Aïcha 2

On s’organise
On vient de fêter les 3 mois des bambins, Aïcha est resplendissante et paraît très heureuse, elle s’est très bien moulée dans le rôle de mère de substitution. Aujourd’hui, j’ai pris un jour de congé pour marquer cet anniversaire, j’ai pris soin d’acheter une petite délicatesse d’origine afghane Halal évidement, chez le traiteur juif du coin.
Nous sommes assis sur le canapé du salon avec une tasse de thé noir *1
Elle me dit, normalement, c’est aujourd’hui que devrait se pratiquer la circoncision d’Ali.
Je lui réponds qu’il n’y a rien qui presse et je n’ai guère confiance dans les imams installés ici, peut-être, ils sont en majorité bons, mais suffit de tomber sur le mauvais et sa vie, la mienne et celle de nos enfants sont en danger et que je ne crois pas que ce soit une catastrophe de repousser l’échéance à plus tard.
— Moi, la religion, j’ai plutôt tendance à l’éviter, donc je vais suivre ton conseil, c’est peut-être à cause d’elle que mon fiancé n’est plus là.
Sur cette déclaration, je vois ses beaux yeux s’humidifier et les larmes jaillirent.
Je pose ma tasse et ma brioche *2 et je me permets de la prendre dans mes bras en la serrant fort contre moi.
— Je comprends, des fois, pleurer un peu, soulage. Cela m’arrive souvent le soir quand je pense à mon épouse disparue.
— Moi, c’est de moins en moins souvent que je pense à Karim. Son image devient de plus en plus floue, mais sa présence me manque quand même me dit-elle en refoulant ses larmes. J’ai de la chance de t’avoir rencontré, si j’étais restée dans le milieu afghan, vivrai-je encore et qu’en serait-il de mon bébé. Je serais considérée comme une fille-mère, donc une putain que tout le monde peut utiliser alors que toi tu es très respectueux.
— Il ne faut pas leur en vouloir, il n’y a pas si longtemps, ce n’était pas bien de mieux ici. La religion musulmane n’est âgée que de 15 siècles environs et ici, vers le 15ᵉ siècle les mœurs n’étaient pas les mêmes que maintenant. On tuait pour un oui ou un non et souvent de manière assez horrible et presque toujours avec un fonds religieux, combien n’a-t-on pas tué de femmes âgées sous prétexte de sorcellerie pour les voler.
Sur ce, elle se colla contre moi et m’embrassa dans le cou. Ce fut un électrochoc, je ne m’y attendais pas. Très ému, je la serrai encore plus fort contre moi et je sentais sa poitrine, oppressée par l’émotion s’appuyer contre la mienne. C’était vraiment divinement délicieux. Le parfum de ses cheveux longs tillait mes narines.
— Merci, je lui ai dit, cela m’a fait beaucoup de bien de sentir ta présence féminine.
Simultanément, elle me regarde de ses beaux yeux noirs et elle me dit :
— Moi aussi, cela m’a fait du bien quand tu m’as serré contre ton cœur. Je l’entendais battre très fort.
C’est à ce moment que nos rejetons, ne voulant pas être mis sur le côté, manifestent violemment. C’est l’heure de la tétée, discrètement je m’éloigne pour lui laisser le champ libre pour s’en occuper.
— Non ! Reste je t’en prie qu’elle me fait en me tendant la main.
— Mais je ne voudrais pas être indiscret et choquer ta pudeur.
— Non, tu ne peux pas me choquer et c’est très naturel.
— Alors je reste.
Sans attendre, elle dégrafe son corsage et abaisse son soutien-gorge me présentant ses deux seins d’albâtre et elle place ses deux nourrissons un sur chaque sein. Je suis fasciné par le spectacle et à mon tour mes yeux se remplissent de larmes en pensant à Marie.
— Pourquoi tu pleures ?
— Je pense à ma pauvre femme qui devrait être à ta place et je suis tout triste pour elle.
— Tu penses qu’où elle est, elle est triste de me voir à sa place ?, enfin pas tout à fait.
— Je ne le pense pas, mais l’émotion est venue toute seule en pensant à elle.
C’est alors qu’Ali qui s’était un peu débraillé arrose tout autour, sans autre, je le prends et m’applique à le changer pendant qu’elle termine de nourrir ma fille. Un peu de talc et pour ses fesses rouges de la pâte de zinc, une couche en papier et le tour est joué, j’ai fini avant que ma fille finisse ses rôts et finalement je fais de même avec Ali en le mettant sur mon épaule en lui chantant « frère Jacques, frère Jacques… »
Aïcha me regarde toute étonnée que je m’occupe de son bébé. Elle n’imagine pas qu’un homme puisse le faire, dans la société afghane, c’est se déconsidérer qu’un homme joue à la nounou. Son regard est si plein de douceur que j’en suis presque gêné.
Le lendemain, je rapporte à la maison du travail pour être sur place, on s’est arrangé avec mes partenaires et le travail que je peux réaliser à la maison, je ne vais pas me déplacer au bureau.
Je m’installe à ma table de travail et étale un plan avec un ferraillage assez compliqué à réaliser, des nappes qui s’entrecroisent et la précontrainte qui doit encore passer à travers, je n’arrive pas à trouver le bon ordre de mise en place et dans ces cas-là, il vaut mieux donner la marche à suivre pour disposer les armatures car sinon, c’est soit qu’il en manque une partie avec l’excuse qu’on est pas arrivé à la placer soit on les coupe quelques-uns pour s’en sortir.
Aïcha me regarde amusée, me débattre avec ces schémas, puis me dit, en fait je crois que j’ai compris comment tu devrais faire.
Surprise oh surprise ! Et elle me démontre sans problème la suite logique de pose, tellement logique que je me demande comment je n’y ai pas pensé.
— Tu comprends quelque chose au béton armé et précontraint ?
— Non pas spécialement, mais quand j’ai vu comment tu cherchais à mettre tes armatures, je me suis intéressée à ce puzzle et ce n’était pas trop compliqué.
— Est-ce que cela te plairait d’apprendre le métier de dessinatrice constructrice ? Je pense que cela pourrait nous être utile.
— Pourquoi pas, je veux bien essayer.
— Est-ce que tu sais dessiner ?
— Oui, à Herat j’ai suivi l’école technique et là on avait des cours de dessins industriels. À voir, c’est pas trop différent de ce que j’ai appris.
— Demain, j’apporte le matériel nécessaire et on peut faire un essai, si c’est bon, on t’engage à mi-temps, ce qui te permettrait de rester à la maison, simultanément de surveiller les bambins et t’occuper si cela t’intéresse.
— Je veux bien.
— Mais dis-moi, tu as un métier ?
— Oui et non, j’ai appris un peu dans la climatisation, mais je n’ai pas pu finir mes études à cause de la guerre. C’était compliqué, j’ai commencé avec un maître qui venait de Russie, il était excellent, mais quand ils ont été chassés, c’était un Américain qui a repris la place, mais j’ai eu l’impression qu’il en connaissait moins que moi et que pour lui, c’était surtout un travail sans danger pensait-il, mais il a sauté sur une mine, après lui plus rien.
— Dans notre bureau, il y a aussi une partie qui s’occupe de climatisation, peut-être que cela pourrait les intéresser ?
— Je ne dis pas non, tant que je peux m’occuper des enfants.

L’engagement
Le lendemain au bureau, lors de la pose de dix heures entre les associés, je leur annonce ma trouvaille, enfin si on peut l’appeler ainsi.
— Pensez, je m..dais3 depuis une bonne heure, je ne trouvais pas comment réaliser ce nœud avec cet encombrement d’armatures. Elle sans problème, elle me les a mises dans le bon ordre. Je pense qu’elle est bourrée de talent, je proposerai de l’engager à mi-temps chez moi. Elle m’a également annoncé qu’elle avait fait des études dans la climatisation, je ne sais comment c’est là-bas, mais je pense que de faire un essai, c’est une idée valable.
— Oui, mais les textes.
— Les côtes, elle connaît les chiffres en français. Je prendrais un plan de béton armé et un plan de métal déjà faits pour lui expliquer les significations et comment traduire le résultat d’une note de calcul.
C’est quelques jours plus tard, alors que j’émergeais d’un demi-sommeil qui m’avait apporté la solution d’un problème de voilement de plaque pour un concours de pont ; encore dans mes cogitations, je rentre dans la salle de bain et d’un coup, je me réveille totalement ; Aïcha est sous la douche4, magnifique statue ; sa poitrine sans soutien-gorge d’allaitement, son ventre plat, son buisson d’encre cachant son intimité, ses jambes fuselées.
— Excuse, j’ai oublié de frapper à la porte et un peu honteux je retourne à la cuisine pour préparer le café.
Sans commentaire, naturellement elle vient s’asseoir pour déjeuner. Un peu gêné, je m’excuse de mon intrusion en lui expliquant que je n’étais pas bien réveillé, un problème avec le concours que nous faisons m’ayant pris l’esprit au réveil.
— C’est aussi de ma faute, j’avais qu’à fermer la porte à clé et c’est pas grave du tout, c’est tout naturel.
Le lendemain, j’ai fait bien attention de me lever en premier pour occuper la douche afin de ne pas faire un nouvel impair ; alors que sous la douche je clamais « Ô sole mio stanfronte a te Ô sole , Ô sole mio Stanfronte… »5, Aïcha ouvrit la porte à son tour, avec un sourire à la bouche.
— Mais non, tu n’es pas seul, je suis là ! En me regardant fixement de manière un peu coquine, peu pressée de quitter la salle de bain.
Après avoir fait mes ablutions, je m’apprête à aller déjeuner sans commentaire, elle avec un petit sourire :
— Match nul et je n’ai pas perdu au change.
— Arrête, tu vas me faire rougir, je suis presque une génération plus âgée que toi.
— Cela ne veut rien dire, ce que j’ai vu m’a l’air encore tout à fait bien.
— Merci du compliment. Au fait, j’aimerais t’inviter au bal des élèves ingénieurs électriciens, je ne suis pas un grand danseur, mais cela te fera un petit dépaysement, je me suis arrangé pour une baby-sitter.
— Là tu me prends au dépourvu, j’ai pas grand-chose à me mettre et ce n’est pas dangereux ?

— Pour les vêtements, regarde s’il y a pas quelque chose dans la garde-robe de Marie qui t’irait ou si tu préfères qu’on achète du neuf ?
— Oui, mais seulement si tu me paies le coiffeur pour une teinture et je vais regarder, mais cela me gêne un peu de prendre les vêtements d’une morte.
— Je comprends, on fera un tour dans les boutiques et c’est moi qui paie.
— Marché conclu qu’elle me dit en tapant de sa main droite ma paume droite, comme les ados.
Aujourd’hui, je vais faire un tour au bureau pour mettre la dernière main à notre projet et apporter les calques mis au net d’Aïcha. La finesse du dessin et la qualité en jette, certains qui étaient un peu opposés font petite mine.
— Au fait qui va au Balélec ?
— On y va tous.
— Alors vous pourrez faire connaissance avec ma petite protégée.
— Adrien, tu boucles le dossier de concours et tu l’apportes au bureau des autoroutes. Comme mot de concurrent pour du dossier, tu mets Aïcha.
— C’est le nom de ta protégée ?
— Oui et alors ?
— Elle est Afghane non ?
— Oui, mais encore là je ne vois pas.
— C’est la publicité autour de son nom, n’est-ce pas dangereux pour elle ?
— Je crois que tu exagères, il y en a beaucoup d’Aïcha, c’était la femme préférée de leur prophète. Non, je ne crois pas que cela ait un risque.
— Alors va pour Aïcha. J’espère qu’elle nous portera chance.
De retour à la maison, je prends Aïcha pour faire le tour des boutiques et un super-marché. Elle a vraiment un goût très sûr. De retour, je vois qu’elle déballe des serviettes hygiéniques, « tiens, les Anglais sont de retour ? » me dis-je.


Le Bal des électriciens.
Elle est resplendissante, d’une élégance folle, je crois que je vais tomber réellement amoureux de cette beauté. Marie, est un peu oubliée depuis le temps. Toute mon équipe est là, je lis dans les regards, plus d’un chargé d’envie à mon égard et cela va du compliment à presque de la flagornerie. Vraiment, je me constate que dans le cochon tout est bon, pour arriver à son but. Par contre, ils ne devraient pas oublier qu’elle a été élevée halal.
On commence doucement avec des danses classiques où je me débrouille pas trop mal et arrive la valse, ma danse préférée ; Là je me débrouille plutôt bien. Je guide ma cavalière avec sûreté et maîtrise.
Mais tout à une fin, voilà qu’arrivent les danses modernes pour ne pas dire sportives, c’est pas pour moi, je me suis arrêté à la rumba et le paso-doble. Zouk, jerck et autres me sont vraiment étrangers, je me sens un petit coup de vieux. Les jeunes remarquant mon manque d’entrain d’enchaîner sur du sportif en profite pour me la soustraire. Elle se débrouille vraiment bien, à croire qu’entre deux Salamalecs6 il y avait une vie. Peut-être qu’elle avait fait de la danse ? Il faudra que je lui demande.
« ouille le drame » Je vois un grand noir, le cul par terre ouvrant des gros yeux horrifiés et se tenant le pantalon. Il m’a bien semblé entendre un peu d’agitation, je vois mon Aïcha qui arrive toute énervée et furieuse.
— Vraiment, il y en a qui ne savent pas se tenir.
Je me renseigne un peu sur ce qui est arrivé.
— Mamadou a eu une conduite inconvenante et la baffe et le coup de pieds mal placé l’ont mis pratiquement KO. Il ne faut pas la chatouiller où il ne faut pas.
— Mais encore.
— Il a fait comme d’habitude, il s’est mis derrière et à frotter son bas ventre contre le dos d’Aïcha qui une première fois s’est dégagée en se retournant fâchée et cet imbécile a voulu continuer en lui mettant ses grosses pattes sur ses seins. Cela n’a pas traîné, la baffe, elle était d’anthologie, on aurait crû Serena Williams entrain de smasher son adversaire et le coup de pieds dans les roustons, c’était Thierry Henri lors de la coupe du monde, je crois qu’il doit les avoir dans les amygdales.
— Oups, j’espère qu’on est pas obligé d’appeler le Samu, cela ferait tache.
— Non, c’est bon, il s’en remettra et apprendra que tout n’est pas donné et à sa portée.
Sur ce Aïcha arrive à la table.
— Excuse, mais je ne supporte pas le cochon.
Étienne, l’apprenti :
— T’en fait pas, ce con, il l’a bien cherché.
Sur un ton un peu plus gêné, le professeur de matériaux :
— Ouille, c’est le fils de Tchumbé7, j’espère que cela n’aura pas de conséquence.
— Tchumbé, le tyran de Samora ?
— Bien oui, on est en affaire avec son gouvernement pour deux ou trois expertises très intéressantes sur les possibilités de minage dans son pays et son fils est en dernière année.
— Pour moi, je ne pense pas que cela ait conséquence, je ne travaille pas pour lui.
Finalement l’ambiance est plombée, Mamadou est toujours au sol se tordant de douleur, les mains enfouies entre ses cuisses. Je me dirige vers lui et lui demande s’il faut faire venir l’ambulance.
— Non, cela va aller, mais il est des tigresses qu’il ne faut mieux pas toucher, c’est ma faute.
— Après va t’excuser, normalement elle est très agréable à vivre quand on est correct.
Péniblement il se remet debout et vient s’excuser de son comportement.
— J’ai rien à ajouter, si ce n’est que j’ai été peut-être un peu trop fort, mais je ne supporte pas les goujats.
— Vous me pardonnez alors ?
— Tant que tu te tiens bien, c’est en ordre.
C’est reparti avec la musique et c’est un blues et là pour la détendre et la calmer, je l’invite à venir danser. Je vois bien qu’elle n’est pas trop enchantée, mais finalement elle se décide et après quelques pas elle vient se coller contre moi très chatte.
— Aïcha, pas trop, je n’ai pas envie que tu te fâches avec moi.
— Mais pourquoi.
— Tu es tellement belle et séduisante que mon corps risque de se comporter de manière inappropriée et j’ai pas envie de me retrouver dans une ambulance, dis-je avec un sourire en coin.
— Idiot, c’est pas la même chose, ce serait loin de me déplaire. Tu sais mon veuvage commence à me peser et je suppose que le tien probablement d’autant plus.
— Mais c’est presque une déclaration.
— Je suis bien obligée, vu que pour les premiers pas, ils sont bien hésitants de ta part, me dit-elle en passant ses mains derrière ma tête et en me tendant ses lèvres.
Vraiment, il y a des choses qu’il est impossible de refuser, elle se serre encore plus contre moi et le baiser, digne des meilleures films d’Hollywood, crée un état voisin de l’indécence au niveau de mon pantalon, la futée, elle s’acharne sur cette partie de mon corps qui se comporte de manière inconvenante en public. Je sens que je vais avoir de la peine à retourner à table.
On continue à s’embrasser à se frotter l’un contre l’autre, on joue même les prolongations et on évite de justesse les tirs au but.
— J’ai envie de rentrer à la maison, tous ces événements m’ont fatiguée.



Dénouement
— On va leur dire au revoir et on rentre, de mon côté, il y a aussi urgence.
— Idiot chéri me fait-elle avec un grand sourire.
De retour au bercail, après une bonne douche réparatrice que nous partageons. Elle se dirige vers sa chambre.
— S’il te plaît ne me laisse pas seul ce soir dans cet état de tension, viens dormir avec moi.
— Mais j’y compte bien, je vais seulement chercher de quoi me vêtir, … après…
— Je suis un idiot incorrigible.
— Peut-être seulement amoureux, en général dans ces cas-là, on est plus maladroit qu’à l’ordinaire.
Quand elle arriva en déshabillé…
Mon cœur a tapé plus fort que d’hab. C’était un vrai marteau piqueur. TOK ! TOK ! TOK ! *1
Certes je avais vu son corps, mais je ne l’avais que dévorée des yeux et encore trop rapidement. Je n’arrivais à croire que cette beauté allait me faire connaître le paradis sur terre.
Tel une liane, elle remonte le long de mon corps, le frôlant du sien, ses lèvres parcourent mes jambes, remontent mes cuisses, arrivent au droit de mon sexe, bandé comme un arc de Parthes *2, elle fait une petite pause pour reprendre son souffle, continue sa progression vers ma tête.
Elle s’allongea à mes côtés et me tendit ses lèvres et nous unissons nos bouches dans un baiser profond, j’aime son haleine fraîche à la saveur Colgate. Je ne peux m’empêcher de commencer à la caresser, son visage tout d’abord, puis arrêtant le baiser, rassasiées, mes lèvres se promènent sur son cou si délicat s’arrêtant derrière l’oreille que je mordille doucement ; dans le même temps, mes mains empaument sa poitrine, mais je ne veux pas trop titiller pour éviter de devoir réveiller les enfants si la source lactée se met en route.
Toutes fois, je ne peux éviter de goûter ces bourgeons si fascinants et je pose mes lèvres sur les tétons remplis de lait. Cela ne rate pas, je déclenche l’inondation du siècle. Ça y est je vais me remettre à biberonner grave.
Elle de son côté a pris en main mon imprimante 3D *3 et me murmure :
— Je te tiens et je ne vais pas te lâcher maintenant et se dégageant, elle me grimpe dessus et sans attendre, s’empale sur moi.
C’est chaud, délicieux, excitant, tout mon bas ventre participe à la fête, elle est déchaînée, un vrai ascenseur montant, descendant et remontant sur mon phallus tel un mobile perpétuel. Je sens les parois de son vagin, comprimant mon sexe comme une main de fer dans un gant de velours elle sait ce qu’elle veut et moi je me laisse guider tel la feuille dans la bourrasque.
Après le délire des premières minutes, la tempête se calme un peu, elle se penche vers moi, la lippe quémandeuse, la poitrine offerte à ma convoitise, mais ce qui m’intéresse, juste maintenant, c’est son petit bonbon d’amour que je trouve en interposant ma main entre son ventre et le mien. Délicatement, en rythme avec ses mouvements répétitifs, je le cajole avec les deux doigts en v.
La machine s’emballe la cadence s’affole, maintenant, en plus des mouvements en haut en bas, elle se bouge d’en avant à en arrière, à la recherche de sensations plus fortes. Je n’arrive plus à solliciter son clito, mais cela devient chaud pour ne pas dire brûlant. Je sens que mes testicules se contractent et je ne suis pas loin de ne plus pouvoir retenir mes troupes.
À force d’aller à l’eau, la cruche se casse et Aïcha, après un ultime enfoncement, s’affale sur moi, les yeux brillants d’amour. Je suis sauvé par le gong, c’est pas moi qui ai lâché en premier.
— Tu es un amant merveilleux, tu n’es pas encore venu, tu gardes bien tes forces.
Lentement, après avoir récupéré un peu son souffle, elle remet son mouvement en marche. Je sens qu’elle a vraiment envie que je me libère dans elle ; mais j’ai d’autres intention, peut-être que le cunnilingus n’est pas à la mode chez les Afghans et on va voir. Je me désengage doucement, mais fermement et la couche à son tour sur le dos, je veux l’explorer, et après avoir fait un bref arrêt au paradis et salué les deux saints, je continue mon escapade en direction du sud brûlant, Je m’attarde sur son nombril, centre du monde avant de continuer vers son trésor de corail.
— Non, je ne me suis pas rasée.
— J’espère bien que tu ne te raseras jamais. Ne commets pas ce sacrilège. Si tu te rases, c’est comme l’Amazonie après le passage des seringueros la forêt anéantie et il ne reste qu’une place déserte et triste ou comme le dit si bien Victor « Waterloo ! morne plaine ! Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine, Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons, La pâle mort mêlait les sombres bataillons. D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France. Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance »
Je commence à sucer ce bonbon d’amour, l’odeur et le goût me rappellent le passé quand je lichais mon épouse, là c’est plus épicé, j’aime beaucoup. Je prends ses lèvres d’amour pour lui faire un baiser profond, entraînant une valse de ses reins, ses deux mains fixent ma tête sur son nid et je m’applique à faire remonter la pression de cette merveilleuse machine non pas à vapeur, quoique, mais d’amour. Finalement, me prenant par les oreilles, elle me tire sur elle pour que je m’introduise dans son temple, elle veut que je jouisse en elle pour marquer notre union, afin qu’elle soit complète.
À telle demande je ne peux me soustraire, « frais tendu, rien n’est si chaud que le bas de ma femme »4, tel Hannibal Barca, je m’enfonce dans les délices de Capoue, pressentant que cette guerre est perdue et que très bientôt je devrais rendre les armes et arroser sa plaine du Pô. Encore un effort et je m’épanche dans mon nouvel amour. Amoureuse, elle me serre contre elle, ses jambes passées sur mes reins, malgré une diminution de la « pureté de mon dollar »5, nous restons encastrés l’un dans l’autre, le temps qu’elle trouve mon poids désagréable.
Nous nous désunissons et elle vient se blottir dans mes bras, plaçant ses cheveux à l’odeur du bois de santal sous mon nez et son joli fessier tenant mon organe au chaud. Nous nous endormons, apaisés et repus.

Cette nuit, j’ai oublié Marie, la différence d’âge, tout et je crois qu’elle aussi. Elle m’a avoué qu’elle était tombée amoureuse très rapidement, mais qu’elle ne savait comment faire pour que ce soit réciproque8.
Le lendemain, je me suis précipité chez un joaillier et lui ai acheté une bague de fiançailles.
— Veux-tu être ma femme, je ne sais ce qu’il faut faire pour y arriver, mais je crois que je ne pourrais plus vivre sans toi.
— Oui iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii9 ! Me répondit-elle en se jetant dans mes bras.
Deux jours après, à peine remis de nos émotions, voilà que Fleurop frappe à la porte avec un magnifique bouquet de roses et une carte :
« Pour me faire pardonner Mamadou »
Là, il y va fort le Mamadou en question. Enfin, je sais que même si son pays est un des plus pauvres, il y en a quelques-uns qui ne sont pas à plaindre.
Rouge de plaisir, Aïcha est sensible à cette marque de politesse, mais moi, je ne sais si c’est la jalousie, mais je n’apprécie vraiment pas. Enfin on verra bien.
Le bouquet de rose trouve vite le vase qui convient et il trône au milieu de salon. J’espère qu’il sera bientôt fané. Il faut dire que je me sens un peu en faute, je ne lui ai jamais offert de fleurs et encore moins de roses, alors qu’elle m’a offert la sienne. Ce n’est pas que je veuille copier Jacques Brel en pensant que les fleurs sont périssables, mais quand même un peu, c’est pas trop dans mes habitudes.
Comment a-t-il fait pour connaître notre adresse ? Cela ne me plaît pas. Bon, c’est vrai que je ne suis pas un illustre inconnu.
Pour le mariage, je ne sais comment faire avec sa famille. Je lui pose la question si on fait venir des membres de sa famille.
— Je suis indécise, tant pour père que pour mère et même pour mes frères et sœurs, à cause de la religion.
— Peut-être le mieux serait de leur poser la question, comment ils voient la chose et ensuite on avisera, écris-leur pour voir leur réaction. Connaissant la Suisse, probablement que je devrais faire un certificat d’hébergement et d’assistance médicale, mais ce n’est pas un problème, juste qu’ils précisent qui et combien de temps.
Quinze jours après, on a la réponse, c’est à vingt qu’ils veulent venir et ils ne précisent pas la durée.
J’y vois un petit problème, le logement, à la rigueur, mais cela va faire un certain trou dans le budget, mais supportable, par contre pour la durée, il faut que je voie avec la police des étrangers.
Je m’en ouvre à Aïcha :
— Tu penses quoi des parents qui veulent venir ?
— C’est bien.
— Oui, mais pour la durée, tu penses qu’ils vont essayer de demander l’asile politique ? Ce qui est sûr, c’est que les vingt, je ne pourrais pas les héberger ad æternam10, il faut qu’ils précisent la durée pour obtenir le visa, on va essayer d’atteindre ton père ce soir.
Ce fût fait et finalement on s’est limité à 15 jours et leur laissant un peu de temps pour faire du tourisme.
L’arrivée de la tribu Alkabir à Genève-Cointrin ne passa pas inaperçue, Pour simplifier, j’avais loué un petit autobus, ce qui nous a permis d’arriver rapidement au village où je m’étais arrangé avec le syndic pour avoir les locaux qu’ils mettent d’habitude à disposition pour les cours de répétition.
— Je m’excuse de ne pas avoir de meilleurs logements, mais avec autant de participants, c’est pas évident pour la Suisse, voilà Hans, le cousin d’un de mes employés qui vous servira d’intendant et de cuisinier, n’hésitez pas de lui demander ce qui vous manque, il se fera un plaisir de vous l’apporter dans la mesure du possible. Aïcha fait la traduction en Dari
Là, le chef de la tribu, le père d’Aïcha, Arian, s’exprime en anglais :
— C’est très bien, il y a tout ce qu’il faut.
Les laissant visiter, je rentre à la maison avec Arian et Aïcha.
— Mon futur gendre, raconte-moi un peu comment cela s’est passé. Cela fait plus d’une année et demis que notre Aïcha a quitté notre maison, avec ce qui devait être son époux et on la retrouve sur le point de se marier avec un autre homme et avec un enfant.
— Je crois que ce serait plus simple qu’elle t’explique.
— Non, je veux entendre ta version en anglais ce sera suffisant.
Alors je lui résume notre vie depuis notre rencontre :
— Voilà, j’étais marié à une autre femme qui m’a fait une fille, mais elle est morte en couche en même temps qu’Aïcha mettait au monde Ali. Ce concours de circonstances a fait que je cherchais une nourrice pour ma fille et Aïcha cherchait un toit ce qui a fait que depuis ce temps elle vit chez moi. Petit à petit on s’est apprécié de plus en plus, enfin moi, comme elle s’occupait si bien des enfants et du ménage, sans aucune remarque désagréable, tellement fréquente chez les autres couples que je connais. Finalement il y a eu un bal de l’école polytechnique qui a été le déclenchement ou plutôt l’étincelle qui a fait éclore au grand jour notre amour, très rapidement, on a bien vu qu’on était fait l’un pour l’autre, enfin c’est mon point de vue.
— C’est beau, mais tu n’es pas musulman.
— J’ai cru comprendre que votre famille ne l’était pas non plus. En fait, actuellement, la religion subit un recul très fort, de plus en plus chacun a la sienne en prenant le meilleur de chacune.
— Alors c’est très bien. Ma fille as-tu quelque chose à ajouter.
— Comme tu le sais, je suis partie avec Ashkan où nous devions nous marier en arrivant en Europe, mais la route est longue et après une semaine, je me suis donnée à lui devant ses insistances, résultat je suis tombée enceinte. Nous sommes restés plus d’une demi année dans un camp de réfugiés où Askan a d’un coup disparu. On m’a dit qu’il avait été emmené par deux hommes armés et qu’il était bien possible qu’il soit mort. Ensuite j’ai réussi à partir pour la Suisse où j’ai été admise comme réfugiée politique, même si je n’ai jamais fait de politique. Peu après, j’ai été amenée en urgence à la maternité où j’ai accouché d’Ali et à partir de ce moment, notre histoire est confondue.
— Je vois que finalement tu as eu beaucoup de chance et je suis content et fier pour toi. Je ne sais comment se passe un mariage, mais à tout hasard, j’ai pris le livret de famille.
— Tu as fait très bien, il faut encore que je trouve un traducteur officiel, ce qui n’est pas courant, je vais demander à l’ambassade à Berne qui peut s’en charger.
— Ou bien à l’université, il y a peut-être une piste, j’ai une connaissance à la chaire des langues.
Le mariage est prévu dans une semaine, rendez-vous pris avec l’officier d’état civil et le professeur nous a promis de faire le nécessaire si Aïcha peut l’aider éventuellement, car il n’est pas trop habitué aux termes administratifs afghans, mais le tampon de la faculté devrait être suffisant.
Entre temps, nos quinze invités sillonnent le pays avec le car que j’ai loué à cette occasion. Aïcha fait la guide. Chillon, le Chablais, les Diablerets, le télécabine du glacier, l’Abbaye de St-Maurice, Les gorges de l’Orbe, les vignes de Neuchâtel et le milieu horloger de la Vallée de Joux, Genève avec son jet d’eau.
Le soir, ils rentrent heureux, mais harassés de km et de visites.
Enfin le grand jour arrive et c’est la cérémonie civile du mariage, il n’y en aura pas de religieuse, Tant Aïcha que moi, nous n’y étions pas attachés et même son père aurait eu de la peine à trouver un prêtre et une église de Zoroastre.
Ça y est on est uni pour le meilleur et j’espère pas que le pire arrivera.
J’ai loué pour l’occasion un chalet dans les contreforts du Jura et là on a fait le banquet, le traiteur a accepté de nous louer un cuisinier pour faire les méchouis. Tout se passe bien et nos deux bambins font l’attention de tout les participants.
Pendant la semaine, la mère d’Aîcha lui demande si elle ne pourrait pas rester pour s’occuper un peu de son petit-fils et du mien par la même occasion, Arian étant d’accord.
Après visite à la police des étrangers, la demande fut bien accueillie, il faut dire qu’il y a peu de chance qu’elle pose problème. Je vois mon Aïcha dans une vingtaine d’années et je trouve que ce sera super.
発行者 Vopicek
5年前
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