L'infirmière
Souvent, les histoires parlent d'aventures sexuelles réussies, mais il ne faut pas oublier que pour beaucoup, il faut se taper pas mal de râteaux, pour connaître quelques succès. Dans la catégorie "humour", on pourrait en mettre quelques-uns, particulièrement carabinés.
A propos d’aventures ou d’expériences, aussi catastrophiques que pittoresques, je me rappelle une anecdote, digne des bronzés ou d’un scénario du même genre. Bien des années après, autant que ça en fasse rigoler quelques un(e)s…
J’avais 22 ans, marin sur un paquebot naviguant dans les Caraïbes, la nuit du nouvel an. Après avoir fait la nouba au carré du personnel, nous nous sommes retrouvés, une dizaine de copains et copines de l’équipage, à faire la fête dans la piscine du pont supérieur, désertée par les passagers pour raisons de sécurité (un peu de mer houleuse) et qui faisaient la bringue ailleurs.
Au bout d’un bon moment et après être tous passés dans la douche commune jouxtant la piscine, des couples s’étaient faits, je me retrouvais en compagnie de l’infirmière du bord (que je connaissais plus ou moins, ayant eu quelques fois l’occasion de converser avec elle, mais sans aller plus loin), charmante jeune fille à peine plus âgée que moi et lui proposais de la raccompagner. Elle parut enthousiaste et nous devisâmes agréablement, le temps de traverser presque tout le bâtiment et d’arriver à sa cabine. Je n’en menais pas large, me demandant quelle catastrophe allait me tomber sur le crâne, ou quelle millième bêtise allais-je encore commettre, et qui allait tout foutre par terre, comme cela m’était arrivé avec toutes les Demoiselles que j’avais tenté d’aborder depuis mes 15 ans. C’était pour moi la première fois que ça allait aussi loin avec une fille que j’avais tenté de draguer. Arrivé dans sa cabine, la Demoiselle s’allongea sur sa couchette, tout juste vêtue de son peignoir largement ouvert et de son string, me regardant avec un merveilleux sourire et m’invitant à me mettre à l’aise, elle avait apparemment l’air tout à fait coopérative.
Je me dis que c’était peut-être le moment de me déshabiller pour la rejoindre, ce qui n’aurait pris que quelques secondes. Je commençais à déboutonner ma chemise, quand j’eu l’idée, afin de meubler le silence que je trouvais gênant, de lui dire : « tu es si adorable, j’ai très envie de faire l’amour avec toi ». Grossière et dramatique erreur. J’avais pourtant toujours fait preuve de douceur, de délicatesse et du plus profond respect, mais en une fraction de seconde, elle s’était recroquevillée sur sa couchette, ayant troqué son expression sensuelle par un rictus haineux. Elle me dit en hurlant d’une voix agressive, presque hystérique : « Et bien moi j’ai pas enviiiiie ! ». Je restais deux secondes abasourdi, puis, voyant sa colère toujours intense, je trouvais la force de me retirer tout doucement, sans faire de gestes brusques, qui auraient pu être mal interprétés. J’avais eu l’impression d’être passé à deux doigts d’une accusation en règle de tentative de viol.
Quelques temps plus tard, lors d’une escale, je croisais une charmante demoiselle, qui me faisait visiblement de l’œil. Cette jolie brunette d’origine brésilienne fut d’un abord favorable, j’étais heureux d’avoir cru enfin pu réussir à draguer une Femme. Malheureusement, quand nous trouvâmes une chambre d’hôtel, la Demoiselle me fit comprendre qu’elle avait besoin d’argent. Je compris avoir eu affaire à une Dame plus intéressée par mes sous, que par ma petite personne. Toutefois, cela faisait des mois que je n’avais pas pu toucher une Femme, je me suis dit, pourquoi pas ? Sur le coup, je me suis félicité de ce qui apparaissait comme une bonne fortune, la Demoiselle étant visiblement une occasionnelle qui joignait l’utile à l’agréable et ne boudait apparemment pas son plaisir.
Trois jours plus tard, je constatais un écoulement blanc au bout de ma zigounette. Dans l’inconscience de la jeunesse, j’avais négligé les règles élémentaires de sécurité et j’avais visiblement attrapé une blennorragie. Heureusement que le sida n’existait pas encore ! Je me rendis au service médical du bord, pour consulter le médecin.
Première gêne, quand je vis que l’infirmière était là…
…mais il fallait bien se soigner. Je ne vous dis pas, l’impression d’horreur et de honte apocalyptique, pour le presque gamin que j’étais encore à l’époque, de devoir expliquer ma situation, avec un minimum de détails, puis de sortir mon truc pour le montrer au médecin, sous l’œil à la fois apparemment consterné et plutôt dégoûté de la Demoiselle… C’est vrai que pour les gens qui n’y connaissent rien et n’ont jamais été confronté aux rapports vénaux, ça doit être un peu spécial. Mais là, en quelques jours, l’infirmière découvrait que le jeune marin, avec lequel elle avait failli passer un bon moment, l’avait révulsé, en plus voyait des prostituées et pour couronner le tout, ramenait une maladie vénérienne (comme on appelait encore souvent cela à l’époque).
Le médecin m’examina, mais le problème était qu’il avait une personnalité un peu spéciale. Il s’efforçait d’afficher un comportement courtois avec les passagers, mais avec l’équipage, il se permettait des manières qui auraient fait rougir l’humoriste Bigard, même dans ses sketches les plus osés. Le docteur prit la parole de sa voix de stentor : « MAIS VOUS AVEZ ATTRAPÉ UNE CHAUDE-PISSE ! RASSUREZ-VOUS, CE N’EST PAS GRAVE, UNE INJECTION D’UN ANTIBIOTIQUE ADAPTÉ, ET VOUS SEREZ RÉTABLI DANS TROIS JOURS ».
J’étais de plus en plus gêné, l’infirmière me regardait, un sourire méprisant en coin, qui commençait à ressembler à un foutage de gueule en règle. Je précisais au docteur, que j’avais également des problèmes à la gorge et espérais que le traitement me soignerait là aussi. Il m’examina, puis il s’écria : « MAIS ON A FAIT AUSSI MIMI A LA DAME ? LA VACHE, ELLE VOUS A PAS RATÉ ! ». L’infirmière commençait à être prise d’un fou-rire, qu’elle avait de plus en plus de mal à réprimer. Je devais être rouge comme une tomate. Une fois l’injection faite, le médecin reprit la parole en ces termes : « FRANCHEMENT, VOUS ÊTES CON D’ALLER SAUTER LES FILLES EN ESCALE. ALLEZ VOIR CELLES DU BORD, ÇA MANQUE PAS ! ». Puis, d’un large et gracieux geste, désignant l’infirmière, il hurla encore plus fort : « PRENEZ MON ASSISTANTE, PAR EXEMPLE. ELLE EST JEUNE, BELLE ET ELLE N’ATTEND QUE ÇA ! QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ POUR LUI SAUTER DESSUS ? ».
L’infirmière fut visiblement partagée entre une certaine réprobation, mais depuis le temps, elle connaissait le toubib, et son fou-rire, qui ne la quittait pas. J’ai préféré la fermer, discrétion oblige, mais je me suis pensé « mon couillon, si tu savais, je ne t’ai pas attendu pour tenter de draguer toutes les Dames du bord, y compris ton infirmière, mais quand elles disent non, c’est non ».
J’étais mort de honte, inutile de vous préciser que l’infirmière ne m’a plus jamais adressé la parole, même pour me dire bonjour quand je la croisais par hasard.
A propos d’aventures ou d’expériences, aussi catastrophiques que pittoresques, je me rappelle une anecdote, digne des bronzés ou d’un scénario du même genre. Bien des années après, autant que ça en fasse rigoler quelques un(e)s…
J’avais 22 ans, marin sur un paquebot naviguant dans les Caraïbes, la nuit du nouvel an. Après avoir fait la nouba au carré du personnel, nous nous sommes retrouvés, une dizaine de copains et copines de l’équipage, à faire la fête dans la piscine du pont supérieur, désertée par les passagers pour raisons de sécurité (un peu de mer houleuse) et qui faisaient la bringue ailleurs.
Au bout d’un bon moment et après être tous passés dans la douche commune jouxtant la piscine, des couples s’étaient faits, je me retrouvais en compagnie de l’infirmière du bord (que je connaissais plus ou moins, ayant eu quelques fois l’occasion de converser avec elle, mais sans aller plus loin), charmante jeune fille à peine plus âgée que moi et lui proposais de la raccompagner. Elle parut enthousiaste et nous devisâmes agréablement, le temps de traverser presque tout le bâtiment et d’arriver à sa cabine. Je n’en menais pas large, me demandant quelle catastrophe allait me tomber sur le crâne, ou quelle millième bêtise allais-je encore commettre, et qui allait tout foutre par terre, comme cela m’était arrivé avec toutes les Demoiselles que j’avais tenté d’aborder depuis mes 15 ans. C’était pour moi la première fois que ça allait aussi loin avec une fille que j’avais tenté de draguer. Arrivé dans sa cabine, la Demoiselle s’allongea sur sa couchette, tout juste vêtue de son peignoir largement ouvert et de son string, me regardant avec un merveilleux sourire et m’invitant à me mettre à l’aise, elle avait apparemment l’air tout à fait coopérative.
Je me dis que c’était peut-être le moment de me déshabiller pour la rejoindre, ce qui n’aurait pris que quelques secondes. Je commençais à déboutonner ma chemise, quand j’eu l’idée, afin de meubler le silence que je trouvais gênant, de lui dire : « tu es si adorable, j’ai très envie de faire l’amour avec toi ». Grossière et dramatique erreur. J’avais pourtant toujours fait preuve de douceur, de délicatesse et du plus profond respect, mais en une fraction de seconde, elle s’était recroquevillée sur sa couchette, ayant troqué son expression sensuelle par un rictus haineux. Elle me dit en hurlant d’une voix agressive, presque hystérique : « Et bien moi j’ai pas enviiiiie ! ». Je restais deux secondes abasourdi, puis, voyant sa colère toujours intense, je trouvais la force de me retirer tout doucement, sans faire de gestes brusques, qui auraient pu être mal interprétés. J’avais eu l’impression d’être passé à deux doigts d’une accusation en règle de tentative de viol.
Quelques temps plus tard, lors d’une escale, je croisais une charmante demoiselle, qui me faisait visiblement de l’œil. Cette jolie brunette d’origine brésilienne fut d’un abord favorable, j’étais heureux d’avoir cru enfin pu réussir à draguer une Femme. Malheureusement, quand nous trouvâmes une chambre d’hôtel, la Demoiselle me fit comprendre qu’elle avait besoin d’argent. Je compris avoir eu affaire à une Dame plus intéressée par mes sous, que par ma petite personne. Toutefois, cela faisait des mois que je n’avais pas pu toucher une Femme, je me suis dit, pourquoi pas ? Sur le coup, je me suis félicité de ce qui apparaissait comme une bonne fortune, la Demoiselle étant visiblement une occasionnelle qui joignait l’utile à l’agréable et ne boudait apparemment pas son plaisir.
Trois jours plus tard, je constatais un écoulement blanc au bout de ma zigounette. Dans l’inconscience de la jeunesse, j’avais négligé les règles élémentaires de sécurité et j’avais visiblement attrapé une blennorragie. Heureusement que le sida n’existait pas encore ! Je me rendis au service médical du bord, pour consulter le médecin.
Première gêne, quand je vis que l’infirmière était là…
…mais il fallait bien se soigner. Je ne vous dis pas, l’impression d’horreur et de honte apocalyptique, pour le presque gamin que j’étais encore à l’époque, de devoir expliquer ma situation, avec un minimum de détails, puis de sortir mon truc pour le montrer au médecin, sous l’œil à la fois apparemment consterné et plutôt dégoûté de la Demoiselle… C’est vrai que pour les gens qui n’y connaissent rien et n’ont jamais été confronté aux rapports vénaux, ça doit être un peu spécial. Mais là, en quelques jours, l’infirmière découvrait que le jeune marin, avec lequel elle avait failli passer un bon moment, l’avait révulsé, en plus voyait des prostituées et pour couronner le tout, ramenait une maladie vénérienne (comme on appelait encore souvent cela à l’époque).
Le médecin m’examina, mais le problème était qu’il avait une personnalité un peu spéciale. Il s’efforçait d’afficher un comportement courtois avec les passagers, mais avec l’équipage, il se permettait des manières qui auraient fait rougir l’humoriste Bigard, même dans ses sketches les plus osés. Le docteur prit la parole de sa voix de stentor : « MAIS VOUS AVEZ ATTRAPÉ UNE CHAUDE-PISSE ! RASSUREZ-VOUS, CE N’EST PAS GRAVE, UNE INJECTION D’UN ANTIBIOTIQUE ADAPTÉ, ET VOUS SEREZ RÉTABLI DANS TROIS JOURS ».
J’étais de plus en plus gêné, l’infirmière me regardait, un sourire méprisant en coin, qui commençait à ressembler à un foutage de gueule en règle. Je précisais au docteur, que j’avais également des problèmes à la gorge et espérais que le traitement me soignerait là aussi. Il m’examina, puis il s’écria : « MAIS ON A FAIT AUSSI MIMI A LA DAME ? LA VACHE, ELLE VOUS A PAS RATÉ ! ». L’infirmière commençait à être prise d’un fou-rire, qu’elle avait de plus en plus de mal à réprimer. Je devais être rouge comme une tomate. Une fois l’injection faite, le médecin reprit la parole en ces termes : « FRANCHEMENT, VOUS ÊTES CON D’ALLER SAUTER LES FILLES EN ESCALE. ALLEZ VOIR CELLES DU BORD, ÇA MANQUE PAS ! ». Puis, d’un large et gracieux geste, désignant l’infirmière, il hurla encore plus fort : « PRENEZ MON ASSISTANTE, PAR EXEMPLE. ELLE EST JEUNE, BELLE ET ELLE N’ATTEND QUE ÇA ! QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ POUR LUI SAUTER DESSUS ? ».
L’infirmière fut visiblement partagée entre une certaine réprobation, mais depuis le temps, elle connaissait le toubib, et son fou-rire, qui ne la quittait pas. J’ai préféré la fermer, discrétion oblige, mais je me suis pensé « mon couillon, si tu savais, je ne t’ai pas attendu pour tenter de draguer toutes les Dames du bord, y compris ton infirmière, mais quand elles disent non, c’est non ».
J’étais mort de honte, inutile de vous préciser que l’infirmière ne m’a plus jamais adressé la parole, même pour me dire bonjour quand je la croisais par hasard.
8年前