La Bergerie
La bergerie, publié par Gus Solo
Je ne suis plus sur Facebook depuis *********, ce site m’a écœuré, j’y ai juste appris ce qu’était le point Godwin et l’étendue de la connerie humaine. Bref, ça m’a vite gavé… Mais ma chérie y est toujours, elle me dit qu’à condition de ne rien forwarder et de ne pas prêter attention aux polémiques, c’est supportable… et puis c’est un moyen pour elle de rester en contact avec sa famille…
Un jour, en parcourant son fil d’actualité, elle lit qu’une « amie » qui vient de déménager cherche quelqu’un qui pourrait réinstaller son home-cinéma, et comme je suis régisseur de spectacle (technicien son et lumière quoi…), elle me demande si ça pourrait m’intéresser…
Ici, une petite parenthèse : je ne suis plus actif dans le domaine depuis quelque temps, j’ai attrapé la maladie occidentale du 21e siècle : un « burn-out ». Je ne rentrerai pas dans les détails, mais pour résumer, je ne suis pas indestructible et après ***** d’insistance de mon médecin, j’ai fini par accepter un congé de maladie… le souci, c’est qu’on sait quand ce genre de congé commence, mais c’est très difficile de savoir quand ça s’arrêtera… Depuis, je végète en râlant et j’essaye de tourner la page. Mais là, puisque c’est ma chérie qui me demande si ça m’intéresse, j’y réfléchis quand même un peu sérieusement.
Ici, une deuxième parenthèse : ma chérie, mon amour, ma femme à moi est une fille extraordinaire au sens propre du terme, elle est très ouverte d’esprit et presque aussi branchée « cul » que moi… Nous sommes des jeunes quinquas et nous nous sommes rencontrés il y a une bonne dizaine d’années, nous avons tout de suite eu beaucoup de complicité et nous veillons amoureusement au bonheur de l’autre, y compris bien sûr sur le plan libidineux, mais sans pour autant attendre d’exclusive.
Sur un plan théorique, nous étions libertins dans l’âme depuis toujours, mais nous n’attendions que d’être ensemble pour passer à la pratique… depuis, nous avons rencontré un bon nombre de couples libertins et comme mon amoureuse est bisexuelle depuis toujours, nous rencontrons exclusivement des couples dont la dame est bi… Rassurez-vous, je ne m’étendrai pas plus sur notre exploration des chemins de traverse, cette parenthèse n’avait d’autre but que de vous présenter la particularité du lien qui nous attache… et aussi pour glisser parmi ces mots que cette fille a été essentielle à ma survie…
Quand vous allez au boulot avec l’envie de vous y pendre et qu’on vous arrête juste avant le passage à l’acte, vous avez tout intérêt à avoir près de vous quelqu’un qui vous soutient, sinon il n’y a aucune chance de « guérison »… Donc, attentive comme elle est à ma petite santé mentale, elle veille régulièrement à me tendre des perches pour me sortir des sables mouvants dans lesquels je sombre régulièrement… s’occuper gracieusement d’un problème technique domestique permet de se revaloriser facilement et de se retrouver un peu d’utilité. Enfin, quand le cœur y est.
— Un home-cinéma ? C’est pas très compliqué, je peux lui faire un schéma, je veux bien qu’on puisse se demander quel est le câble qui va où, mais avec un plan ça devrait aller.
— Tu sais bien que tout le monde n’est pas technicien, elle va s’embrouiller, c’est sûr…
— Mais non, je sais bien qu’on a appris aux filles qu’elles n’y pigeaient que dalle, mais s’il y en a quelques-unes dans la station spatiale internationale, c’est sans doute qu’il n’y a rien d’exclusivement masculin dans la technologie.
— Allez, quoi, vas-y, qu’est-ce que ça te coûte ?
— C’est où ?
— À Machinville…
— Et j’y vais comment ? Y’à même plus de bus ou de train jusque-là…
Re-parenthèse (oui, c’est la troisième, et alors ? Si mon style vous gêne, vous n’avez qu’à lire un autre texte, vu ?… Parenthèse donc) : je n’ai pas mon permis de conduire, je suis trop « contemplatif » (comprenez « distrait ») pour arriver à me concentrer sur la route, et puis y’a trop de véhicules sur les routes, et pas que des petits, et puis c’est dangereux… voilà !
— Je te conduirai s’il faut, tu ne veux pas au moins en parler avec elle ?
— Allez, d’ac ! Passe-moi la tablette.
Je parcours en diagonale le profil d’une trentenaire en couple et qui ne montre que des photos de son visage… quand on a l’expérience des sites de rencontres, on comprend très vite que quand une personne, et singulièrement une fille, ne met que des photos de son visage sur son profil, c’est qu’elle n’aime pas son corps, et en général ça veut dire qu’elle se trouve grosse… mais je m’en fous, « tronche-bouquin » n’est pas un site pour adultes et je ne suis pas à la recherche de partenaires de jeu… par réflexe machiste je me dis que son mec pourrait bien s’en occuper et puis, en me rappelant les dizaines de bricolages hasardeux que j’ai dû corriger, je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal qu’il n’y touche pas, il y a quand même un tas de mecs qui ont deux mains gauches…
Mais avec un schéma ? … J’ouvre la messagerie :
— Salut, je suis le mec de Pat, elle a lu ton appel à l’équipe pour la réinstallation de ton home-cinéma, ça tient toujours ?
— Salut, oui, merci, t’es le mec de qui ?
— Du profil dont tu reçois ce message…
— Ah oui, d’accord, tu n’as pas un profil ?
— Si, mais je boycotte FB depuis des années, si tu veux mon profil est « gus-tave », mais il n’est plus à jour depuis belle lurette, ne me contacte pas par là, il n’y a aucune chance que je te réponde.
— OK, t’es électronicien ?
— Non, je suis technicien du spectacle, photographe, obsédé sexuel non-pratiquant et branleur invétéré… ça aide ?
— Hihi… ben, la première partie peut-être, le reste je ne suis pas sûre… (smiley clin-d’œil)
Ma chérie, qui lit par-dessus mon épaule, me fait remarquer que je suis limite agressif, elle me suggère de me calmer, cette nana ne m’a rien fait…
— Ma chérie me fait remarquer que mes propos sont un peu rudes, je ne voulais pas te heurter, c’est juste que je suis dans une phase particulièrement misanthrope…
— Ah bon ? Je trouvais ça plus marrant que rude, surtout ta religion… (smiley-qui-rit)
— Ouf, je préfère que tu le prennes comme ça…
— Oh moi, tu sais, je prends tout ce qu’on me donne, sauf les coups de bâtons bien sûr, quoique… faut voir comment c’est proposé… (smiley clin-d’œil)
Elle a une jolie répartie, j’aime bien les filles qui ont du répondant…
— OK, je note : pas-de-coups-de-bâton… (smiley sourire)
— Note aussi : ou-alors-bien-proposés… (smiley qui-rit)
— Dis, je ne voudrais pas tomber dans des préjugés, mais si je fais un schéma, ton mec ne pourrait pas faire les branchements ?
— Qué mec ?
— Celui de ton statut, par exemple… (smiley étonné)
— Je suis célibataire depuis peu, c’est pour ça que j’ai déménagé d’ailleurs, mais je n’ai pas encore changé mon statut… (smiley confus)
— OK, comment fait-on ? Je peux me libérer facilement, mais il n’y a ni train ni bus jusque chez toi…
— Pas de voiture ?
— Pas de permis…
— Je peux venir te chercher… quand veux-tu ?
— Après-demain ?
— OK
On s’arrange pour l’adresse et pour l’heure du rendez-vous, on s’échange nos numéros et la conversation s’arrête là… on en discute avec Patricia.
— Tu la connais d’où, cette nana ?
— C’était la femme de Pierre Truc, mon collègue de quand je travaillais chez Chose & Co…
— Qui ?
— Oh, un pénible doublé d’un vrai con… Mais sa femme est très sympa, elle a beaucoup de charme et si je n’avais pas eu comme principe de ne jamais mêler le boulot et le cul, je l’aurais bien barbotée en douce… hihi, depuis on est vaguement resté en contact.
— C’était il y a longtemps ? Parce qu’il se pourrait bien qu’elle ait un peu changé depuis…
— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
— Sur son profil, elle ne montre que son visage, ce n’est pas bon signe, elle a peut-être grossi.
— Ah, elle n’était déjà pas très mince à l’époque, mais ça n’enlevait rien à son charme… je l’aurais bien bouffée toute crue…
— Pat ?
— Oui ?
— J’adore que tu sois une cochonne… je t’aime…
— Hihi… Moi aussi.
En lui ouvrant la porte le surlendemain, je ne la reconnais pas tout de suite. Sans doute parce que je m’en étais fait une idée plus « volumineuse »… En réalité, elle est petite, assez jolie sans être mon style et toute souriante dans sa très sage robe à fleurs. J’avise la hauteur des talons, la transparence de ce qui doit être un panty et je crois que si je ne m’étais pas rappelé notre rendez-vous, j’aurais pu la rembarrer comme une vulgaire témoin de Jéhovah.
Elle entre dans le salon et au passage regarde longuement les images que j’expose chez moi. Je ne suis pas narcissique au point de regarder mon travail à longueur de journée, mais ces quelques tirages-là ont été exposés et bien que ça soit des nus fétichistes, ces images restent socialement acceptables…
— Elles sont belles, ces photos…
— Merci.
— C’est ton travail ?
— Oui…
— C’est impressionnant… cette fille enchaînée nue entre deux pilasses, c’est terrible… c’est à la fois érotique et un peu effrayant, j’adore…
— Merci, mais n’en jette plus, je vais rougir…
Je lui propose le divan et Pat nous rejoint. Les filles entament une longue conversation… ça se raconte des souvenirs de leur dernière rencontre à une fête d’entreprise… et puis des collègues de l’ex-mari… et des enfants et du déluge, etc. Je me sens un chouïa invisible… je propose un verre, mais Lucia refuse, elle est vite pompette et on a une petite heure de route… je suggère un café, mais je n’arrive plus à faire valoir ma proposition dans ce déballage enthousiaste de souvenirs divers… alors je me fais un café que je bois tout seul.
— Eeeh ! Tu bois du café, toi ? Tout seul, comme un égoïste ?
— Bah, j’ai bien essayé de vous en proposer, mais depuis que Lucia est là, c’est la démocratie ici, je n’arrive plus à me faire entendre… heureusement que parler ne bouche pas le nez, sinon le kawa aurait refroidi sans vous…
On sert deux tasses de plus et puis on arrive enfin à parler à trois, elle est divorcée depuis *****, mais son mari « campe » dans leur maison, pour lui il n’est pas question de la lui laisser… alors qu’en fait il ne l’a pas choisie, n’a pas arrêté de la critiquer de la cave au grenier et n’y a jamais rien foutu, même pas tondre une seule fois la pelouse… Bref, c’était la guerre et Lucia se félicitait qu’ils n’aient pas fait d’enfant… s’écharper pour des briques, c’est déjà grave, mais pour des enfants c’est carrément pathétique…
Étant donné mon expérience personnelle, je ne peux qu’abonder dans son sens, la procédure de divorce de mes propres parents a duré plus longtemps que leur mariage, et justement pour une question de briques… Depuis, je n’ai jamais réussi à croire que « amour » puisse rimer très longtemps avec « toujours », donc je n’ai pas fait d’enfants et j’ai acheté ma maison tout seul… C’est peut-être une modeste bicoque, mais je n’aurai jamais à la disputer à personne… C’est aussi la leçon qu’elle avait tiré de son divorce puisque finalement elle avait décidé de vendre la maison et de se racheter une petite chaumière à la campagne pour elle toute seule… elle est très heureuse de sa « bergerie » comme elle l’appelle, et elle se réjouit de finir de s’y installer.
La conversation dure un bon moment, si bien que les heures passent et que le temps imparti à l’installation du système audio de la Lucia se réduit comme peau de chagrin… on décide de prendre la route et les filles se disent au revoir et se promettent de se revoir très vite. Je saisis ma boîte à outils pour la suivre dans sa voiture, mais ma chérie me retient le bras, arbore son sourire du dimanche et me dit :
— Viens un peu ici toi… je crois que tu n’as pas pensé à tout…
— Je n’allais pas partir sans t’embrasser va…
— Je ne parle pas de ça… tu ne prendrais pas ton appareil photo ?
— Euh… pour quoi faire ?
— Tu ne cherchais pas une fille pulpeuse pour une série d’images ?
— Si, mais je ne crois pas que mon style la brancherait, toi bien ?
— Tu as déjà eu un modèle qui n’aimait pas ton style ?
— Non, c’est vrai… mais mes modèles étaient demandeuses…
— À mon avis, il y avait comme une pointe d’envie dans son commentaire de tout à l’heure, je suis sûre que ce n’est qu’une question d’occasion.
— De toute façon, on n’aura pas le temps, compte deux heures pour l’installation plus deux heures de trajet aller-retour et on sera déjà aux alentours de huit heures…
— **** là-bas si tu veux, ça te laissera plus de temps…
— C’est ça, je vais dormir là-bas sans toi… t’as qu’à venir, toi, tu me ramèneras…
— Pas ce soir, j’ai resto avec ma sœur et mon père, je vous rejoindrai demain si tu restes là-bas…
— Mouais… on verra, mais j’ai un gros doute, en plus je suis super remonté pour l’instant, tu dis toi-même que je suis agressif… ça sera déjà bien que je ne me fasse pas jeter sur le trajet…
— Hihi, idiot ! Allez, tiens, voilà ton sac photo, bon travail…
On se quitte et elle me suit du regard pendant que je descends les escaliers pour rejoindre Lucia…
Porte fermée : check !… Ceinture attachée : check !… Le moteur démarre et nous voilà partis, on fait coucou à Patricia en passant…
Je n’ai peut-être pas mon permis de conduire, mais ça ne m’a jamais empêché de faire des kilomètres. Je suis sûr que j’ai fait plus d’une fois le tour de la terre en voiture sans jamais avoir touché un volant… de la voiture sans les mains, quoi… Il faut dire que quand on est régisseur et qu’on travaille avec des groupes un peu intéressants, on a vite l’occasion de faire pas mal de tournées. J’ai donc pu admirer les paysages d’une belle partie de l’Europe et je connais certaines routes de France presque par cœur… sans compter qu’avant toutes ces tournées, j’avais déjà pas mal voyagé en stop… Bref, tout ça pour dire que malgré ma phobie du volant, j’aime la route. Quand on ne conduit pas, c’est très relaxant et c’est l’endroit idéal pour faire connaissance. Vous avez l’excuse de la brièveté de la rencontre pour pouvoir être indiscret et parfois vous pouvez mieux connaître un automobiliste en une heure de route que votre voisin en *******…
Mais là, je regarde un paysage mille fois vu et revu et je ne dis rien, je me sens vaguement de mauvaise humeur… J’ai un peu l’impression d’aller travailler or, pour le moment, je suis psychologiquement allergique au mot « travail » et alors que je n’aurais sans doute rien fait chez moi aujourd’hui, tout d’un coup, puisque je « dois » aller « travailler » je pense à toutes ces choses que j’aurais pu faire à la place… vous avez dit contradictoire ?
Pour une fois, c’est l’automobiliste qui pose les questions…
— C’est un appareil photo ?
— Oui…
— Tu comptes faire des photos ?
— Non, je lui fais faire sa petite promenade…
— Ça lui fera une chouette balade, c’est joli chez moi, il pourra même piquer une tête dans la pataugeoire s’il veut…
— C’est gentil, mais il n’a pas son maillot, t’aurais dû prévenir…
— Bah, ce n’est pas grave, il n’y a pas âme qui vive à un kilomètre à la ronde et j’en ai déjà vu d’autres… il fera sans, qu’il ne se gêne surtout pas…
— Vous êtes bien imprudente mademoiselle (je fais comme si c’était mon sac qui parle), vous laisseriez un appareil photo inconnu se balader chez vous dans le plus simple… appareil ?
— Vous n’êtes plus tout à fait un inconnu, cher monsieur (elle répond au sac), je sais où vous habitez… et puis vous n’allez pas me violer, si ?
— Aucun risque, je ne bande que pour les salopes… et puis le viol, c’est fatiguant, surtout tout seul…
— C’est quoi une salope, monsieur ? J’en suis peut-être une, comment savoir ?
— Une salope, c’est une fille qui met des décolletés trop profonds, des jupes trop courtes, des talons trop hauts, jamais de culotte et qui ne pense qu’à baiser… vous voyez ? Vous ne risquez rien…
— Tant qu’on est dans la voiture en tout cas… hihi, non, mais sérieux, tu l’as toujours avec toi ?
— Sûrement pas… il y a longtemps, j’ai vécu pendant quelques années avec l’appareil au cou et dès qu’il se passait un truc, je déclenchais… des musiciens au coin d’une rue ? Photo… un gamin qui souffle ses bougies ? Photo… mes potes qui font « tchin-tchin »… Photo… un chien avec un chapeau ? Photo… Bref, il y avait toujours quelque chose entre ma vie et moi… et quand je me suis rendu compte que l’appareil me gâchait les bons moments, je l’ai rangé et ça m’a soulagé.
— C’est vrai, je n’y avais jamais pensé… Pour une fille, un photographe c’est une idée romantique, c’est un magicien…
— Un magicien ?
— Ben oui, en un coup de baguette magique, il vous rend belle…
— Bah, on y est pour bien peu de chose, toutes les femmes sont belles…
— C’est ça, vas-y jettes-en encore, dragueur…
— Je n’ai pas dit que j’ai envie de toutes les femmes, hein ! Je parle de l’usage de ce pouvoir qui s’appelle « charme » et que nous autres mâles nous appelons « bèèèèllllle » tu vois ce que je veux dire ?
— Euh… oui, vu comme ça…
— Maintenant il y a des femmes qui ne veulent pas être « belles » et c’est leur droit, elles considèrent que c’est une forme de soumission, que ce n’est pas une manière digne de communiquer, elles se sentent dévalorisées, ******ilisées, réduites à l’objet à cause de leurs charmes… mais à mon sens, elles ont tort, le charme est un vrai pouvoir devant lequel la force se fait souvent toute petite…
— Ah, mais j’ai carrément un philosophe dans ma voiture aujourd’hui… Alors, mesdames et messieurs (elle parle à son rétroviseur comme si c’était une caméra) aujourd’hui je reçois sur le plateau Monsieur Gus, philosophe-photographe… à moins que ce ne soit le contraire ? Enfin bref, première question, cher maître : pensez-vous que « Gus » soit un nom très sérieux pour un philosophe ?
— Pas du tout, chère madame, et je vous remercie de me poser la question… Bien sûr, j’ai d’abord essayé de devenir clown, mais je n’avais pas le niveau intellectuel requis… il ne me restait que le choix entre philosophe et homme politique… mais dans « homme politique » il y a plusieurs mots, alors que dans « philosophe » il n’y en a qu’un tout seul… c’est plus facile à retenir… C’est comme ça que j’ai connu ma vocation…
— Non, mais blague à part, c’est gentil ce que tu dis… tu dois tomber les filles avec tes flatteries…
— Même pas, la plupart décrochent avant la cinquième phrase, après quoi elles sont beaucoup plus intéressées par le connard arrogant d’à-côté… il est con, mais il est grand et il ne se pose pas trop de questions, c’est plus reposant sans doute…
Elle me regarde fixement et un peu trop longtemps à mon goût, j’aime bien la route, mais pas les fossés qui la bordent, je préférerais qu’elle regarde la route…
— T’as raison, on est conne parfois…
— Je ne crois pas que ce soit une question de connerie, c’est le plus vieux contentieux de la guerre des sexes… faut-il mêler ses gènes à ceux du gros costaud qui chasse parfois de très grosses bestioles ou bien à ceux du petit maigrichon qui sait toujours où trouver des fruits ? Comme tout le monde ne peut pas être un mâle alpha, et il ne reste plus aux maigrichons qu’à rêver à une bonne petite maigrichonne, si possible un peu cochonne et qui aime les fruits…
— J’aime bien les fruits… c’est très bon pour la santé… hihi, t’es végan ?
— Pas du tout, c’était une image, chère madame… je fais semblant d’ouvrir un carnet et de noter :
— Ne comprends pas vite, mais aime les fruits… je relève la tête, quels genres de fruits ?
— Oh moi, je ne suis pas difficile, j’aime autant les prunes que les bananes… hihi et toi ?
— Oh, moi j’aimerais bien aimer tous les fruits, mais je n’ai jamais envie de banane… c’est comme ça. Ma chérie est comme toi, elle aime tout.
— C’est ce que j’avais cru comprendre, merci de confirmer…
— À ton service… si tu as d’autres questions, n’hésite pas… mais tu risques de ne pas aimer les réponses…
— J’ai une question… pourquoi est-ce que tu as pris ton appareil photo ?
— C’est une idée de Pat, elle sait que je cherche un modèle généreux pour une série d’images… et comme tu es… heu… un peu pulpeuse, elle a pensé que tu pourrais être intéressée…
Lucia ne répond rien, elle regarde la route, apparemment très concentrée…
— Excuse ma maladresse, mais je t’avais prévenue… et puis rassure-toi, je n’y croyais pas du tout et si tu n’avais rien demandé, je n’en aurais pas parlé.
Elle me regarde de nouveau fixement… c’est tout à fait inutile puisque je n’ai rien changé depuis la dernière fois… la route, par contre, change tout le temps… j’aimerais bien qu’elle regarde la route…
— Alors comme ça, je suis grosse… c’est ça ?
— Mais non… je n’ai jamais dit ça.
— Je suis grooooooooooosse… sniff !
— Bon, puisque tu insistes… je trouve que tu es la plus sexy de toutes les baleines que j’aie vu de toute ma vie de la terre, de l’univers et pour toujours…
— Eeeeh, mais ça va, hein… t’appelles ça un compliment ?
— Ben oui, y’avait quand même « sexy » dans la phrase…
— C’est vrai…
— Ah, ouf, j’ai cru un moment que j’allais rentrer à pied.
— Jamais, pour une fois que j’ai un philosophe-bricoleur-photographe et compli-menteur, sous la main, je ne vais quand même pas le jeter… hihi… et puis je sais que je ne suis pas grosse et j’aime bien ce mot :
« pulpeuse », je trouve que c’est un compliment appétissant… ça donne envie de se faire manger… hihi.
— À la bonne heure…
— Mais de là à poser… je ne crois pas…
— Pas de soucis, je me doutais bien que mon style ne te plairait pas…
— Rien à voir, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu tout à l’heure, c’est beau et un peu excitant, ça change des corps « photoshopés » de la publicité… je trouve ça plus respectueux…
— Merci, bien vu, c’est comme ça que je vois les choses aussi.
— Ah, on arrive… dans deux minutes on y est.
On quitte la route pour un petit chemin de pierres enfoncées par les tracteurs et puis les pierres laissent place à la terre battue et puis à l’herbe et enfin la voiture s’arrête devant une bâtisse en pierres du pays… l’endroit est magnifique, je n’ai encore rien vu, mais je suis déjà sous le charme. C’est une sorte de clairière carrée d’une cinquantaine de mètres de côté bordé par un petit ruisseau dont une partie de l’eau est captée à l’arrivée sur le terrain, fait un détour par ce qui devait être un grand abreuvoir et puis retourne au ruisseau. Des arbres fruitiers occupent presque tout le terrain sans trop encombrer les abords du bassin… Tout autour, une sapinière très dense ne laisse passer aucune vue. La vieille bergerie est si bien cachée par la forêt que si on ne sait pas exactement où elle est, on ne peut pas la trouver.
À l’origine, la bergerie devait être une étable, une grande pièce de dix mètres sur huit et quelques dépendances, un tiers de la surface de la pièce est surmonté d’une mezzanine dont le garde-fou est encombré de toutes sortes de vêtements et de dentelles… l’endroit avait été aménagé bien avant l’arrivée de Lucia, mais on aurait dit que c’était pensé pour elle, ça lui correspond parfaitement… ça ne fait que deux semaines qu’elle est là et elle n’a pas encore eu le temps de tout déballer, il y a encore un peu de désordre et quelques caisses entassées dans les coins… Tant mieux pour moi, je déteste les maisons trop propres et rangées, ça me fait penser à la mort. Je remarque vite les goulottes en plastique qui courent le long des murs, je n’aurais jamais osé en rêver… je vais pouvoir tirer mes câbles sans enfoncer un seul clou… comble du bonheur pour le perfectionniste que je suis, le large écran Oled est placé idéalement au centre d’un mur, j’en suis ravi, il n’y a aucun risque de déséquilibre dans l’espace sonore, pour une fois mon boulot ne va pas être de la confiture aux cochons…
— J’ai acheté l’écran et les meubles avec la maison… l’ancien propriétaire était skipper et avait essayé de vivre ici avec sa compagne, mais la mer lui manquait trop, alors il a revendu pour se réinstaller dans un bateau, mais comme les meubles n’y rentraient pas, je les ai eus gratos… c’est tout neuf…
— Tant pis pour toi…
— Hihi… c’est exactement ce que je me suis dit…
— C’est ce qui s’appelle « avoir le cul bordé de nouilles », non ?
— Je ne sais pas, je regarderai… hihi.
— C’est une chance pour moi aussi, on dirait une maison pour technicien, il y a des gaines techniques partout. Je vais tout t’installer très vite et si ça se trouve, le moteur de la voiture sera toujours chaud quand tu me ramèneras.
Elle me sourit sans répondre, empoigne quelques babioles et les emmène ailleurs. Je me mets au boulot, ça va aller les doigts dans le nez, jamais eu un taf aussi facile, j’aurais pu me contenter de mon seul Laetherman et d’une bobine de câble pour faire l’affaire. Dans une demi-heure, grand maximum, j’ai fini…
— Tu veux boire un rosé ? J’ai ouvert la bouteille hier soir, mais toute seule ce n’était pas drôle, maintenant il faut absolument la finir, c’est o-bli-gé ! Tu m’aides ?
— D’accord, par un temps pareil c’est l’idéal…
Le temps de servir deux petits ballons, son téléphone sonne, elle fait de grands yeux en voyant l’appelant et décroche tout de suite… Elle a bien dû dire dix fois « oui » avant d’utiliser un autre mot, de temps en temps, elle m’envoie un regard amusé et, en bon paranoïaque, je me sens à peine visé… Je prends mon verre et retourne au boulot.
Je place les baffles aux endroits qui me semblent les plus appropriés, je tire mes câbles, les dénude, les branche dans l’ampli, etc. Tout le toutim, quoi… pendant ce temps-là, elle a vidé son rosé tout en gardant le téléphone à l’oreille, la conversation n’était ponctuée que de « oui ? oui ! ouiiii ! » entrecoupés de quelques rires très aigus… après avoir raccroché, elle monte et j’entends l’eau couler dans la salle de bain… ça m’arrange bien qu’elle me laisse bosser tranquille, je déteste avoir quelqu’un sur le dos… Le boulot se fait presque fait tout seul et en une petite demi-heure tout est en place. Je suis en train de pousser un DVD « maison » dans la PS4 quand elle redescend…
— Tu tombes à pic, j’allais justement essayer, assieds-toi là, bien en face de l’écran et ouvre bien tes esgourdes, tu me diras si tu sens une différence…
Et puis j’écrase le bouton « play » juste au moment où elle dit :
— Euh, t’as pris quel DVD ?
Trop tard… En un éclair électronique, c’est tout le vice de la dame qui s’étale sur l’écran, enfin pas vraiment son vice à elle, mais plutôt un ersatz de son vice… sous la forme très arrondie d’un magnifique cul en gros plan qui oscille d’avant en arrière… le plan suivant montre la bouche gourmande d’une jolie blonde, qu’on suppose propriétaire du cul susmentionné, envahie d’une énorme bite noire qui essaye d’y rentrer toute entière… la blonde n’est manifestement pas contre, mais une bite de cinéma, ça n’a pas l’air d’être facile à avaler… Surtout que les deux mains de la bite (oui, vous avez bien lu) att****nt la blonde par les cheveux et l’éloignent juste assez de la queue pour que celle-ci effleure à peine les lèvres pulpeuses de l’affamée qui n’a que le temps de lever un bref regard suppliant avant qu’un jet blanc et épais lui inonde le visage, elle ouvre la bouche en tirant la langue, ferme les yeux et trois nouvelles giclées l’éclaboussent… après quoi, elle sourit, s’écrase la bite sur la bouche et s’en sert pour étaler la semence épaisse sur toute la surface de son visage souriant… elle est maculée de sperme, mais elle rayonne de bonheur… je me tourne vers une Lucia livide et assez mal à l’aise :
— C’est beau, le sport…
— Heum… oui, hihi, euh…
— Ça va hein, moi aussi je suis cinéphile… Et puis je te trouve beaucoup moins antipathique tout d’un coup. Ce que je viens de voir finit de me convaincre que tu es une bonne fréquentation…
— Euh… hihi.
— Comment tu trouves le son ? Et la spatialisation ? J’ai bien travaillé ?
— Hihi, faudrait peut-être essayer un autre film… mais ils ne sont pas accessibles, ils sont quelque part dans le tas de boîtes en carton qui est là…
— Ça ne va pas être facile de faire les tests avec un film de boules, tout ce que je peux faire c’est régler ça avec le signal-test de l’appareil… Mais au moins on est sûr que tout est bien branché et que ça fonctionne, c’est déjà ça… Quand tu auras retrouvé tes films « enfants admis », tu réessayeras et s’il y a un problème tu n’auras qu’à m’appeler…
Emballée dans son peignoir en satin, elle s’essuie nerveusement les cheveux sans que je puisse voir aucune expression de son visage… c’est quand même pratique les cheveux longs…
Bon, et maintenant, qu’est-ce que je fais ? Je finis mon verre et elle me propose immédiatement de nous resservir…
— Je crois que je suis encore toute rouge, j’aurais bien besoin d’un peu de jaja…
— Euh, t’es une grande fille, mais tu m’as dit tout à l’heure que tu étais vite pompette, faudrait pas oublier que tu dois encore me ramener…
— Ne t’inquiète pas pour ça, ça ira… on n’est pas pressés, si ?
— Plus vite tu me ramènes, plus vite tu peux profiter de ton film, c’est à toi de voir…
— Hihi… d’accord, mais on va quand même manger un bout, et puis tu n’as même pas visité mon paradis… Il fait beau, il fait chaud et c’est le temps idéal pour traîner à la campagne… profite, va te baigner dans la pataugeoire, roule un joint, cueille des fleurs pour ta dulcinée… t’es pas bien ici ? De toute façon, ta femme est en famille… alors laisse-toi faire, il n’y a rien qui presse…
— Comment tu sais ça, toi ?
— C’est elle qui a appelé tout à l’heure, elle cherchait l’adresse d’une relation de mon ex-mari et elle se demandait si je ne l’avais pas…
— Et elle t’a dit qu’elle était au resto ce soir ?
— Oui, parce que je lui proposais que vous dormiez ici ce soir, mais elle préfère ne pas faire la route après le resto, elle nous rejoindra demain.
— Merci, je suis très content d’avoir pu donner mon avis…
— … et elle m’a prévenue que tu allais râler… alors je lui ai dit que j’avais plein de remèdes pour ça, à propos, je t’ai dit mon métier ?
— Ah non, tiens…
— Je suis pharmacienne, alors si tu fais trop le gamin, je mélangerai quelques « vitamines » à ton vin et tu n’en sauras jamais rien, vu ? Hihi.
— Euh… C’est déontologique ça ?
— Pas du tout… mais es-tu sûr que ça change quelque chose ? Allez, va te planter près de la piscine, je nous ramène quelques bonnes choses à grignoter et une nouvelle bouteille.
— On n’a pas encore fini celle-là…
— Elle ne durera plus très longtemps, autant prévenir… et en attendant que j’arrive, pique une tête, les jours comme aujourd’hui, elle est super bonne, profite…
— Pas de maillot…
— En caleçon, ça séchera vite…
— Pas de caleçon…
— Ah bon ? Eh bien à poil, alors.
— Tu es sûre ? Parce que pour moi c’est sans problème, on est naturistes…
— C’est super, ça… je crois qu’ici je vais le devenir aussi.
— Ça serait insulter ton petit paradis que de le priver de tes charmes, non ?
— Hihi… et du reste !
Je me balade dans la clairière, inspecte les arbres, apprécie la douceur de l’herbe et finis au bord du bassin. J’avise un parasol… ben oui, je n’aime ni me baigner ni lézarder au soleil, quand je reviens de vacances je suis évidemment un peu halé, mais je suis loin d’accumuler autant d’ultra-violets que la plupart de mes congénères… juste ce qui faut pour une bonne dose de vitamine D, plus que ça, c’est du vice… Je n’ai rien contre le vice, mais depuis quelques brûlures au deuxième degré sur une certaine plage de Grèce, j’ai compris que le soleil n’était pas vraiment un copain, quand on joue trop longtemps avec lui, il vous prend en traître… Ma réticence à bronzer arrange bien ma chérie, elle n’aime pas trop le soleil non plus, mais elle, c’est parce qu’elle a une peau de rousse, elle cuit avant de bronzer et ça n’est vraiment pas drôle… Au cap d’Agde, on doit être les seuls à bien rester juste sous le parasol… aux yeux des autres vacanciers, on a toujours l’air d’avoir débarqué la veille, même si on est là depuis deux semaines… Quant à me baigner, je n’y consens qu’en Guadeloupe. Ailleurs, l’eau est trop froide et je ne vois pas pourquoi je devrais souffrir pendant mes vacances…
Donc je suis là, au bord d’un sympathique bassin d’une eau bien propre, naturellement descendue de sa colline natale et chauffée au soleil de la journée… ce n’est pas une piscine, il n’y a ni chlore ni d’autres désinfectants, c’est juste un bassin peu profond avec quelques nénuphars et quelques insectes volants… c’est vraiment charmant… je me déshabille et je m’allonge sur une espèce de transat extra large pour siroter mon petit rosé… je n’aime pas me baigner, mais j’adore être à poil, et puisqu’on m’en prie presque, j’en profite.
Je vide mon verre au moment où Lucia arrive tout emballée dans un grand foulard et les bras chargés de bonnes choses… en moins d’une heure, on a vidé une bouteille quasi pleine et on entame la deuxième…
— Eh là, doucement sais-tu madame, je ne suis nin alcoolo mi, j’n’ai nin l’habitude… tu essayes de me *****er ou quoi… ?
— Oui… comme ça tu oublieras ce que tu as vu tout à l’heure.
— Qu’est-ce que j’ai vu tout à l’heure ?
— Rien, oublie… hihi.
— Ah oui, la blonde et la grosse bite… tu as raison, ça va me foutre des complexes.
— Bah, ça va… tu n’as pas trop à te plaindre…
— Ah pardon, mais si, j’ai à me plaindre… moi aussi j’avais de beaux cheveux blonds avant, y’a un demi-siècle, sur mon tricycle rouge, y’a même quelques photos qui en attestent… je te jure !
Elle rit… j’aime bien quand elle rit… l’alcool arrive à me faire croire que je suis drôle… saloperie d’alcool…
— Tu veux toujours faire des photos de moi ?
— Non… je préférerais faire des images avec toi, nuance… Je préférerais que tu participes activement, je compte sur tes idées, ta propre vision du nu.
— À quoi tu penses ?
— Rien de précis, mais si tu as une idée ou une envie, n’hésite pas.
— Au fond, que ce soit de moi ou avec moi, je m’en fous, mais il me faut encore quelques verres, d’accord ? Je serai plus détendue.
— OK, fais comme chez toi…
Je la laisse un instant pour aller chercher mon sac photo et quand je reviens, elle a de nouveau rempli mon verre… je ne sais plus si j’ai bien compris qui devait être « remonté »… c’est elle ou moi ? Jusque-là je pensais qu’elle devait un peu se pochetronner pour se lâcher, mais je commence à me demander si le but n’est pas plutôt de me faire oublier les photos.
— Eh bien, dites donc, madame à une belle pente !
— Merci, hihi, ça me touche…
— Après celui-là, je pause, sinon je ne serai plus bon à rien…
— Après celui-là, on s’y met, promis…
On discute d’un peu de tout, on en vient à parler de nos métiers respectifs et de la forte probabilité qu’on n’a rien inventé ou découvert en pharmacie depuis vingt ans sauf bien sûr, le viagra… et évidemment, de fil en aiguille, elle en vient à essayer de savoir si j’en ai déjà pris… (Bon, encore une petite parenthèse : si je vous dis qu’à plus de cinquante ans, dépressif, burnouté, antidépresseurisé et fumeur de longue durée, je bande encore comme au bon vieux temps, vous me croyez ? Bien sûr que non ! Je dois bien admettre que même si j’envisage les sombres desseins de l’industrie pharmaceutique avec beaucoup de circonspection, je dois reconnaître que pour l’aspirine et le viagra, on ne peut pas se plaindre…) J’ai le choix entre faire mon vantard et garder ma dignité ou avouer ma faiblesse et avoir l’air minable… (je vous ai dit que j’étais dépressif ?) Je choisis évidemment d’avoir l’air minable et j’avoue ma déchéance… de toute façon, je ne comptais pas vraiment sur son admiration.
— Ben toi au moins tu es honnête…
— Super ! Et qu’est-ce que je gagne ?
— Ne te plains pas trop, j’en connais des plus jeunes que toi qui prennent des médocs pour le cœur et là, tu oublies… c’est mort !
— La vie est une salope… après les antidépresseurs qui donnent des idées suicidaires, voici les médocs pour le cœur qui empêchent d’aimer…
— Voilà… et moi je suis grooosse… et personne ne veut de moi
— Pour toi, au moins, il y a de l’espoir… Tu es libre depuis quand ? Avant-hier ? Jolie comme tu es, je parie que si tu cherches un peu, tu baises avant la fin de la semaine…
Et nous voilà partis dans une dissertation sur la séduction, l’emprise du cul et puis les aphrodisiaques, les vrais et les faux, les coups de pouces de la nature et ceux de la science… Et puis on évoque notre essence primate et surtout les bonobos avec lesquels nous partageons la pratique du sexe « social »… on dévie sur la remise en question du modèle standard du couple… on glisse sur le libertinage, les sites de rencontres, les jeux érotiques, les décors et les ambiances « fetish » dans la photographie, et puis ce que j’aime faire comme image et puis enfin on arrive au fond des verres… elle me relance :
— Bon ! On s’y met ?
— Déjà ? Tu n’as plus besoin de remontants ? Je commençais à croire que de boire ou poser, tu avais choisi de boire…
— Non, pas du tout, maintenant je suis toute bien à l’aise et détendue…
— Parfait… Moi, par contre, je ne sais pas si je tiens encore debout…
— Ça va aller, on a tout le temps… et puisque tu aimes que tes modèles prennent des initiatives, je peux te demander quelque chose ?
— Tu peux toujours demander…
— Tu m’as dit que je baiserai dans la semaine si je cherche…
— Affirmatif !
— Je ferais bien un profil sur un site de rencontre…
— Tu veux te remarier tout de suite ou bien c’est juste pour poser habillée ?
— Pas du tout, je pensais à un site libertin…
— Excellent ! C’est une bonne source d’idée pour les photos, mais si tu te fais un profil de femme seule, tu n’auras pas encore fini de remplir le formulaire que tu seras noyée sous les propositions.
— Pas grave, c’est par curiosité… j’ai envie de savoir si je plais encore… qu’est-ce que je mets comme costume ? Comment s’habille une libertine ?
— Facile ! Une libertine à la mode ne s’habille pas beaucoup… qu’est-ce que tu proposes ?
— Ouuuu… j’ai plein de petites choses très aguichantes… Pendant mon divorce j’ai compensé à mort en m’offrant plein de bêtises affriolantes, des déshabillés qui ne cachent rien et toute cette sorte de choses…
— Est-ce que tu as des chaussures de Madame ?
— Tu veux dire des chaussures de dames ?
— Non, des hauts-talons, des présentoirs, un piédestal…
— Oui… mais ça me donne un air un peu trop vulgaire, je n’ai jamais osé les mettre…
— Parfait ! amène-les, tout le reste est facultatif…
Elle court dans la maison et revient avec un petit baluchon et des escarpins noirs cabrés sur des talons d’au moins dix centimètres. Elle monte dans ses chaussures et essaye un moment de ne pas perdre l’équilibre et puis voyant mon air admiratif, elle m’adresse son plus grand sourire.
— Comment tu trouves ? Attends, ne réponds pas encore, tourne-toi, je passe un truc que j’aime bien… un peu de patience… voilà… tu peux te retourner… Qu’est-ce que tu en penses ?
Mon menton tombe, elle est bonne-à-mort, à damner un messie, une déesse antique sur une paire de talons… Bonheur suprême, je suis instamment invité à la contempler tout mon *****, à y promener mon regard sans vergogne, à suivre n’importe quelle courbe ou embranchement de ses douces rondeurs… elle n’est vêtue que d’une très fine nuisette qui lui encadre les seins dans un décolleté très ouvert, un lacet un peu élastique resserre le tombant de la jupe juste sous sa poitrine et plus bas, le reste de la minuscule robe effleure son petit ventre avant de s’arrêter juste sous son pubis… elle est presque entièrement découverte, mais en plus, en pivotant avec grâce elle laisse voir par les indiscrétions de sa nuisette qu’elle ne porte rien d’autre… je reste interdit pendant de longues secondes…
— Alors ? Ça va ? T’as toujours envie ?
Je suis là comme un con, tout nu devant un ange de volupté et je ne sais pas quoi dire… et puis, vous n’allez pas me croire, c’est mon corps qui répond… En quelques secondes, je bande comme un âne… Mais je ne m’en rends pas compte tout de suite, mon esprit cherche toujours les mots pour traduire mon impression quand je capte son sourire et son regard fixé vers le bas de mon ventre… je comprends le grotesque de la situation… ça ne s’était plus présenté depuis longtemps, mais là, pour une fois que ça arrive, ça met les pieds dans le plat… je suis ridicule, je ne sais pas quoi dire…
— En effet, on dirait bien que tu as toujours envie… hihi.
— Désolé hein, c’est un miracle… je ne pouvais pas prévoir… mais ne te tracasse pas hein ! Je ne vais pas te sauter dessus, ça va passer… hum.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de gênant… C’est même plutôt flatteur… Et puis quoi ? Tu n’es pas d’accord avec ta bite ?
— Ben, c’est vrai qu’on était fâchés depuis un bon moment, mais là, même si on est d’accord, ce n’est pas une manière de s’adresser à une demoiselle qu’on connaît à peine…
— Bah, je ne suis plus une demoiselle depuis longtemps et on se connaît depuis au moins trois heures… ça va, non ? Et puis ce n’est pas parce que ça ne se voit pas que mon petit corps n’en pense pas moins… regarde, j’ai les tétines toutes dures, ça doit sûrement être le vin… hihi.
J’essaye de me concentrer sur autre chose, je me décide à sortir mon appareil photo. Mais quand j’ouvre le sac, une enfilade d’emballages carrés en tombe… Une fois au sol, on peut lire tout au long de la bandelette :
— -condom--condom--condom--
Lucia se fend la poire et moi, je ne sais plus où me mettre… C’est fou ça ! Autant je me sens à l’aise à poil sur une plage naturiste ou dans un club libertin, autant je ressens un malaise presque standard dans la même situation avec des moldus… (euh… à la réflexion, on se trouve rarement dans un club libertin avec des moldus…) Je suis sûr de ne jamais avoir caché des préservatifs dans cet étui… le temps que je comprenne le pourquoi du comment, elle s’esclaffe :
— Eh bien… de mieux en mieux… tu avais préparé ton coup ou quoi ? Hihi, tu caches bien ton jeu…
— Pas du tout… Ce que tu vois là, c’est une des raisons pour lesquelles j’aime mon amour de chérie à moi, elle a les yeux en face des trous et elle envisage toujours les meilleures éventualités… d’habitude ça me ravit, mais là ça me fait passer pour un con.
— Mais non… mais avoue que l’enchaînement est rigolo… bon, on fait des photos, oui ou non ?
— OK, OK. Va là-bas, au bord du bassin et détends-toi le temps que je retouche la lumière…
Je sors un réflecteur pliable et le positionne au mieux, mais il est tard et le soleil fatigue déjà, elle me regarde faire en souriant de toutes ses dents… je bande encore… Quand la lumière me semble potable, je lui demande de se lever, de bouger un peu pour que je trouve de bons points de vue… Je tourne un peu autour d’elle, je rampe à ses pieds pour une belle contre-plongée, je monte sur une chaise mieux sombrer dans son décolleté et je suis tellement captivé que je manque quelques fois de tomber dans l’eau… elle se tord, elle se cabre, se déhanche, pivote et se plie en tous sens… Je bande toujours… Elle redescend au sol, joue de la gravité sur ses volumes, tend la poitrine à l’appareil, ouvre les cuisses ou pousse ses fesses toutes rondes dans mon petit objectif…
Je suis aux anges, on ne parle pas et pourtant c’est comme si elle devinait ce que je veux capter, elle anticipe le cadre, se donne sans réserve et pense même à tourner la tête ou laisser ses cheveux masquer ses traits quand la posture est trop indécente et difficile à assumer. Dans ces poses-là, elle montre juste un regard aguicheur, une moue sensuelle ou un sourire éclatant… je bande encore et toujours et je commence à trouver ça bizarre, c’est limite gênant dans certaines positions et je n’ose pas m’approcher d’elle…
Je propose une pause et elle propose un autre style… je m’assois au bord de la piscine, la queue toujours en obélisque, j’allume un boulon et elle file se changer… quand elle revient je bande toujours intensément… j’en suis sûr maintenant que ça n’est pas du tout normal…
Elle revient dans un ensemble encore plus sexy… En redresse-seins, serre-taille et bas résille dans un peignoir tout à fait transparent… Elle ressemble à une « Milf » de film porno qui motive un jeunot très bien monté en vue d’un ramonage dans les règles… encore mieux même, puisque chez Lucia tout est naturel… j’ai une veine de pendu d’avoir un tel modèle… tiens, il paraît que les pendus bandent aussi… décidément ce n’est pas normal… ça fait même un peu mal, il faudrait que je me soulage…
Elle est sublime, mais il est tard et la lumière du jour faiblit, je peux compléter avec un flash déporté, mais le temps entre les prises enfle en fonction du cube du nombre d’accessoires (Règle empirique ! Aucune valeur scientifique !) et on ne peut faire que quelques clichés… quand on décide de rentrer, je bande toujours aussi fort…
Elle propose qu’on continue dans son salon, mais je suis gêné par l’écran au mur et le reste de la décoration, ça ne fait pas très joli… alors elle me propose sa chambre et on monte à l’étage… il y a du bordel, mais c’est un bordel de fille, personne ne se plaindra jamais de voir de la lingerie qui traîne… elle reprend la pose, monte sur le lit, tombe le peignoir et se roule langoureusement… ma bite est si tendue que j’accroche des fringues au passage, ça la fait rire… on fait une petite pose et je m’affale dans un petit divan d’un coin de la chambrée… Je suis encore un peu **** et ma queue tire toujours la langue… ça n’est même plus drôle…
Lucia descend du lit, façon chatte en chaleur et me rejoint dans le divan…
— J’ai quelque chose à t’avouer et ça va sans doute te foutre les boules…
— Aïe ! Qu’est-ce que tu vas me sortir ? De toute façon, je ne vois pas comment je pourrais avoir plus les boules que là maintenant tout de suite.
De fait, je n’ai jamais eu les couilles si remontées qu’à l’instant, si c’est de là que vient l’expression, c’est très parlant et j’en mesure précisément la signification.
— Je t’ai joué un tour, mais je n’étais pas toute seule…
… je lève les sourcils…
— J’ai un peu joué à l’apprentie-sorcière…
… j’ai toujours la même expression débile…
— Mon arrière-grand-mère avait un carnet de recettes à concocter avec des plantes du coin…
Je ne vois pas où elle veut en venir, je ne sais pas à quoi elle joue, est-elle sérieuse ou non ?
Elle se rapproche encore, colle sa cuisse contre la mienne en tournant sa poitrine vers moi… et prend doucement dans ses mains mon mandrin endolori, il est tellement gonflé que j’ai l’impression qu’il a grossi… elle me regarde par en dessous et continue son histoire
— C’est de ma faute si tu es tout congestionné, j’espère que ça ne te fait pas trop mal…
Elle me masse tout l’organe et ça me fait un bien fou… Popol bondit entre ses doigts comme un diable à ressort, il est manifestement très content…
— Ça faisait mal jusqu’à ce que tu y mettes les mains… ça me fait un bien fou…
— Mon arrière-grand-mère était une petite cochonne… elle collectionnait les soi-disant « philtres d’amour »… Elle les testait sur les villageois mâles et femelles, observait les réactions et les notait soigneusement dans son petit cahier de recettes… une vraie petite scientifique… elle a pu faire ça longtemps puisque tout le monde était heureux et que ça niquait à tout va… personne ne lui a jamais cherché des poux.
— Tu m’as fait boire un philtre d’amour ?
Je la regarde d’un air mi-moqueur, mi-dubitatif.
— J’ai mis dans le rosé quelques gouttes de ce que ma sorcière de grand-mère appelait « eau de ribaude », mais tu m’as un peu servi de cobaye masculin.
— Si je ne meurs pas, j’espère que c’est bien payé…
— Qu’est-ce que tu crois ? Je l’ai d’abord essayé moi-même. Je n’aurais jamais pris ce risque si je n’étais pas sûre que ce soit sans danger.
— Ouf, merci… en tout cas si c’est censé faire bander, ça marche, ça marche même très bien, trop peut-être… ça va encore durer longtemps ?
— Je ne sais pas bien, j’ai peut-être un peu forcé la dose… j’en ai pris autant que toi et j’ai les tétons et qui tirent très fort, j’espère que ça ne te fait pas trop mal…
— Oh putain… faut déposer un brevet, tu vas faire fortune…
— Hihi… impossible, c’est un secret de sorcière et ça ne se prépare qu’avec une plante locale assez rare et incultivable…
— C’est pour ça que tu disais que vous étiez plusieurs sur le coup ? Ton arrière-grand-mère et toi ?
— Non, c’est parce qu’on s’est arrangées avec ta chérie…
— Hein ? Quoi ? Quand ça ?
— Avant tout ça… on avait discuté de nos situations sentimentales, elle m’avait parlé de ton état mental en me demandant si, en tant que pharmacienne, je ne connaissais pas un petit remontant. J’ai fait ce que j’ai pu…
Elle finit sa phrase en chuchotant presque et en abaissant la tête pour me glisser entre ses lèvres et m’envoyer dans les étoiles… elle joue quelques minutes avec mon bois, l’embrasse, le lèche et l’embouche encore… et puis elle me vise de nouveau avec son regard par en bas en murmurant :
— Je vais essayer de me faire pardonner…
S’en suit un des meilleurs « massages » de ma vie, de ceux qui vous laissent raplapla pendant des heures… C’est qu’elle aime ça, la bougresse ! Elle y met tellement d’enthousiasme qu’on croirait qu’elle n’a « fauté » que pour le plaisir du pardon… je n’ai jamais connu de filles qui salivent autant en suçant, je suis luisant et glissant du gland à l’anus !
Entre deux embouchades, elle me dit que ça booste les filles aussi et c’est pour ça que je ne peux pas toucher longtemps ses mamelons ou son clito, la sensation devient assez vite désagréable… elle dit que c’est sa punition… mais elle me pousse quand même les doigts au fonds de ses orifices où je sens des contractions d’une fabuleuse force…
Manifestement, le sirop de l’aïeule a un deuxième effet notable, il remonte le point de non-retour… En d’autres termes, je n’ai même pas besoin de me retenir… Sans vouloir me qualifier d’éjaculateur précoce, en temps normal, je ne suis pas très « endurant », je fais ce que je peux, mais je ne peux pas pistonner comme un marteau piqueur pendant des heures (ça va hein ! vous non plus !) c’est plutôt de l’ordre de la dizaine de minutes, et encore, avec des pauses pour calmer le jeu… Mais là, j’ai l’impression d’avoir une bite de concours, la puissance et l’endurance faites queue…
Cela dit, je suis quand même aux prises avec une maîtresse bouche, une virtuose labiale, une langue ballerine… et comme je ne suis pas de taille, quelques longues minutes de merveilleuses sollicitations suffisent pour que je sente poindre les prémices de la délicieuse décharge… j’enfonce mon pouce encore plus loin dans son cul et mes quatre autres doigts dans sa grotte inondée, je tire sur ses cheveux pour lui éviter une mauvaise surprise, mais elle m’envoie un regard hargneux et recommence à m’engloutir aussi sec…
Le décompte est parti, je ne peux plus rien y faire et très vite je déverse dans sa bouche une bonne année de foutre d’un coup… j’ai des contractions dans l’abdomen et les cuisses qui sautent… j’enfonce ma queue tout au fond de sa bouche… elle crie, mais la bouche pleine… Je n’entends qu’une longue plainte aussi langoureuse qu’étouffée, son cul part dans tous les sens et elle éjacule à grands jets… je me sens repu, vidé, comblé, j’ai le gland encore sensible, mais je suis détendu… Elle respire très fort par le nez, sa bouche est toujours encombrée de ma chair et de ma semence qui, vérification faite, est effectivement plus abondante que d’habitude… troisième effet du sirop d’aïeule sans doute…
Je suis un peu pensif, vaguement coupable, mais je souris à l’idée que « sucer n’est pas tromper » et puisque c’est un coup monté, tout va bien… j’espère qu’elle voudra bien me laisser un échantillon de sa potion magique, histoire que ma cochonne d’amour en profite aussi…
La pause n’est pas très longue, sans même être retournée tout à fait à l’état de repos, ma queue raidit de nouveau, mais ça fait nettement moins mal… Lucia se rallume aussi, me demande de la prendre en photo dans ses pauses les plus chiennes, elle se roule sur le lit, ouvre grand les cuisses et se masturbe sans gêne en regardant droit dans l’objectif. Elle sort de sa table de chevet un godemiché d’une belle taille et un vibromasseur monstrueux avec lesquels elle se fait jouir un nombre incalculable de fois…
Je cadre sa passion au plus serré, ses mimiques, ses spasmes, sa tête qui roule et ses giclées de plaisir, je suis devant, derrière, sur ses flancs, je n’ai plus peur de la toucher et ma queue frôle assez souvent sa peau sensible… Soudain, elle me saisit par le membre et se l’enfonce au fond du gosier… elle en a assez de poser, maintenant elle veut sucer… mais moi je cadre encore… ma bite luisante entre ses lèvres ? Clic ! un filet de bave qui luit entre sa langue et mon gland ? Clic ! Je n’ai même pas assez de lumière et la plupart des images seront inutilisables, mais j’essaye quand même… à un moment je n’en peux plus, je n’arrive plus à cadrer ou j’oublie de déclencher… mon âme se déconnecte et je flotte dans les limbes…
Je dépose mon appareil et ses lèvres quittent ma queue pour m’embrasser à pleine bouche, mais sans interrompre son tendre branle… mes doigts curieux courent sa vulve toute luisante et se laissent avaler sans vergogne… elle me lance un regard de folle, s’agenouille, lève le cul, enfonce sa tête dans un coussin, et guide fermement mon membre vers ses fesses tendues… il y a des capotes sur le lit, j’en enfile une et je plonge dans son ventre, elle hurle dans son coussin et je la pistonne comme dans un rêve… ça gueule pendant des heures, je retapisse l’intérieur de je ne sais combien de capotes, j’explore tous ses trous et parfois avec le soutien du sympathique gode-scout toujours prêt à rendre service…
De nombreux soupirs plus tard, sa pauvre dentelle est maculée de sperme, de bave et de sueur, ses bas ont lâché les jarretelles et pendouillent tristement sur ses cuisses, elle est débraillée, ses cheveux sont bataille et son maquillage traverse en dehors des clous… elle a l’air de la dernière des putes et j’en fais certains de mes plus beaux portraits…
C’est grand matin, le soleil perce par deux fenêtres de toit et inonde la chambre… les yeux encore clos, je sens ma bite glisser entre des lèvres amoureuses, je bascule sur le dos et aperçois dans le divan du coin de la pièce, Lucia qui se touche et me regarde en souriant… Elle ne peut pas me sucer de là-bas… mais alors qui ? Entre mes doigts je reconnais ses cheveux… et puis sa façon de faire… J’amène ses lèvres aux miennes et j’embrasse à pleine bouche la femme de ma vie qui vient de nous rejoindre… j’ai de nouveau le bois… ça va être une belle journée… mais aussi une autre histoire.
Merci à Patricia, ma chérie dans la vraie vie, pour l’aide au peaufinage du texte, Merci à Sandra pour m’avoir encouragé à écrire et inspiré la plastique de Lucia (smiley clin-d’œil) et merci à l'équipe de RVBB pour la mise en forme du texte -Gus Solo-
Je ne suis plus sur Facebook depuis *********, ce site m’a écœuré, j’y ai juste appris ce qu’était le point Godwin et l’étendue de la connerie humaine. Bref, ça m’a vite gavé… Mais ma chérie y est toujours, elle me dit qu’à condition de ne rien forwarder et de ne pas prêter attention aux polémiques, c’est supportable… et puis c’est un moyen pour elle de rester en contact avec sa famille…
Un jour, en parcourant son fil d’actualité, elle lit qu’une « amie » qui vient de déménager cherche quelqu’un qui pourrait réinstaller son home-cinéma, et comme je suis régisseur de spectacle (technicien son et lumière quoi…), elle me demande si ça pourrait m’intéresser…
Ici, une petite parenthèse : je ne suis plus actif dans le domaine depuis quelque temps, j’ai attrapé la maladie occidentale du 21e siècle : un « burn-out ». Je ne rentrerai pas dans les détails, mais pour résumer, je ne suis pas indestructible et après ***** d’insistance de mon médecin, j’ai fini par accepter un congé de maladie… le souci, c’est qu’on sait quand ce genre de congé commence, mais c’est très difficile de savoir quand ça s’arrêtera… Depuis, je végète en râlant et j’essaye de tourner la page. Mais là, puisque c’est ma chérie qui me demande si ça m’intéresse, j’y réfléchis quand même un peu sérieusement.
Ici, une deuxième parenthèse : ma chérie, mon amour, ma femme à moi est une fille extraordinaire au sens propre du terme, elle est très ouverte d’esprit et presque aussi branchée « cul » que moi… Nous sommes des jeunes quinquas et nous nous sommes rencontrés il y a une bonne dizaine d’années, nous avons tout de suite eu beaucoup de complicité et nous veillons amoureusement au bonheur de l’autre, y compris bien sûr sur le plan libidineux, mais sans pour autant attendre d’exclusive.
Sur un plan théorique, nous étions libertins dans l’âme depuis toujours, mais nous n’attendions que d’être ensemble pour passer à la pratique… depuis, nous avons rencontré un bon nombre de couples libertins et comme mon amoureuse est bisexuelle depuis toujours, nous rencontrons exclusivement des couples dont la dame est bi… Rassurez-vous, je ne m’étendrai pas plus sur notre exploration des chemins de traverse, cette parenthèse n’avait d’autre but que de vous présenter la particularité du lien qui nous attache… et aussi pour glisser parmi ces mots que cette fille a été essentielle à ma survie…
Quand vous allez au boulot avec l’envie de vous y pendre et qu’on vous arrête juste avant le passage à l’acte, vous avez tout intérêt à avoir près de vous quelqu’un qui vous soutient, sinon il n’y a aucune chance de « guérison »… Donc, attentive comme elle est à ma petite santé mentale, elle veille régulièrement à me tendre des perches pour me sortir des sables mouvants dans lesquels je sombre régulièrement… s’occuper gracieusement d’un problème technique domestique permet de se revaloriser facilement et de se retrouver un peu d’utilité. Enfin, quand le cœur y est.
— Un home-cinéma ? C’est pas très compliqué, je peux lui faire un schéma, je veux bien qu’on puisse se demander quel est le câble qui va où, mais avec un plan ça devrait aller.
— Tu sais bien que tout le monde n’est pas technicien, elle va s’embrouiller, c’est sûr…
— Mais non, je sais bien qu’on a appris aux filles qu’elles n’y pigeaient que dalle, mais s’il y en a quelques-unes dans la station spatiale internationale, c’est sans doute qu’il n’y a rien d’exclusivement masculin dans la technologie.
— Allez, quoi, vas-y, qu’est-ce que ça te coûte ?
— C’est où ?
— À Machinville…
— Et j’y vais comment ? Y’à même plus de bus ou de train jusque-là…
Re-parenthèse (oui, c’est la troisième, et alors ? Si mon style vous gêne, vous n’avez qu’à lire un autre texte, vu ?… Parenthèse donc) : je n’ai pas mon permis de conduire, je suis trop « contemplatif » (comprenez « distrait ») pour arriver à me concentrer sur la route, et puis y’a trop de véhicules sur les routes, et pas que des petits, et puis c’est dangereux… voilà !
— Je te conduirai s’il faut, tu ne veux pas au moins en parler avec elle ?
— Allez, d’ac ! Passe-moi la tablette.
Je parcours en diagonale le profil d’une trentenaire en couple et qui ne montre que des photos de son visage… quand on a l’expérience des sites de rencontres, on comprend très vite que quand une personne, et singulièrement une fille, ne met que des photos de son visage sur son profil, c’est qu’elle n’aime pas son corps, et en général ça veut dire qu’elle se trouve grosse… mais je m’en fous, « tronche-bouquin » n’est pas un site pour adultes et je ne suis pas à la recherche de partenaires de jeu… par réflexe machiste je me dis que son mec pourrait bien s’en occuper et puis, en me rappelant les dizaines de bricolages hasardeux que j’ai dû corriger, je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal qu’il n’y touche pas, il y a quand même un tas de mecs qui ont deux mains gauches…
Mais avec un schéma ? … J’ouvre la messagerie :
— Salut, je suis le mec de Pat, elle a lu ton appel à l’équipe pour la réinstallation de ton home-cinéma, ça tient toujours ?
— Salut, oui, merci, t’es le mec de qui ?
— Du profil dont tu reçois ce message…
— Ah oui, d’accord, tu n’as pas un profil ?
— Si, mais je boycotte FB depuis des années, si tu veux mon profil est « gus-tave », mais il n’est plus à jour depuis belle lurette, ne me contacte pas par là, il n’y a aucune chance que je te réponde.
— OK, t’es électronicien ?
— Non, je suis technicien du spectacle, photographe, obsédé sexuel non-pratiquant et branleur invétéré… ça aide ?
— Hihi… ben, la première partie peut-être, le reste je ne suis pas sûre… (smiley clin-d’œil)
Ma chérie, qui lit par-dessus mon épaule, me fait remarquer que je suis limite agressif, elle me suggère de me calmer, cette nana ne m’a rien fait…
— Ma chérie me fait remarquer que mes propos sont un peu rudes, je ne voulais pas te heurter, c’est juste que je suis dans une phase particulièrement misanthrope…
— Ah bon ? Je trouvais ça plus marrant que rude, surtout ta religion… (smiley-qui-rit)
— Ouf, je préfère que tu le prennes comme ça…
— Oh moi, tu sais, je prends tout ce qu’on me donne, sauf les coups de bâtons bien sûr, quoique… faut voir comment c’est proposé… (smiley clin-d’œil)
Elle a une jolie répartie, j’aime bien les filles qui ont du répondant…
— OK, je note : pas-de-coups-de-bâton… (smiley sourire)
— Note aussi : ou-alors-bien-proposés… (smiley qui-rit)
— Dis, je ne voudrais pas tomber dans des préjugés, mais si je fais un schéma, ton mec ne pourrait pas faire les branchements ?
— Qué mec ?
— Celui de ton statut, par exemple… (smiley étonné)
— Je suis célibataire depuis peu, c’est pour ça que j’ai déménagé d’ailleurs, mais je n’ai pas encore changé mon statut… (smiley confus)
— OK, comment fait-on ? Je peux me libérer facilement, mais il n’y a ni train ni bus jusque chez toi…
— Pas de voiture ?
— Pas de permis…
— Je peux venir te chercher… quand veux-tu ?
— Après-demain ?
— OK
On s’arrange pour l’adresse et pour l’heure du rendez-vous, on s’échange nos numéros et la conversation s’arrête là… on en discute avec Patricia.
— Tu la connais d’où, cette nana ?
— C’était la femme de Pierre Truc, mon collègue de quand je travaillais chez Chose & Co…
— Qui ?
— Oh, un pénible doublé d’un vrai con… Mais sa femme est très sympa, elle a beaucoup de charme et si je n’avais pas eu comme principe de ne jamais mêler le boulot et le cul, je l’aurais bien barbotée en douce… hihi, depuis on est vaguement resté en contact.
— C’était il y a longtemps ? Parce qu’il se pourrait bien qu’elle ait un peu changé depuis…
— Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
— Sur son profil, elle ne montre que son visage, ce n’est pas bon signe, elle a peut-être grossi.
— Ah, elle n’était déjà pas très mince à l’époque, mais ça n’enlevait rien à son charme… je l’aurais bien bouffée toute crue…
— Pat ?
— Oui ?
— J’adore que tu sois une cochonne… je t’aime…
— Hihi… Moi aussi.
En lui ouvrant la porte le surlendemain, je ne la reconnais pas tout de suite. Sans doute parce que je m’en étais fait une idée plus « volumineuse »… En réalité, elle est petite, assez jolie sans être mon style et toute souriante dans sa très sage robe à fleurs. J’avise la hauteur des talons, la transparence de ce qui doit être un panty et je crois que si je ne m’étais pas rappelé notre rendez-vous, j’aurais pu la rembarrer comme une vulgaire témoin de Jéhovah.
Elle entre dans le salon et au passage regarde longuement les images que j’expose chez moi. Je ne suis pas narcissique au point de regarder mon travail à longueur de journée, mais ces quelques tirages-là ont été exposés et bien que ça soit des nus fétichistes, ces images restent socialement acceptables…
— Elles sont belles, ces photos…
— Merci.
— C’est ton travail ?
— Oui…
— C’est impressionnant… cette fille enchaînée nue entre deux pilasses, c’est terrible… c’est à la fois érotique et un peu effrayant, j’adore…
— Merci, mais n’en jette plus, je vais rougir…
Je lui propose le divan et Pat nous rejoint. Les filles entament une longue conversation… ça se raconte des souvenirs de leur dernière rencontre à une fête d’entreprise… et puis des collègues de l’ex-mari… et des enfants et du déluge, etc. Je me sens un chouïa invisible… je propose un verre, mais Lucia refuse, elle est vite pompette et on a une petite heure de route… je suggère un café, mais je n’arrive plus à faire valoir ma proposition dans ce déballage enthousiaste de souvenirs divers… alors je me fais un café que je bois tout seul.
— Eeeh ! Tu bois du café, toi ? Tout seul, comme un égoïste ?
— Bah, j’ai bien essayé de vous en proposer, mais depuis que Lucia est là, c’est la démocratie ici, je n’arrive plus à me faire entendre… heureusement que parler ne bouche pas le nez, sinon le kawa aurait refroidi sans vous…
On sert deux tasses de plus et puis on arrive enfin à parler à trois, elle est divorcée depuis *****, mais son mari « campe » dans leur maison, pour lui il n’est pas question de la lui laisser… alors qu’en fait il ne l’a pas choisie, n’a pas arrêté de la critiquer de la cave au grenier et n’y a jamais rien foutu, même pas tondre une seule fois la pelouse… Bref, c’était la guerre et Lucia se félicitait qu’ils n’aient pas fait d’enfant… s’écharper pour des briques, c’est déjà grave, mais pour des enfants c’est carrément pathétique…
Étant donné mon expérience personnelle, je ne peux qu’abonder dans son sens, la procédure de divorce de mes propres parents a duré plus longtemps que leur mariage, et justement pour une question de briques… Depuis, je n’ai jamais réussi à croire que « amour » puisse rimer très longtemps avec « toujours », donc je n’ai pas fait d’enfants et j’ai acheté ma maison tout seul… C’est peut-être une modeste bicoque, mais je n’aurai jamais à la disputer à personne… C’est aussi la leçon qu’elle avait tiré de son divorce puisque finalement elle avait décidé de vendre la maison et de se racheter une petite chaumière à la campagne pour elle toute seule… elle est très heureuse de sa « bergerie » comme elle l’appelle, et elle se réjouit de finir de s’y installer.
La conversation dure un bon moment, si bien que les heures passent et que le temps imparti à l’installation du système audio de la Lucia se réduit comme peau de chagrin… on décide de prendre la route et les filles se disent au revoir et se promettent de se revoir très vite. Je saisis ma boîte à outils pour la suivre dans sa voiture, mais ma chérie me retient le bras, arbore son sourire du dimanche et me dit :
— Viens un peu ici toi… je crois que tu n’as pas pensé à tout…
— Je n’allais pas partir sans t’embrasser va…
— Je ne parle pas de ça… tu ne prendrais pas ton appareil photo ?
— Euh… pour quoi faire ?
— Tu ne cherchais pas une fille pulpeuse pour une série d’images ?
— Si, mais je ne crois pas que mon style la brancherait, toi bien ?
— Tu as déjà eu un modèle qui n’aimait pas ton style ?
— Non, c’est vrai… mais mes modèles étaient demandeuses…
— À mon avis, il y avait comme une pointe d’envie dans son commentaire de tout à l’heure, je suis sûre que ce n’est qu’une question d’occasion.
— De toute façon, on n’aura pas le temps, compte deux heures pour l’installation plus deux heures de trajet aller-retour et on sera déjà aux alentours de huit heures…
— **** là-bas si tu veux, ça te laissera plus de temps…
— C’est ça, je vais dormir là-bas sans toi… t’as qu’à venir, toi, tu me ramèneras…
— Pas ce soir, j’ai resto avec ma sœur et mon père, je vous rejoindrai demain si tu restes là-bas…
— Mouais… on verra, mais j’ai un gros doute, en plus je suis super remonté pour l’instant, tu dis toi-même que je suis agressif… ça sera déjà bien que je ne me fasse pas jeter sur le trajet…
— Hihi, idiot ! Allez, tiens, voilà ton sac photo, bon travail…
On se quitte et elle me suit du regard pendant que je descends les escaliers pour rejoindre Lucia…
Porte fermée : check !… Ceinture attachée : check !… Le moteur démarre et nous voilà partis, on fait coucou à Patricia en passant…
Je n’ai peut-être pas mon permis de conduire, mais ça ne m’a jamais empêché de faire des kilomètres. Je suis sûr que j’ai fait plus d’une fois le tour de la terre en voiture sans jamais avoir touché un volant… de la voiture sans les mains, quoi… Il faut dire que quand on est régisseur et qu’on travaille avec des groupes un peu intéressants, on a vite l’occasion de faire pas mal de tournées. J’ai donc pu admirer les paysages d’une belle partie de l’Europe et je connais certaines routes de France presque par cœur… sans compter qu’avant toutes ces tournées, j’avais déjà pas mal voyagé en stop… Bref, tout ça pour dire que malgré ma phobie du volant, j’aime la route. Quand on ne conduit pas, c’est très relaxant et c’est l’endroit idéal pour faire connaissance. Vous avez l’excuse de la brièveté de la rencontre pour pouvoir être indiscret et parfois vous pouvez mieux connaître un automobiliste en une heure de route que votre voisin en *******…
Mais là, je regarde un paysage mille fois vu et revu et je ne dis rien, je me sens vaguement de mauvaise humeur… J’ai un peu l’impression d’aller travailler or, pour le moment, je suis psychologiquement allergique au mot « travail » et alors que je n’aurais sans doute rien fait chez moi aujourd’hui, tout d’un coup, puisque je « dois » aller « travailler » je pense à toutes ces choses que j’aurais pu faire à la place… vous avez dit contradictoire ?
Pour une fois, c’est l’automobiliste qui pose les questions…
— C’est un appareil photo ?
— Oui…
— Tu comptes faire des photos ?
— Non, je lui fais faire sa petite promenade…
— Ça lui fera une chouette balade, c’est joli chez moi, il pourra même piquer une tête dans la pataugeoire s’il veut…
— C’est gentil, mais il n’a pas son maillot, t’aurais dû prévenir…
— Bah, ce n’est pas grave, il n’y a pas âme qui vive à un kilomètre à la ronde et j’en ai déjà vu d’autres… il fera sans, qu’il ne se gêne surtout pas…
— Vous êtes bien imprudente mademoiselle (je fais comme si c’était mon sac qui parle), vous laisseriez un appareil photo inconnu se balader chez vous dans le plus simple… appareil ?
— Vous n’êtes plus tout à fait un inconnu, cher monsieur (elle répond au sac), je sais où vous habitez… et puis vous n’allez pas me violer, si ?
— Aucun risque, je ne bande que pour les salopes… et puis le viol, c’est fatiguant, surtout tout seul…
— C’est quoi une salope, monsieur ? J’en suis peut-être une, comment savoir ?
— Une salope, c’est une fille qui met des décolletés trop profonds, des jupes trop courtes, des talons trop hauts, jamais de culotte et qui ne pense qu’à baiser… vous voyez ? Vous ne risquez rien…
— Tant qu’on est dans la voiture en tout cas… hihi, non, mais sérieux, tu l’as toujours avec toi ?
— Sûrement pas… il y a longtemps, j’ai vécu pendant quelques années avec l’appareil au cou et dès qu’il se passait un truc, je déclenchais… des musiciens au coin d’une rue ? Photo… un gamin qui souffle ses bougies ? Photo… mes potes qui font « tchin-tchin »… Photo… un chien avec un chapeau ? Photo… Bref, il y avait toujours quelque chose entre ma vie et moi… et quand je me suis rendu compte que l’appareil me gâchait les bons moments, je l’ai rangé et ça m’a soulagé.
— C’est vrai, je n’y avais jamais pensé… Pour une fille, un photographe c’est une idée romantique, c’est un magicien…
— Un magicien ?
— Ben oui, en un coup de baguette magique, il vous rend belle…
— Bah, on y est pour bien peu de chose, toutes les femmes sont belles…
— C’est ça, vas-y jettes-en encore, dragueur…
— Je n’ai pas dit que j’ai envie de toutes les femmes, hein ! Je parle de l’usage de ce pouvoir qui s’appelle « charme » et que nous autres mâles nous appelons « bèèèèllllle » tu vois ce que je veux dire ?
— Euh… oui, vu comme ça…
— Maintenant il y a des femmes qui ne veulent pas être « belles » et c’est leur droit, elles considèrent que c’est une forme de soumission, que ce n’est pas une manière digne de communiquer, elles se sentent dévalorisées, ******ilisées, réduites à l’objet à cause de leurs charmes… mais à mon sens, elles ont tort, le charme est un vrai pouvoir devant lequel la force se fait souvent toute petite…
— Ah, mais j’ai carrément un philosophe dans ma voiture aujourd’hui… Alors, mesdames et messieurs (elle parle à son rétroviseur comme si c’était une caméra) aujourd’hui je reçois sur le plateau Monsieur Gus, philosophe-photographe… à moins que ce ne soit le contraire ? Enfin bref, première question, cher maître : pensez-vous que « Gus » soit un nom très sérieux pour un philosophe ?
— Pas du tout, chère madame, et je vous remercie de me poser la question… Bien sûr, j’ai d’abord essayé de devenir clown, mais je n’avais pas le niveau intellectuel requis… il ne me restait que le choix entre philosophe et homme politique… mais dans « homme politique » il y a plusieurs mots, alors que dans « philosophe » il n’y en a qu’un tout seul… c’est plus facile à retenir… C’est comme ça que j’ai connu ma vocation…
— Non, mais blague à part, c’est gentil ce que tu dis… tu dois tomber les filles avec tes flatteries…
— Même pas, la plupart décrochent avant la cinquième phrase, après quoi elles sont beaucoup plus intéressées par le connard arrogant d’à-côté… il est con, mais il est grand et il ne se pose pas trop de questions, c’est plus reposant sans doute…
Elle me regarde fixement et un peu trop longtemps à mon goût, j’aime bien la route, mais pas les fossés qui la bordent, je préférerais qu’elle regarde la route…
— T’as raison, on est conne parfois…
— Je ne crois pas que ce soit une question de connerie, c’est le plus vieux contentieux de la guerre des sexes… faut-il mêler ses gènes à ceux du gros costaud qui chasse parfois de très grosses bestioles ou bien à ceux du petit maigrichon qui sait toujours où trouver des fruits ? Comme tout le monde ne peut pas être un mâle alpha, et il ne reste plus aux maigrichons qu’à rêver à une bonne petite maigrichonne, si possible un peu cochonne et qui aime les fruits…
— J’aime bien les fruits… c’est très bon pour la santé… hihi, t’es végan ?
— Pas du tout, c’était une image, chère madame… je fais semblant d’ouvrir un carnet et de noter :
— Ne comprends pas vite, mais aime les fruits… je relève la tête, quels genres de fruits ?
— Oh moi, je ne suis pas difficile, j’aime autant les prunes que les bananes… hihi et toi ?
— Oh, moi j’aimerais bien aimer tous les fruits, mais je n’ai jamais envie de banane… c’est comme ça. Ma chérie est comme toi, elle aime tout.
— C’est ce que j’avais cru comprendre, merci de confirmer…
— À ton service… si tu as d’autres questions, n’hésite pas… mais tu risques de ne pas aimer les réponses…
— J’ai une question… pourquoi est-ce que tu as pris ton appareil photo ?
— C’est une idée de Pat, elle sait que je cherche un modèle généreux pour une série d’images… et comme tu es… heu… un peu pulpeuse, elle a pensé que tu pourrais être intéressée…
Lucia ne répond rien, elle regarde la route, apparemment très concentrée…
— Excuse ma maladresse, mais je t’avais prévenue… et puis rassure-toi, je n’y croyais pas du tout et si tu n’avais rien demandé, je n’en aurais pas parlé.
Elle me regarde de nouveau fixement… c’est tout à fait inutile puisque je n’ai rien changé depuis la dernière fois… la route, par contre, change tout le temps… j’aimerais bien qu’elle regarde la route…
— Alors comme ça, je suis grosse… c’est ça ?
— Mais non… je n’ai jamais dit ça.
— Je suis grooooooooooosse… sniff !
— Bon, puisque tu insistes… je trouve que tu es la plus sexy de toutes les baleines que j’aie vu de toute ma vie de la terre, de l’univers et pour toujours…
— Eeeeh, mais ça va, hein… t’appelles ça un compliment ?
— Ben oui, y’avait quand même « sexy » dans la phrase…
— C’est vrai…
— Ah, ouf, j’ai cru un moment que j’allais rentrer à pied.
— Jamais, pour une fois que j’ai un philosophe-bricoleur-photographe et compli-menteur, sous la main, je ne vais quand même pas le jeter… hihi… et puis je sais que je ne suis pas grosse et j’aime bien ce mot :
« pulpeuse », je trouve que c’est un compliment appétissant… ça donne envie de se faire manger… hihi.
— À la bonne heure…
— Mais de là à poser… je ne crois pas…
— Pas de soucis, je me doutais bien que mon style ne te plairait pas…
— Rien à voir, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu tout à l’heure, c’est beau et un peu excitant, ça change des corps « photoshopés » de la publicité… je trouve ça plus respectueux…
— Merci, bien vu, c’est comme ça que je vois les choses aussi.
— Ah, on arrive… dans deux minutes on y est.
On quitte la route pour un petit chemin de pierres enfoncées par les tracteurs et puis les pierres laissent place à la terre battue et puis à l’herbe et enfin la voiture s’arrête devant une bâtisse en pierres du pays… l’endroit est magnifique, je n’ai encore rien vu, mais je suis déjà sous le charme. C’est une sorte de clairière carrée d’une cinquantaine de mètres de côté bordé par un petit ruisseau dont une partie de l’eau est captée à l’arrivée sur le terrain, fait un détour par ce qui devait être un grand abreuvoir et puis retourne au ruisseau. Des arbres fruitiers occupent presque tout le terrain sans trop encombrer les abords du bassin… Tout autour, une sapinière très dense ne laisse passer aucune vue. La vieille bergerie est si bien cachée par la forêt que si on ne sait pas exactement où elle est, on ne peut pas la trouver.
À l’origine, la bergerie devait être une étable, une grande pièce de dix mètres sur huit et quelques dépendances, un tiers de la surface de la pièce est surmonté d’une mezzanine dont le garde-fou est encombré de toutes sortes de vêtements et de dentelles… l’endroit avait été aménagé bien avant l’arrivée de Lucia, mais on aurait dit que c’était pensé pour elle, ça lui correspond parfaitement… ça ne fait que deux semaines qu’elle est là et elle n’a pas encore eu le temps de tout déballer, il y a encore un peu de désordre et quelques caisses entassées dans les coins… Tant mieux pour moi, je déteste les maisons trop propres et rangées, ça me fait penser à la mort. Je remarque vite les goulottes en plastique qui courent le long des murs, je n’aurais jamais osé en rêver… je vais pouvoir tirer mes câbles sans enfoncer un seul clou… comble du bonheur pour le perfectionniste que je suis, le large écran Oled est placé idéalement au centre d’un mur, j’en suis ravi, il n’y a aucun risque de déséquilibre dans l’espace sonore, pour une fois mon boulot ne va pas être de la confiture aux cochons…
— J’ai acheté l’écran et les meubles avec la maison… l’ancien propriétaire était skipper et avait essayé de vivre ici avec sa compagne, mais la mer lui manquait trop, alors il a revendu pour se réinstaller dans un bateau, mais comme les meubles n’y rentraient pas, je les ai eus gratos… c’est tout neuf…
— Tant pis pour toi…
— Hihi… c’est exactement ce que je me suis dit…
— C’est ce qui s’appelle « avoir le cul bordé de nouilles », non ?
— Je ne sais pas, je regarderai… hihi.
— C’est une chance pour moi aussi, on dirait une maison pour technicien, il y a des gaines techniques partout. Je vais tout t’installer très vite et si ça se trouve, le moteur de la voiture sera toujours chaud quand tu me ramèneras.
Elle me sourit sans répondre, empoigne quelques babioles et les emmène ailleurs. Je me mets au boulot, ça va aller les doigts dans le nez, jamais eu un taf aussi facile, j’aurais pu me contenter de mon seul Laetherman et d’une bobine de câble pour faire l’affaire. Dans une demi-heure, grand maximum, j’ai fini…
— Tu veux boire un rosé ? J’ai ouvert la bouteille hier soir, mais toute seule ce n’était pas drôle, maintenant il faut absolument la finir, c’est o-bli-gé ! Tu m’aides ?
— D’accord, par un temps pareil c’est l’idéal…
Le temps de servir deux petits ballons, son téléphone sonne, elle fait de grands yeux en voyant l’appelant et décroche tout de suite… Elle a bien dû dire dix fois « oui » avant d’utiliser un autre mot, de temps en temps, elle m’envoie un regard amusé et, en bon paranoïaque, je me sens à peine visé… Je prends mon verre et retourne au boulot.
Je place les baffles aux endroits qui me semblent les plus appropriés, je tire mes câbles, les dénude, les branche dans l’ampli, etc. Tout le toutim, quoi… pendant ce temps-là, elle a vidé son rosé tout en gardant le téléphone à l’oreille, la conversation n’était ponctuée que de « oui ? oui ! ouiiii ! » entrecoupés de quelques rires très aigus… après avoir raccroché, elle monte et j’entends l’eau couler dans la salle de bain… ça m’arrange bien qu’elle me laisse bosser tranquille, je déteste avoir quelqu’un sur le dos… Le boulot se fait presque fait tout seul et en une petite demi-heure tout est en place. Je suis en train de pousser un DVD « maison » dans la PS4 quand elle redescend…
— Tu tombes à pic, j’allais justement essayer, assieds-toi là, bien en face de l’écran et ouvre bien tes esgourdes, tu me diras si tu sens une différence…
Et puis j’écrase le bouton « play » juste au moment où elle dit :
— Euh, t’as pris quel DVD ?
Trop tard… En un éclair électronique, c’est tout le vice de la dame qui s’étale sur l’écran, enfin pas vraiment son vice à elle, mais plutôt un ersatz de son vice… sous la forme très arrondie d’un magnifique cul en gros plan qui oscille d’avant en arrière… le plan suivant montre la bouche gourmande d’une jolie blonde, qu’on suppose propriétaire du cul susmentionné, envahie d’une énorme bite noire qui essaye d’y rentrer toute entière… la blonde n’est manifestement pas contre, mais une bite de cinéma, ça n’a pas l’air d’être facile à avaler… Surtout que les deux mains de la bite (oui, vous avez bien lu) att****nt la blonde par les cheveux et l’éloignent juste assez de la queue pour que celle-ci effleure à peine les lèvres pulpeuses de l’affamée qui n’a que le temps de lever un bref regard suppliant avant qu’un jet blanc et épais lui inonde le visage, elle ouvre la bouche en tirant la langue, ferme les yeux et trois nouvelles giclées l’éclaboussent… après quoi, elle sourit, s’écrase la bite sur la bouche et s’en sert pour étaler la semence épaisse sur toute la surface de son visage souriant… elle est maculée de sperme, mais elle rayonne de bonheur… je me tourne vers une Lucia livide et assez mal à l’aise :
— C’est beau, le sport…
— Heum… oui, hihi, euh…
— Ça va hein, moi aussi je suis cinéphile… Et puis je te trouve beaucoup moins antipathique tout d’un coup. Ce que je viens de voir finit de me convaincre que tu es une bonne fréquentation…
— Euh… hihi.
— Comment tu trouves le son ? Et la spatialisation ? J’ai bien travaillé ?
— Hihi, faudrait peut-être essayer un autre film… mais ils ne sont pas accessibles, ils sont quelque part dans le tas de boîtes en carton qui est là…
— Ça ne va pas être facile de faire les tests avec un film de boules, tout ce que je peux faire c’est régler ça avec le signal-test de l’appareil… Mais au moins on est sûr que tout est bien branché et que ça fonctionne, c’est déjà ça… Quand tu auras retrouvé tes films « enfants admis », tu réessayeras et s’il y a un problème tu n’auras qu’à m’appeler…
Emballée dans son peignoir en satin, elle s’essuie nerveusement les cheveux sans que je puisse voir aucune expression de son visage… c’est quand même pratique les cheveux longs…
Bon, et maintenant, qu’est-ce que je fais ? Je finis mon verre et elle me propose immédiatement de nous resservir…
— Je crois que je suis encore toute rouge, j’aurais bien besoin d’un peu de jaja…
— Euh, t’es une grande fille, mais tu m’as dit tout à l’heure que tu étais vite pompette, faudrait pas oublier que tu dois encore me ramener…
— Ne t’inquiète pas pour ça, ça ira… on n’est pas pressés, si ?
— Plus vite tu me ramènes, plus vite tu peux profiter de ton film, c’est à toi de voir…
— Hihi… d’accord, mais on va quand même manger un bout, et puis tu n’as même pas visité mon paradis… Il fait beau, il fait chaud et c’est le temps idéal pour traîner à la campagne… profite, va te baigner dans la pataugeoire, roule un joint, cueille des fleurs pour ta dulcinée… t’es pas bien ici ? De toute façon, ta femme est en famille… alors laisse-toi faire, il n’y a rien qui presse…
— Comment tu sais ça, toi ?
— C’est elle qui a appelé tout à l’heure, elle cherchait l’adresse d’une relation de mon ex-mari et elle se demandait si je ne l’avais pas…
— Et elle t’a dit qu’elle était au resto ce soir ?
— Oui, parce que je lui proposais que vous dormiez ici ce soir, mais elle préfère ne pas faire la route après le resto, elle nous rejoindra demain.
— Merci, je suis très content d’avoir pu donner mon avis…
— … et elle m’a prévenue que tu allais râler… alors je lui ai dit que j’avais plein de remèdes pour ça, à propos, je t’ai dit mon métier ?
— Ah non, tiens…
— Je suis pharmacienne, alors si tu fais trop le gamin, je mélangerai quelques « vitamines » à ton vin et tu n’en sauras jamais rien, vu ? Hihi.
— Euh… C’est déontologique ça ?
— Pas du tout… mais es-tu sûr que ça change quelque chose ? Allez, va te planter près de la piscine, je nous ramène quelques bonnes choses à grignoter et une nouvelle bouteille.
— On n’a pas encore fini celle-là…
— Elle ne durera plus très longtemps, autant prévenir… et en attendant que j’arrive, pique une tête, les jours comme aujourd’hui, elle est super bonne, profite…
— Pas de maillot…
— En caleçon, ça séchera vite…
— Pas de caleçon…
— Ah bon ? Eh bien à poil, alors.
— Tu es sûre ? Parce que pour moi c’est sans problème, on est naturistes…
— C’est super, ça… je crois qu’ici je vais le devenir aussi.
— Ça serait insulter ton petit paradis que de le priver de tes charmes, non ?
— Hihi… et du reste !
Je me balade dans la clairière, inspecte les arbres, apprécie la douceur de l’herbe et finis au bord du bassin. J’avise un parasol… ben oui, je n’aime ni me baigner ni lézarder au soleil, quand je reviens de vacances je suis évidemment un peu halé, mais je suis loin d’accumuler autant d’ultra-violets que la plupart de mes congénères… juste ce qui faut pour une bonne dose de vitamine D, plus que ça, c’est du vice… Je n’ai rien contre le vice, mais depuis quelques brûlures au deuxième degré sur une certaine plage de Grèce, j’ai compris que le soleil n’était pas vraiment un copain, quand on joue trop longtemps avec lui, il vous prend en traître… Ma réticence à bronzer arrange bien ma chérie, elle n’aime pas trop le soleil non plus, mais elle, c’est parce qu’elle a une peau de rousse, elle cuit avant de bronzer et ça n’est vraiment pas drôle… Au cap d’Agde, on doit être les seuls à bien rester juste sous le parasol… aux yeux des autres vacanciers, on a toujours l’air d’avoir débarqué la veille, même si on est là depuis deux semaines… Quant à me baigner, je n’y consens qu’en Guadeloupe. Ailleurs, l’eau est trop froide et je ne vois pas pourquoi je devrais souffrir pendant mes vacances…
Donc je suis là, au bord d’un sympathique bassin d’une eau bien propre, naturellement descendue de sa colline natale et chauffée au soleil de la journée… ce n’est pas une piscine, il n’y a ni chlore ni d’autres désinfectants, c’est juste un bassin peu profond avec quelques nénuphars et quelques insectes volants… c’est vraiment charmant… je me déshabille et je m’allonge sur une espèce de transat extra large pour siroter mon petit rosé… je n’aime pas me baigner, mais j’adore être à poil, et puisqu’on m’en prie presque, j’en profite.
Je vide mon verre au moment où Lucia arrive tout emballée dans un grand foulard et les bras chargés de bonnes choses… en moins d’une heure, on a vidé une bouteille quasi pleine et on entame la deuxième…
— Eh là, doucement sais-tu madame, je ne suis nin alcoolo mi, j’n’ai nin l’habitude… tu essayes de me *****er ou quoi… ?
— Oui… comme ça tu oublieras ce que tu as vu tout à l’heure.
— Qu’est-ce que j’ai vu tout à l’heure ?
— Rien, oublie… hihi.
— Ah oui, la blonde et la grosse bite… tu as raison, ça va me foutre des complexes.
— Bah, ça va… tu n’as pas trop à te plaindre…
— Ah pardon, mais si, j’ai à me plaindre… moi aussi j’avais de beaux cheveux blonds avant, y’a un demi-siècle, sur mon tricycle rouge, y’a même quelques photos qui en attestent… je te jure !
Elle rit… j’aime bien quand elle rit… l’alcool arrive à me faire croire que je suis drôle… saloperie d’alcool…
— Tu veux toujours faire des photos de moi ?
— Non… je préférerais faire des images avec toi, nuance… Je préférerais que tu participes activement, je compte sur tes idées, ta propre vision du nu.
— À quoi tu penses ?
— Rien de précis, mais si tu as une idée ou une envie, n’hésite pas.
— Au fond, que ce soit de moi ou avec moi, je m’en fous, mais il me faut encore quelques verres, d’accord ? Je serai plus détendue.
— OK, fais comme chez toi…
Je la laisse un instant pour aller chercher mon sac photo et quand je reviens, elle a de nouveau rempli mon verre… je ne sais plus si j’ai bien compris qui devait être « remonté »… c’est elle ou moi ? Jusque-là je pensais qu’elle devait un peu se pochetronner pour se lâcher, mais je commence à me demander si le but n’est pas plutôt de me faire oublier les photos.
— Eh bien, dites donc, madame à une belle pente !
— Merci, hihi, ça me touche…
— Après celui-là, je pause, sinon je ne serai plus bon à rien…
— Après celui-là, on s’y met, promis…
On discute d’un peu de tout, on en vient à parler de nos métiers respectifs et de la forte probabilité qu’on n’a rien inventé ou découvert en pharmacie depuis vingt ans sauf bien sûr, le viagra… et évidemment, de fil en aiguille, elle en vient à essayer de savoir si j’en ai déjà pris… (Bon, encore une petite parenthèse : si je vous dis qu’à plus de cinquante ans, dépressif, burnouté, antidépresseurisé et fumeur de longue durée, je bande encore comme au bon vieux temps, vous me croyez ? Bien sûr que non ! Je dois bien admettre que même si j’envisage les sombres desseins de l’industrie pharmaceutique avec beaucoup de circonspection, je dois reconnaître que pour l’aspirine et le viagra, on ne peut pas se plaindre…) J’ai le choix entre faire mon vantard et garder ma dignité ou avouer ma faiblesse et avoir l’air minable… (je vous ai dit que j’étais dépressif ?) Je choisis évidemment d’avoir l’air minable et j’avoue ma déchéance… de toute façon, je ne comptais pas vraiment sur son admiration.
— Ben toi au moins tu es honnête…
— Super ! Et qu’est-ce que je gagne ?
— Ne te plains pas trop, j’en connais des plus jeunes que toi qui prennent des médocs pour le cœur et là, tu oublies… c’est mort !
— La vie est une salope… après les antidépresseurs qui donnent des idées suicidaires, voici les médocs pour le cœur qui empêchent d’aimer…
— Voilà… et moi je suis grooosse… et personne ne veut de moi
— Pour toi, au moins, il y a de l’espoir… Tu es libre depuis quand ? Avant-hier ? Jolie comme tu es, je parie que si tu cherches un peu, tu baises avant la fin de la semaine…
Et nous voilà partis dans une dissertation sur la séduction, l’emprise du cul et puis les aphrodisiaques, les vrais et les faux, les coups de pouces de la nature et ceux de la science… Et puis on évoque notre essence primate et surtout les bonobos avec lesquels nous partageons la pratique du sexe « social »… on dévie sur la remise en question du modèle standard du couple… on glisse sur le libertinage, les sites de rencontres, les jeux érotiques, les décors et les ambiances « fetish » dans la photographie, et puis ce que j’aime faire comme image et puis enfin on arrive au fond des verres… elle me relance :
— Bon ! On s’y met ?
— Déjà ? Tu n’as plus besoin de remontants ? Je commençais à croire que de boire ou poser, tu avais choisi de boire…
— Non, pas du tout, maintenant je suis toute bien à l’aise et détendue…
— Parfait… Moi, par contre, je ne sais pas si je tiens encore debout…
— Ça va aller, on a tout le temps… et puisque tu aimes que tes modèles prennent des initiatives, je peux te demander quelque chose ?
— Tu peux toujours demander…
— Tu m’as dit que je baiserai dans la semaine si je cherche…
— Affirmatif !
— Je ferais bien un profil sur un site de rencontre…
— Tu veux te remarier tout de suite ou bien c’est juste pour poser habillée ?
— Pas du tout, je pensais à un site libertin…
— Excellent ! C’est une bonne source d’idée pour les photos, mais si tu te fais un profil de femme seule, tu n’auras pas encore fini de remplir le formulaire que tu seras noyée sous les propositions.
— Pas grave, c’est par curiosité… j’ai envie de savoir si je plais encore… qu’est-ce que je mets comme costume ? Comment s’habille une libertine ?
— Facile ! Une libertine à la mode ne s’habille pas beaucoup… qu’est-ce que tu proposes ?
— Ouuuu… j’ai plein de petites choses très aguichantes… Pendant mon divorce j’ai compensé à mort en m’offrant plein de bêtises affriolantes, des déshabillés qui ne cachent rien et toute cette sorte de choses…
— Est-ce que tu as des chaussures de Madame ?
— Tu veux dire des chaussures de dames ?
— Non, des hauts-talons, des présentoirs, un piédestal…
— Oui… mais ça me donne un air un peu trop vulgaire, je n’ai jamais osé les mettre…
— Parfait ! amène-les, tout le reste est facultatif…
Elle court dans la maison et revient avec un petit baluchon et des escarpins noirs cabrés sur des talons d’au moins dix centimètres. Elle monte dans ses chaussures et essaye un moment de ne pas perdre l’équilibre et puis voyant mon air admiratif, elle m’adresse son plus grand sourire.
— Comment tu trouves ? Attends, ne réponds pas encore, tourne-toi, je passe un truc que j’aime bien… un peu de patience… voilà… tu peux te retourner… Qu’est-ce que tu en penses ?
Mon menton tombe, elle est bonne-à-mort, à damner un messie, une déesse antique sur une paire de talons… Bonheur suprême, je suis instamment invité à la contempler tout mon *****, à y promener mon regard sans vergogne, à suivre n’importe quelle courbe ou embranchement de ses douces rondeurs… elle n’est vêtue que d’une très fine nuisette qui lui encadre les seins dans un décolleté très ouvert, un lacet un peu élastique resserre le tombant de la jupe juste sous sa poitrine et plus bas, le reste de la minuscule robe effleure son petit ventre avant de s’arrêter juste sous son pubis… elle est presque entièrement découverte, mais en plus, en pivotant avec grâce elle laisse voir par les indiscrétions de sa nuisette qu’elle ne porte rien d’autre… je reste interdit pendant de longues secondes…
— Alors ? Ça va ? T’as toujours envie ?
Je suis là comme un con, tout nu devant un ange de volupté et je ne sais pas quoi dire… et puis, vous n’allez pas me croire, c’est mon corps qui répond… En quelques secondes, je bande comme un âne… Mais je ne m’en rends pas compte tout de suite, mon esprit cherche toujours les mots pour traduire mon impression quand je capte son sourire et son regard fixé vers le bas de mon ventre… je comprends le grotesque de la situation… ça ne s’était plus présenté depuis longtemps, mais là, pour une fois que ça arrive, ça met les pieds dans le plat… je suis ridicule, je ne sais pas quoi dire…
— En effet, on dirait bien que tu as toujours envie… hihi.
— Désolé hein, c’est un miracle… je ne pouvais pas prévoir… mais ne te tracasse pas hein ! Je ne vais pas te sauter dessus, ça va passer… hum.
— Je ne vois pas ce qu’il y a de gênant… C’est même plutôt flatteur… Et puis quoi ? Tu n’es pas d’accord avec ta bite ?
— Ben, c’est vrai qu’on était fâchés depuis un bon moment, mais là, même si on est d’accord, ce n’est pas une manière de s’adresser à une demoiselle qu’on connaît à peine…
— Bah, je ne suis plus une demoiselle depuis longtemps et on se connaît depuis au moins trois heures… ça va, non ? Et puis ce n’est pas parce que ça ne se voit pas que mon petit corps n’en pense pas moins… regarde, j’ai les tétines toutes dures, ça doit sûrement être le vin… hihi.
J’essaye de me concentrer sur autre chose, je me décide à sortir mon appareil photo. Mais quand j’ouvre le sac, une enfilade d’emballages carrés en tombe… Une fois au sol, on peut lire tout au long de la bandelette :
— -condom--condom--condom--
Lucia se fend la poire et moi, je ne sais plus où me mettre… C’est fou ça ! Autant je me sens à l’aise à poil sur une plage naturiste ou dans un club libertin, autant je ressens un malaise presque standard dans la même situation avec des moldus… (euh… à la réflexion, on se trouve rarement dans un club libertin avec des moldus…) Je suis sûr de ne jamais avoir caché des préservatifs dans cet étui… le temps que je comprenne le pourquoi du comment, elle s’esclaffe :
— Eh bien… de mieux en mieux… tu avais préparé ton coup ou quoi ? Hihi, tu caches bien ton jeu…
— Pas du tout… Ce que tu vois là, c’est une des raisons pour lesquelles j’aime mon amour de chérie à moi, elle a les yeux en face des trous et elle envisage toujours les meilleures éventualités… d’habitude ça me ravit, mais là ça me fait passer pour un con.
— Mais non… mais avoue que l’enchaînement est rigolo… bon, on fait des photos, oui ou non ?
— OK, OK. Va là-bas, au bord du bassin et détends-toi le temps que je retouche la lumière…
Je sors un réflecteur pliable et le positionne au mieux, mais il est tard et le soleil fatigue déjà, elle me regarde faire en souriant de toutes ses dents… je bande encore… Quand la lumière me semble potable, je lui demande de se lever, de bouger un peu pour que je trouve de bons points de vue… Je tourne un peu autour d’elle, je rampe à ses pieds pour une belle contre-plongée, je monte sur une chaise mieux sombrer dans son décolleté et je suis tellement captivé que je manque quelques fois de tomber dans l’eau… elle se tord, elle se cabre, se déhanche, pivote et se plie en tous sens… Je bande toujours… Elle redescend au sol, joue de la gravité sur ses volumes, tend la poitrine à l’appareil, ouvre les cuisses ou pousse ses fesses toutes rondes dans mon petit objectif…
Je suis aux anges, on ne parle pas et pourtant c’est comme si elle devinait ce que je veux capter, elle anticipe le cadre, se donne sans réserve et pense même à tourner la tête ou laisser ses cheveux masquer ses traits quand la posture est trop indécente et difficile à assumer. Dans ces poses-là, elle montre juste un regard aguicheur, une moue sensuelle ou un sourire éclatant… je bande encore et toujours et je commence à trouver ça bizarre, c’est limite gênant dans certaines positions et je n’ose pas m’approcher d’elle…
Je propose une pause et elle propose un autre style… je m’assois au bord de la piscine, la queue toujours en obélisque, j’allume un boulon et elle file se changer… quand elle revient je bande toujours intensément… j’en suis sûr maintenant que ça n’est pas du tout normal…
Elle revient dans un ensemble encore plus sexy… En redresse-seins, serre-taille et bas résille dans un peignoir tout à fait transparent… Elle ressemble à une « Milf » de film porno qui motive un jeunot très bien monté en vue d’un ramonage dans les règles… encore mieux même, puisque chez Lucia tout est naturel… j’ai une veine de pendu d’avoir un tel modèle… tiens, il paraît que les pendus bandent aussi… décidément ce n’est pas normal… ça fait même un peu mal, il faudrait que je me soulage…
Elle est sublime, mais il est tard et la lumière du jour faiblit, je peux compléter avec un flash déporté, mais le temps entre les prises enfle en fonction du cube du nombre d’accessoires (Règle empirique ! Aucune valeur scientifique !) et on ne peut faire que quelques clichés… quand on décide de rentrer, je bande toujours aussi fort…
Elle propose qu’on continue dans son salon, mais je suis gêné par l’écran au mur et le reste de la décoration, ça ne fait pas très joli… alors elle me propose sa chambre et on monte à l’étage… il y a du bordel, mais c’est un bordel de fille, personne ne se plaindra jamais de voir de la lingerie qui traîne… elle reprend la pose, monte sur le lit, tombe le peignoir et se roule langoureusement… ma bite est si tendue que j’accroche des fringues au passage, ça la fait rire… on fait une petite pose et je m’affale dans un petit divan d’un coin de la chambrée… Je suis encore un peu **** et ma queue tire toujours la langue… ça n’est même plus drôle…
Lucia descend du lit, façon chatte en chaleur et me rejoint dans le divan…
— J’ai quelque chose à t’avouer et ça va sans doute te foutre les boules…
— Aïe ! Qu’est-ce que tu vas me sortir ? De toute façon, je ne vois pas comment je pourrais avoir plus les boules que là maintenant tout de suite.
De fait, je n’ai jamais eu les couilles si remontées qu’à l’instant, si c’est de là que vient l’expression, c’est très parlant et j’en mesure précisément la signification.
— Je t’ai joué un tour, mais je n’étais pas toute seule…
… je lève les sourcils…
— J’ai un peu joué à l’apprentie-sorcière…
… j’ai toujours la même expression débile…
— Mon arrière-grand-mère avait un carnet de recettes à concocter avec des plantes du coin…
Je ne vois pas où elle veut en venir, je ne sais pas à quoi elle joue, est-elle sérieuse ou non ?
Elle se rapproche encore, colle sa cuisse contre la mienne en tournant sa poitrine vers moi… et prend doucement dans ses mains mon mandrin endolori, il est tellement gonflé que j’ai l’impression qu’il a grossi… elle me regarde par en dessous et continue son histoire
— C’est de ma faute si tu es tout congestionné, j’espère que ça ne te fait pas trop mal…
Elle me masse tout l’organe et ça me fait un bien fou… Popol bondit entre ses doigts comme un diable à ressort, il est manifestement très content…
— Ça faisait mal jusqu’à ce que tu y mettes les mains… ça me fait un bien fou…
— Mon arrière-grand-mère était une petite cochonne… elle collectionnait les soi-disant « philtres d’amour »… Elle les testait sur les villageois mâles et femelles, observait les réactions et les notait soigneusement dans son petit cahier de recettes… une vraie petite scientifique… elle a pu faire ça longtemps puisque tout le monde était heureux et que ça niquait à tout va… personne ne lui a jamais cherché des poux.
— Tu m’as fait boire un philtre d’amour ?
Je la regarde d’un air mi-moqueur, mi-dubitatif.
— J’ai mis dans le rosé quelques gouttes de ce que ma sorcière de grand-mère appelait « eau de ribaude », mais tu m’as un peu servi de cobaye masculin.
— Si je ne meurs pas, j’espère que c’est bien payé…
— Qu’est-ce que tu crois ? Je l’ai d’abord essayé moi-même. Je n’aurais jamais pris ce risque si je n’étais pas sûre que ce soit sans danger.
— Ouf, merci… en tout cas si c’est censé faire bander, ça marche, ça marche même très bien, trop peut-être… ça va encore durer longtemps ?
— Je ne sais pas bien, j’ai peut-être un peu forcé la dose… j’en ai pris autant que toi et j’ai les tétons et qui tirent très fort, j’espère que ça ne te fait pas trop mal…
— Oh putain… faut déposer un brevet, tu vas faire fortune…
— Hihi… impossible, c’est un secret de sorcière et ça ne se prépare qu’avec une plante locale assez rare et incultivable…
— C’est pour ça que tu disais que vous étiez plusieurs sur le coup ? Ton arrière-grand-mère et toi ?
— Non, c’est parce qu’on s’est arrangées avec ta chérie…
— Hein ? Quoi ? Quand ça ?
— Avant tout ça… on avait discuté de nos situations sentimentales, elle m’avait parlé de ton état mental en me demandant si, en tant que pharmacienne, je ne connaissais pas un petit remontant. J’ai fait ce que j’ai pu…
Elle finit sa phrase en chuchotant presque et en abaissant la tête pour me glisser entre ses lèvres et m’envoyer dans les étoiles… elle joue quelques minutes avec mon bois, l’embrasse, le lèche et l’embouche encore… et puis elle me vise de nouveau avec son regard par en bas en murmurant :
— Je vais essayer de me faire pardonner…
S’en suit un des meilleurs « massages » de ma vie, de ceux qui vous laissent raplapla pendant des heures… C’est qu’elle aime ça, la bougresse ! Elle y met tellement d’enthousiasme qu’on croirait qu’elle n’a « fauté » que pour le plaisir du pardon… je n’ai jamais connu de filles qui salivent autant en suçant, je suis luisant et glissant du gland à l’anus !
Entre deux embouchades, elle me dit que ça booste les filles aussi et c’est pour ça que je ne peux pas toucher longtemps ses mamelons ou son clito, la sensation devient assez vite désagréable… elle dit que c’est sa punition… mais elle me pousse quand même les doigts au fonds de ses orifices où je sens des contractions d’une fabuleuse force…
Manifestement, le sirop de l’aïeule a un deuxième effet notable, il remonte le point de non-retour… En d’autres termes, je n’ai même pas besoin de me retenir… Sans vouloir me qualifier d’éjaculateur précoce, en temps normal, je ne suis pas très « endurant », je fais ce que je peux, mais je ne peux pas pistonner comme un marteau piqueur pendant des heures (ça va hein ! vous non plus !) c’est plutôt de l’ordre de la dizaine de minutes, et encore, avec des pauses pour calmer le jeu… Mais là, j’ai l’impression d’avoir une bite de concours, la puissance et l’endurance faites queue…
Cela dit, je suis quand même aux prises avec une maîtresse bouche, une virtuose labiale, une langue ballerine… et comme je ne suis pas de taille, quelques longues minutes de merveilleuses sollicitations suffisent pour que je sente poindre les prémices de la délicieuse décharge… j’enfonce mon pouce encore plus loin dans son cul et mes quatre autres doigts dans sa grotte inondée, je tire sur ses cheveux pour lui éviter une mauvaise surprise, mais elle m’envoie un regard hargneux et recommence à m’engloutir aussi sec…
Le décompte est parti, je ne peux plus rien y faire et très vite je déverse dans sa bouche une bonne année de foutre d’un coup… j’ai des contractions dans l’abdomen et les cuisses qui sautent… j’enfonce ma queue tout au fond de sa bouche… elle crie, mais la bouche pleine… Je n’entends qu’une longue plainte aussi langoureuse qu’étouffée, son cul part dans tous les sens et elle éjacule à grands jets… je me sens repu, vidé, comblé, j’ai le gland encore sensible, mais je suis détendu… Elle respire très fort par le nez, sa bouche est toujours encombrée de ma chair et de ma semence qui, vérification faite, est effectivement plus abondante que d’habitude… troisième effet du sirop d’aïeule sans doute…
Je suis un peu pensif, vaguement coupable, mais je souris à l’idée que « sucer n’est pas tromper » et puisque c’est un coup monté, tout va bien… j’espère qu’elle voudra bien me laisser un échantillon de sa potion magique, histoire que ma cochonne d’amour en profite aussi…
La pause n’est pas très longue, sans même être retournée tout à fait à l’état de repos, ma queue raidit de nouveau, mais ça fait nettement moins mal… Lucia se rallume aussi, me demande de la prendre en photo dans ses pauses les plus chiennes, elle se roule sur le lit, ouvre grand les cuisses et se masturbe sans gêne en regardant droit dans l’objectif. Elle sort de sa table de chevet un godemiché d’une belle taille et un vibromasseur monstrueux avec lesquels elle se fait jouir un nombre incalculable de fois…
Je cadre sa passion au plus serré, ses mimiques, ses spasmes, sa tête qui roule et ses giclées de plaisir, je suis devant, derrière, sur ses flancs, je n’ai plus peur de la toucher et ma queue frôle assez souvent sa peau sensible… Soudain, elle me saisit par le membre et se l’enfonce au fond du gosier… elle en a assez de poser, maintenant elle veut sucer… mais moi je cadre encore… ma bite luisante entre ses lèvres ? Clic ! un filet de bave qui luit entre sa langue et mon gland ? Clic ! Je n’ai même pas assez de lumière et la plupart des images seront inutilisables, mais j’essaye quand même… à un moment je n’en peux plus, je n’arrive plus à cadrer ou j’oublie de déclencher… mon âme se déconnecte et je flotte dans les limbes…
Je dépose mon appareil et ses lèvres quittent ma queue pour m’embrasser à pleine bouche, mais sans interrompre son tendre branle… mes doigts curieux courent sa vulve toute luisante et se laissent avaler sans vergogne… elle me lance un regard de folle, s’agenouille, lève le cul, enfonce sa tête dans un coussin, et guide fermement mon membre vers ses fesses tendues… il y a des capotes sur le lit, j’en enfile une et je plonge dans son ventre, elle hurle dans son coussin et je la pistonne comme dans un rêve… ça gueule pendant des heures, je retapisse l’intérieur de je ne sais combien de capotes, j’explore tous ses trous et parfois avec le soutien du sympathique gode-scout toujours prêt à rendre service…
De nombreux soupirs plus tard, sa pauvre dentelle est maculée de sperme, de bave et de sueur, ses bas ont lâché les jarretelles et pendouillent tristement sur ses cuisses, elle est débraillée, ses cheveux sont bataille et son maquillage traverse en dehors des clous… elle a l’air de la dernière des putes et j’en fais certains de mes plus beaux portraits…
C’est grand matin, le soleil perce par deux fenêtres de toit et inonde la chambre… les yeux encore clos, je sens ma bite glisser entre des lèvres amoureuses, je bascule sur le dos et aperçois dans le divan du coin de la pièce, Lucia qui se touche et me regarde en souriant… Elle ne peut pas me sucer de là-bas… mais alors qui ? Entre mes doigts je reconnais ses cheveux… et puis sa façon de faire… J’amène ses lèvres aux miennes et j’embrasse à pleine bouche la femme de ma vie qui vient de nous rejoindre… j’ai de nouveau le bois… ça va être une belle journée… mais aussi une autre histoire.
Merci à Patricia, ma chérie dans la vraie vie, pour l’aide au peaufinage du texte, Merci à Sandra pour m’avoir encouragé à écrire et inspiré la plastique de Lucia (smiley clin-d’œil) et merci à l'équipe de RVBB pour la mise en forme du texte -Gus Solo-
5年前