant pâques où deux infirmières en mal de bonheur affectif lisent mon texte. Je les trouble en les décrivant comme sublimes, belles avec leur postérieur qui mérite une grande attention. Je donne le détail de ces corps cachés sous ces uniformes blancs. C’est vrai que je ne suis pas encore au mieux de ma forme, cette petite marche m’a épuisé. Pourtant, maintenant couché sur mon lit, je me sens las. Deux bouches s’empressent de baiser mes joues en faisant un peu de mon lit. Elles ne me quittent pas, elles s’enfuient en rougissant encore.
Ce matin, j’ai droit à la grande visite. Comme à mon habitude, on me surprend en train d’écrire. Dans les faits, je corrige, améliore ce récit d’un bout de vie qui risquait de me couter la mienne. Cela discute de sortie, de suite à donner, de traitement à suivre et à la lettre. J’écoute d’une oreille attentive tout ce qui se dit, délaissant un moment mon manuscrit. Après cette courte mais instructive visite, un jeune homme maniéré fait son entrée. Près de moi, d’une voix timide et susurrée, il me demande si je peux lui imprimer mon texte.
- Permettez que je vous dise de ne pas avoir peur de votre belle différence, de la vivre au grand jour. Maintenant, si vous possédez une clé USB, ou une imprimante, je veux bien vous donner mon texte. Cependant, si c’est pour vous, je vous demanderai de le mettre au masculin, de m’en faire parvenir une copie par mail. On est bien d’accord ?
- Tout à fait d’accord. Les filles m’avaient dit que vous étiez un drôle de bonhomme, elles ont entièrement raison. Je reviens avec tout ce qu’il faut.
- J’ai…tout…mon…temps.
Il s’en allait pour revenir peu après en poussant un chariot avec une imprimante et ses câbles. Très vite, le papier se noircissait de mon texte. Sur une clé USB, une copie de mon histoire s’y déposait.
- Ce sont les filles qui vont être heureuses, je crois pouvoir vous dire que tout l’hôpital est au courant de votre récit.
- Voilà qui me réjouit.
Trois grâces pénètrent, mes trois anges sont de retour. Le jeune infirmier comprend vite qu’il s’agit des trois femmes de mon manuscrit. Il compte les pages à haute voix. Il arrive au total de 164 feuilles de papier A4 noircies recto-verso. Il me fait des yeux gros comme des billes et s’en va en branlant la tête, tout sourire. Mes amours se pressent autour de mon lit. Je m’assois, on m’embrasse de toutes parts. Ma femme s’assoit près de moi, regarde mes deux anges. Je perçois quelque chose, un secret. Un secret qu’on veut me dévoiler sans savoir comment. Ma femme prend ma main, se racle sa gorge.
- Mon chéri, j’ai déménagé. Non, s’il te plait, écoute-moi, mon amour. J’ai déménagé chez elle. On y a mis toutes nos affaires. Cette jeune personne s’est jointe à nous. Elles m’ont fait comprendre et vivre ce qu’elles ont vécu avec toi. Désormais, je sais ce que l’on peut ressentir en étant fessée avec amour. Je ne pensais pas, ne croyais même pas cela possible et pourtant, c’est vrai, j’aime ça. J’aime ces deux femmes comme tu nous aimes. Aussi, dès ton retour, nous devrons avoir une franche discussion, toi et moi pour commencer.
- Mais tout ce que tu veux. Alors, tu te souviens que tu as un mari ?
- Oui et je m’en veux de t’avoir ignoré ces dernières années.
- Tiens, lis ça à haute voix et tu me comprendras mieux. Moi, j’ai grand besoin de prendre l’air. Je dois…
En fait, je ne savais pas ce que je devais faire ou dire. J’ai enfilé mon survêtement et suis sorti. Ma jolie mère noël m’a rattrapé. Dans l’ascenseur, elle me raconte tout de leurs nuits saphiques. Du premier baiser à la grosse fessée démoniaque, tout y passe. Dans mon cerveau tout s’enregistre, mot à mot. Plus tard, sur mon ordi, j’allais tapoter ce récit sur les lettres de mon clavier, enregistrer scrupuleusement le récit de ma mère noël. Dans la cafeteria, nous prenons un soda. Dehors, sous un couvert, je lui demande une cigarette. Il m’en faut une parce c’est à mon tour d’être terriblement troublé par les dires et aveux de ma femme, de ma mère noël. Peu après, ma femme et cette boutiquière impudique arrivent. Je caresse leurs joues avec amour. Comment détester ma femme après ce que je venais d’apprendre. Des infirmières passent près de nous. Si l’une me regarde, elle raconte à sa collègue que c’est moi l’auteur de ces feuillets qu’elle tient en ses mains. Nous les voyons rougir quand elles pressent le pas.
- Vous savez quoi, mes anges, j’ai imprimé et fait une copie de ce récit. Il parait que tout l’hôpital connait notre histoire. Aucun ne connait nos prénoms, nos noms, nos lieux de résidence. Enfin, sauf pour moi et ma femme. Quoique plus si je me réfère à ce que tu m’as dit ma douce épouse. Qu’il me tarde de rougir tes fesses avec vigueur.
- Qu’il me tarde de sentir cette chaleur bienfaitrice envahir mon corps par tes mains vigoureusement sadique.
Je souriais de bonheur de retrouver ma femme enfin mieux disposée pour les jeux de l’amour. Si j’avais pu, c’est là, devant ces patients que je la fessais. Mais voilà, je dois me refaire, me fortifier. Peu après, de retour dans ma chambre. Je découvre un médecin en train de signer une pile de documents.
- Bonjour Monsieur Rémi, je vous attendais. Bonjour mesdames. J’imagine que c’est de vous qu’il décrit dans ce roman ?
- Ce sont elles, mes trois anges.
- Ce texte circule dans tout l’hôpital. Toutes les femmes rêvent de rencontrer le Maître fesseur.
Nous avons rigolé de cette affirmation. Mais voilà, mon séjour en ce lieu arrive à son terme. On m’envoie me refaire une santé à la montagne durant tout un mois. Un lieu calme et plaisant d’après ce docteur, une plantureuse femme médecin d’une quarantaine d’année.
- Maintenant, si j’ai un petit conseil à vous donner. Sachez que j’ai aussi lu votre ouvrage inachevé. Mon conseil est de continuer à vous faire passer pour dépressif, c’est clair ?
- Je vois, mais je n’en comprends pas la raison !
- C’est pourtant simple. Dans notre rapport final, on vous décrit comme un grand dépressif, même si ce n’est pas la réalité. Nous avons aussi noté que vous étiez usé par le travail. Tout ça pour vous dire qu’il vous faut continuer à écrire et, non seulement écrire comme vous le faites, mais aussi publier votre récit. Même Emmanuel est resté bouche bée en vous lisant.
- Le jeune infirmier ?
- Oui, celui-là même. Il est…
- Oui, je sais. Je l’aime même encourager à ne plus cacher sa jolie différence, de l’afficher ouvertement.
- Oui, il nous l’a dit. Vous avez, vos mots ont eu l’art d’enfin nous avouer ouvertement son homosexualité. Depuis, il se sent nettement mieux. Bon, voilà les documents de sortie. C’est pour demain, après la visite et le déjeuner. On viendra vous chercher pour vous conduire prendre l’air à la montagne.
- Avez-vous un moment et avez-vous peur de moi ?
- J’ai un moment et je n’ai pas peur de vous.
- Bien, alors laissez-vous faire par cette merveilleuse femme. C’est un petit merci en comparaison de ce que vous et tout le personnel avez fait pour moi.
Je poussais ma femme entre les jambes de cette doctoresse. Intimidée l’une comme l’autre, nous les avons laissées toutes seules. Mais cela ne se passa pas comme prévu. Le docteur est sorti de ma chambre, s’est arrêtée près de moi pour me pousser dans un recoin et m’embrasser le plus fougueusement possible et me dire merci. Sortant à son tour de la chambre, ma femme me fixait, troublée, terriblement troublée. Plus loin, au calme, elle nous apprit que ce docteur avait un pénis en lieu et place d’un vagin. J’avoue avoir été terriblement excité de l’apprendre.
Le soir, après le départ de mes anges. Je sonnais l’infirmière. C’est Emmanuel qui arrivait en toute hâte. Je lui demandais de tout faire pour faire venir cette femme médecin dans ma chambre. Il avait un large sourire en allant la quérir. Quand elle est arrivée, je lui fis face. Je crois me souvenir que j’ai un peu rougit en la poussant à s’assoir sur mon lit. Je glissais ma main sur son pénis, le caressais en lui avouant que c’était la première fois que je faisais cela. Sa bouche se posa sur la mienne. Rapidement, je dégageais ce pénis, ce joli petit pénis. Ma bouche le baisait tendrement. Il était tendu, bien dur. J’avais envie de le gouter, de connaitre cette sensation que connaisse les femmes et l’homosexuel à sucer un pénis. Ma bouche ouverte, ce pénis était entièrement dans ma bouche. Je le suçais et je me surpris à aimer cela. Quand elle éjacula dans ma bouche, je le lavais de ma langue avec grand soin. Puis, sur cette bouche entre-ouverte, je posais la mienne en couchant ce corps différent. Sa poitrine, me l’avouait-elle, était une vraie, je m’en délectais. Ce fut là un moment inimaginable il y a quelques mois de ça. Nous avons fait l’amour. Chacun à son tour, on sodomisa l’autre avec tendresse. Nous avons joui l’un comme l’autre avant que le travail, les patients ne nous séparent à jamais. Sur mon ordinateur, je retranscrivais cette merveilleuse journée en détail.
Je me réveillais sur mon ordinateur, une main posée sur mon pénis. Ouvrant mes yeux, elle était là, aussi émue que moi de nous revoir une dernière fois. Nous savions, l’un comme l’autre que c’était l’ultime fois. Elle me fit une fellation délicieuse. Tête-bêche, je lui rendais la pareille. On se sépara tendrement par de doux et lascif baiser. Le déjeuner arrivait, apporté par Emmanuel. Déjà, pour me changer les idées, je rangeais mes affaires en vue de mon départ. Mais auparavant, je mettais ce moment sur mon ordinateur, à la suite de mon récit qui prenait de l’ampleur. Après le déjeuner, ma toilette, la visite des médecins, ce fut un pénible au revoir que je passais à tout le personnel de ce service. Une main me glissa l’adresse mail du service. Je lui souris en lui promettant de lui envoyer la suite. Une suite qui allait se répandre comme une trainée de poudre dans tout le CHU.
Dans ce minibus, je quittais cet hôpital avec beaucoup de regret. Sur la route, je me remémorais ces semaines passées en ces lieux. En à peine trois heures, nous avions passé du plateau tout plat aux pentes escarpées de la montagne. Devant ce lieu de remise en forme, je pris une grande respiration. On me conduit à ma chambre, je n’étais pas seul. Un vieil homme somnolait dans son lit. Je posais mes affaires, les rangeais de l’armoire qui m’était destinée. Je suis allé admirer la vue. Une voix me demandait si c’était moi pendant qu’une main agitait mon récit. En me retournant, une femme gironde me fixait, visiblement émue de ma réponse affirmative. Déjà, tous étaient au courant de mon identité et tous connaissaient mon texte.
Glissant mon manuscrit roulé, non achevé dans sa poche, elle me conduisait auprès des médecins de cette clinique de montagne. J’allais devoir passer par toute une batterie d’examen. En short, sur un vélo de fitness, je pédalais pendant que l’on observait mon cœur, ma pression et d’autres mesures. On me préleva aussi un peu de ****. On me questionna sur mon ressenti face à l’effort. Mais aussi, sur mon récit, un petit dérapage dans le questionnaire. J’étais amusé et ému que tous le lisent, l’apprécient. On me donna mon emploi du temps. Cela me laissait beaucoup de temps pour écrire encore et encore.
Après le repas de midi, c’est dans cette véranda que j’allais m’installé. C’est ici que j’allais passer noël et le nouvel an. Noël mais c’est demain, nous sommes le 24 décembre. Je fis encore un rapide calcul, j’avais fait mon second infarctus à pâque et maintenant nous étions à nouveau noël ? Punaise, je ne m’étais pas rendu compte de la longueur de mon séjour en milieu médical ! Mais… oh non, je n’ai rien à offrir à mes anges. Déception, honte à moi, je me sens soudainement faible, triste. Une main se pose sur mon épaule, une grosse main bien ferme.
- Alors c’est vous l’écrivain ?
- Bonjour, il parait, oui. Mais je n’ai aucun mérite. Je le dois à mes anges.
- Eh bien, me voilà avec un vicieux, un écrivain pervers. Le satyre de la pire espèce
- Moi, mais pardonnez, ce que j’écris, je l’ai vécu. Je compte bien vivre cette vie délicieuse aussi longtemps que possible.
- En tout cas, je ne veux pas de scandale dans ma clinique. Déjà que votre…histoire cochonne circule sous le manteau.
- Et alors, chacun est libre de penser ce qu’il veut pour autant qu’il ne juge pas sans connaitre.
- C’est vrai, vous avez raison, mais ici, on vient pour se refaire une santé et non pour baiser comme des porcs !
Je le regarde partir. Aigri, cet homme ne me porte visiblement pas dans son cœur. Un physiothé****ute vient me chercher. Il a dû croiser le chef de cette clinique car, il me rassure en me disant que ce professeur de médecine venait tout juste de se séparer de sa femme. Là, je plaignais cet homme. Pendant qu’il m’entreprenait, nous bavardions ouvertement de sexe. Mais sans jamais dé****r dans le vulgaire. Dans le cas contraire, je me serais insurgé. Non, en l’écoutant me parler, il avait les mêmes vues que moi, la tendresse, parfois un peu de piment comme une bonne petite fessée bien érotique. Il m’avouait ne pas détester que sa compagne le fesse. Il en retirait, d’après ses dires, de grands plaisirs. De retour sous cette véranda chauffée, je repris mon texte, le corrigeais, l’améliorais encore en tournant certaines phrases pour les rendre plus sensuel ou plus libertine encore. Bref, force est d’admettre que je manquais de vécu pour le continuer.
Noël, je me sens las de n’avoir pas acheté de présents pour mes anges. Ce sera encore pire si elles débarquent chargées comme des mules.
Je remarquais vite qu’entre les visites de mes doux anges, le personnel, surtout féminin, était au petit soin pour ma personne. Chacun voulant déjà connaitre la suite. Malheureusement, côté vie amoureuse, c’était le calme plat, si loin de mes anges. À croire que ce maudit chef de clinique avait donné des instructions très strictes à mes anges sur le comportement à adopter. Au matin de mon troisième jour ici, je reçus une longue lettre de mes anges. Elles me confirmaient qu’elles avaient eus un long entretien avec ce chef de clinique autoritaire. Aussi, quand il vint me voir, lors de sa visite quotidienne, je le pris à part pour lui signifier clairement que j’allais passer outre ses directives arbitraires, quitte à me plaindre plus haut. Pour le lui prouver, je citais le médecin en chef des hôpitaux, un homme de ma ville. Sur mon ordinateur, je montrais cette adresse et ma plainte prête à être envoyée. Certes, je ne voulais pas faire de cette clinique un lieu de débauche, loin s’en faut. Mais jouir d’un peu de liberté était, pour moi, une règle.
- Je sais que vous n’oserez pas !
- Vous croyez ou vous le pensez ?
- Les deux !
- Eh bien détrompez-vous, il vient de partir.
- Non, c’est impossible !
- C’est pourtant la triste vérité. Ce que j’aime, sur mon ordinateur, c’est que je peux très facilement enregistrer notre discussion et la faire parvenir, aussi sec, à n’importe qui. Non, je plaisante, je ne l’ai pas encore envoyé, mais il est mémorisé et prêt à partir se perdre dans les méandres d’internet. Je ne demande rien de plus que de pouvoir jouir de mes visites comme bon me semble, rien de plus.
- Une chambre privée par exemple ?
- Non, je n’irais pas à demander l’impossible. Juste être sans aucune surveillance. Je déteste les fouineur et les branleurs de votre espèce qui juge, moralise et fait exactement le contraire une fois enfermé à double tour dans son chez eux. C’est assez clair comme ça ? Et ne me dites pas que vous ne m’******nez pas, on me l’a rapporté pas plus tard que ce matin.
- Mais…
- Bonne journée monsieur le moralisateur. Pensez à vous libérer l’esprit, à vivre vos fantasmes, vous verrez, c’est tellement bon. Ce doit être la cause du départ de votre compagne, enfin, je présume. Il ne m’a pas fallu des lustres pour vous comprendre. Vous êtes coincés, cela se voit, cela se sent. Je l’étais aussi jusqu’à ce que je rencontre un ange, une mère noël toute rousse. Elle, elle a su me ramener à la vie, la vraie. Même si je suis passé très près de la porte de sortie, la dernière, je suis prêt à recommencer sans compter. Je suis même prêt à y laisser ma vie si je peux faire trois heureuses. Excellente journée, docteur.
Il repartit bien droit et fière. Cependant, je devinais ses doutes, ses interrogations. Je l’avais piqué au vif, là où ça fait mal, à cette fierté si mal placée. Bref, un petit mail à mes anges pour leur signifier que tout était arrangé. Sur Skype, je reçus une réponse vidéo. Mes trois anges se filmant pendant leur nuit saphique. Une voix douce m’avertit qu’elles seraient là ce soir, pour le réveillon de noël et en mère noël, toutes les trois. Aussi, alors que je pédalais sur ce vélo de fitness devant un paysage entièrement recouvert de son manteau neigeux, je pris plaisir à me défoncer, à chercher l’extrême limite de mon corps. Dans ma poitrine, plus aucune douleur, j’en étais si ému que des larmes coulaient sur mes joues. Une douce main me les séchait, je l’embrassais tendrement. Une belle et sensuelle physiothé****ute se tenait près de moi. Dans cette salle, j’étais venu seul parce que tout seul justement. Elle était venue s’assurer que j’allais bien. En me regardant pédaler, comme pour m’encourager, elle me lisait des passages de mon manuscrit tel qu’il était en sortant du CHU. Elle savait parfaitement où appuyer sur les mots. Dans mon short, je retrouvais toutes mes sensations et bandais encore plus dur qu’avec ce médecin à la si jolie différence. Je me suis mis à penser à elle et son adorable petit pénis. J’avais une érection, une douloureuse érection sur cette selle.
Derrière moi, en silence, trois anges de beauté entraient. Des mains se posèrent sur moi, de douces mains avenantes. J’en termine avec ce vélo, mes jambes peinent à me supporter. Mes trois anges me ramènent en chambre, mon voisin n’est plus là. Je souris en m’imaginant passer cette nuit de noël avec mes trois amours. Après une douche en compagnie de ma mère noël, mes trois belles m’habillent en père noël. Je me rends au souper ainsi vêtu, en compagnie de trois mères noël. Autant dire que nous faisons sensation. Il ne me manquait qu’une hotte pleine de cadeaux. À table, c’est soir de fête, même si je suis à la diète, on me donne de quoi faire bombance. Il y a même un verre de vin rouge, mais un seul. Le repas se prolonge par des chants de circonstance. J’avoue que de savoir mes amours près de moi me rend particulièrement heureux. Je regrette et appréhende déjà ce moment où nous devrons nous séparer. Le chef de cette clinique n’est plus cet homme austère, il vient même me serrer chaleureusement la main, embrasser les joues de mes anges en nous souhaitant un joyeux noël.
La soirée se prolonge encore. On peine, en cette nuit de noël à aller se coucher. Pourtant, dans ma chambre, sans mon voisin rentré chez lui, avec mes belles mères noël, on s’adonne à des jeux autrement plus érotiques.
Voilà, depuis, j’ai quitté cette clinique devenue plus ouverte, surtout en ce qui concerne son patron. Je vis dans cette maison, j’écris ce que nous vivons, chaque nouveau chapitre est aussitôt envoyé à qui de droit.
Cela fait quoi, plus de ******* que cela dur et je suis devenu père de deux merveilleux petits bambins qui grandissent dans l‘amour de trois femmes exquises. Mes anges, je les aime tous les trois.
Ah oui, depuis cette clinique et une infirmière bienveillante, sur ses conseils avisés, je porte la barbe, elle est longue, blanche tout comme mes cheveux. Avec ça, je fais des heureux, un mois durant, chaque fin d’année, entouré par mes anges, dans ce centre commercial, celui avec sa boutique sulfureuse.
Bien à vous, on se voit à noël ? Enfin, si votre cheminée n’est pas obstruée comme certains esprits que je connais ?
5年前